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Gestionnaires en action Podcast

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Le balado Gestionnaires en action traite de l'actualité boursière avec différents gestionnaires de portefeuille.

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  • S1 · E310
    Yesterday · 8 min

    S1E310: Bourse : ce qu’il faudra surveiller cet automne

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Après les vacances estivales, le temps est venu de se replonger dans ses investissements en vue d’un automne qui s’annonce chaud, estime Luc Girard, gestionnaire de portefeuille chez Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins. Ce dernier soutient que si les investisseurs ont un portefeuille qui a bien fait depuis le début de l’année, c'est justement ce pour quoi il faudrait y toucher. Il donne l’exemple d’un portefeuille qui était pondéré à 60 % en actions et à 40 % en obligations au début de l’année. « Les actions ont connu une très belle performance depuis le début de l'année et aujourd'hui, vous pouvez vous retrouver avec un portefeuille qui contient 67 % d’actions. La bonne nouvelle, oui, vous avez fait de l'argent, mais votre portefeuille est devenu plus risqué», explique-t-il. Il soutient donc qu’il est important de procéder à des rééquilibrages, même si ce n’est pas agréable au premier coup d’œil, car ça peut signifier de vendre un peu de ce qui a très bien fait pour le réinvestir dans ce qui a moins bien fait. «Notre cerveau, lui, il nous dit exactement le contraire, mais c'est justement ça, la discipline en placement», insiste-t-il. Surveiller les obligations Il ajoute que les chiffres importants à surveiller cet automne sont ceux des taux obligataires pour les bons du Trésor américains. «Le taux des obligations américaines à échéance de 10 ans est à 4,80%. En 2021, il était à 1%. Pourquoi je regarde ça? Parce que les actions ont de nouveau de la concurrence. Pendant des années, avec des taux extrêmement bas, un investisseur qui voulait faire du rendement, c'était facile. Il allait le chercher dans les marchés boursiers. Aujourd'hui, ce n'est plus vrai», dit-il. Il explique que les investisseurs ne réalisent pas encore complètement à quel point la situation a changé, à condition de bien gérer le risque de durée. «Il ne faut pas oublier que les obligations ont un prix. Plus l'échéance est loin, plus le prix peut varier. Je prends souvent l'analogie de la queue d'un chien avec mes clients. Plus on est près du corps, moins il y a de la volatilité. Plus on s’en éloigne, plus ça va bouger. C'est la même chose avec les taux d'intérêt», explique-t-il. Les marchés américains sont-ils surévalués? Et en ce moment, on peut aussi avoir l'impression que les marchés boursiers américains se négocient à des ratios élevés, ce qui ne signifie pas, d’après Luc Girard, qu’ils sont surévalués. «Ce qui m'intéresse, c'est de savoir ce qui va arriver aux bénéfices des sociétés. Jusqu'à présent, la croissance des bénéfices est au rendez-vous. Il ne faut pas oublier qu'en achetant une action aujourd'hui, on n'achète pas juste les bénéfices passés et ceux des 12 prochains mois. On achète aussi une partie des bénéfices que l'entreprise va générer dans 5 ans, dans 10 ans et même plus. C'est là que je fais une distinction très importante. Le marché dispendieux n'est pas nécessairement un marché surévalué», dit-il. Selon lui, les investisseurs doivent amorcer la dernière ligne droite de l’année en se posant trois questions : «Premièrement, est-ce que j'ai le bon niveau de risque ? Deuxièmement, est-ce que je suis suffisamment diversifié ? Et la dernière, qui est probablement ma préférée, c'est est-ce que mon portefeuille est encore bien positionné pour atteindre mes objectifs à long terme». Si la réponse est oui aux trois, le gestionnaire estime que l’investisseur sera très bien préparé pour l'automne. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E309
    August 28 · 5 min

    S1E309: Obligations : Washington stimule les cryptomonnaies et l’or

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Les obligations gouvernementales américaines à échéance de 30 ans ont vu leur taux d’intérêt dépasser 5,3% ces derniers jours, du jamais vu depuis 2007. Le gouvernement Trump a décidé d’intervenir pour faire reculer les taux, ce qui a notamment stimulé une remontée des prix des cryptomonnaies et de l’or, raconte Nicolas Vaugeois, vice-président et gestionnaire de portefeuille, revenu fixe mondial, à Fiera Capital. «Plusieurs facteurs expliquent la hausse des taux aux États-Unis dans la partie longue de la courbe. Le déficit américain est toujours entre 6% et 6,5% du PIB et la dette a récemment dépassé 40 000 milliards de dollars. Tout ça a quand même un effet sur la demande pour les obligations du trésor américain», explique-t-il. Sans oublier que la guerre en Iran continue, tout comme la guerre commerciale, ce qui peut causer des pressions inflationnistes aux États-Unis. «Les investisseurs demandent davantage de prime pour le risque de durée», résume-t-il. Des rachats plus importants du Trésor américain Le gouvernement Trump va commencer à racheter plus agressivement ses titres de dette à long terme pour les remplacer par des titres à plus courte échéance. Selon Nicolas Vaugeois, l'objectif du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, est d’envoyer un signal que les taux sont trop hauts selon le gouvernement et de tempérer les taux dans la partie longue de la courbe des échéances. Effet immédiat sur les cryptomonnaies et l’or L’annonce a fait reculer le dollar américain, ce qui a permis un rebond des prix des cryptomonnaies et de l’or. «Souvent, les marchés financiers n'aiment pas quand le gouvernement est obligé d'intervenir. On préfère un libre marché», dit-il. Nicolas Vaugeois estime que la situation aux États-Unis pourrait avoir des effets au Canada, bien que le déficit soit d’environ 2% du PIB et que l’inflation est davantage l’inflation est davantage maîtrisée. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E308
    August 21 · 7 min

    S1E308: Bourse : attention à la surconcentration des semi-conducteurs dans le S&P 500

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Le secteur des semi-conducteurs a connu une performance phénoménale depuis deux ans et a un poids de près de 20% dans l’indice boursier phare de la Bourse de New York, le S&P 500. François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille de Giverny Capital, souligne qu’il s’agit d’un sommet dans l’histoire de la Bourse américaine qui n’a même pas été atteint au sommet de la bulle des titres technologiques de 1999-2000. «C'est rendu un très gros poids dans l'indice. Ça ne veut pas dire que ce sont de mauvaises entreprises. Toutefois, il ne faut jamais oublier une chose, c'est que l'industrie du semi-conducteur est hautement cyclique. Il y a des périodes de grande demande, mais il y a aussi des périodes qui sont beaucoup plus difficiles», affirme-t-il. Il concède que le scénario qui explique la popularité des fabricants de semi-conducteurs repose sur la forte demande en infrastructures pour soutenir le développement de l’intelligence artificielle. «Tout ce que je dis, c’est qu’il faut être prudent, car la rentabilité d’entreprises très populaires en ce moment pourrait être difficile à soutenir à long terme», explique-t-il. Giverny possède d’ailleurs trois titres dans l’industrie des semi-conducteurs, dont Analog Devices (ADI, 370,24$US), mais l’exposition du portefeuille de l’entreprise au secteur est loin de celle du S&P 500. Trop d’optimisme envers les banques canadiennes? Dans sa plus récente lettre trimestrielle envoyée à ses partenaires, François Rochon estime également que le secteur bancaire canadien est surévalué en ce moment, alors que les titres se négocient à des ratios moyens de 17 fois le bénéfice par action prévu des 12 prochains mois. «Le meilleur moment pour acheter des titres bancaires, c'était avant l'éclatement de la bulle techno, alors que plus personne ne voulait investir dans les banques et on pouvait les acheter à huit fois les profits», se rappelle-t-il. Il précise que les titres bancaires se négocient habituellement à un ratio de neuf à quatorze fois les bénéfices prévus. «Si on regarde aux États-Unis, les JP Morgan (JPM, 351,55$US), les Bank of America (BAC, 61,86$US), on est à 13 fois les profits. Donc, il y a vraiment une anomalie de marché en ce moment pour les banques canadiennes, puis je pense que ça appelle à la prudence», dit-il. Le gestionnaire de portefeuille explique que la demande pour les titres bancaires canadiens vient en partie de la popularité des fonds indiciels, puisque le secteur constitue environ le tiers de l’indice S&P/TSX. Sans oublier les FNB sectoriels qui permettent d’investir uniquement dans les titres financiers canadiens. «On est à une époque où il y a des FNB pour à peu près n'importe quoi. C'est sûr que les secteurs qui ont mieux fait vont attirer encore plus d'argent. Les investisseurs ne devraient jamais oublier que la Bourse à long terme finit toujours par refléter la juste valeur intrinsèque des entreprises», dit-il. Même si les banques canadiennes sont des entreprises très solides, les périodes qui suivent les bons rendements peuvent à son avis être suivies de périodes creuses le temps que les valorisations reviennent à la normale. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E307
    August 7 · 5 min

    S1E307: Pourquoi Claret n'a pas investi dans SpaceX

    GESTIONNAIRES EN ACTION. SpaceX (SPCX, 114,92$US) a dévoilé le 4 août ses premiers résultats trimestriels depuis son entrée en Bourse survenue au mois de juin. Dans l'ensemble, ils ont été supérieurs aux prévisions des analystes. Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, explique toutefois pourquoi la société a préféré ne pas investir dans SpaceX depuis son entrée en Bourse. Il explique que Claret se concentre d’abord sur des entreprises rentables et qui génèrent des flux de trésorerie libres (free cash flow). «SpaceX est une entreprise qui perd énormément d'argent, qui n'a jamais généré de profits. Pour cette raison, on n'a pas nécessairement d'intérêt», explique-t-il. Selon lui les premiers appels publics à l’épargne peuvent être payants durant la première journée de négociation sur un titre, mais il s’agit souvent de mauvais investissements à long terme. «Quand les banques d'investissement présentent les entreprises qui sont sur le point d’entrer en Bourse, elles en font la promotion. Il s’agit donc d’un exercice de mise en marché et de marketing», estime-t-il. Selon lui, les promoteurs vont ainsi mettre l’accent sur les bons côtés des entreprises, en parlant peu des risques qui viennent avec l’achat de tels titres. «Alors, malheureusement, les investisseurs se retrouvent souvent à acheter des produits qui sont un peu trop cher», dit-il, ajoutant qu’une entreprise qui entre en Bourse le fait souvent pour aller chercher de l’argent frais pour développer ses produits ou ses services. Il cite les travaux du professeur Jay R. Ritter, de l'Université de la Floride, qui a analysé tous les p.a.p.e. américains depuis 1980. Si les premiers jours peuvent être payants, les travaux montrent que les titres vont souvent sous-performer l’indice S&P 500 dans les trois années suivant leur entrée en Bourse. Vincent Fournier soutient que la réalité, c'est que les entreprises qui décident d’ouvrir leur capital sont passées à travers plusieurs cycles de financement. Des fonds privés qui ont pu investir tôt dans ces entreprises se servent ensuite des entrées en Bourse pour liquider leurs participations en tout ou en partie. «Les actionnaires initiaux, habituellement, ont une très bonne compréhension du titre. Alors, s'ils liquident une portion importante de leur portefeuille, c’est probablement qu'ils perçoivent des risques que les petits investisseurs ne connaissent pas nécessairement», dit-il. Cela pourrait aussi valoir pour OpenAI et Anthropic, qui doivent faire leur entrée en Bourse au cours des prochains mois. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E306
    July 31 · 6 min

    S1E306: Bourse : l'implosion du fonds spéculatif Situational Awareness retient l'attention

    GESTIONNAIRES EN ACTION. L'industrie des semi-conducteurs dédiée à l'intelligence artificielle fait vivre des émotions en montagnes russes aux investisseurs depuis le début de l'année. Après une progression ininterrompue entre janvier et juin, le titre de Sandisk (SNDK, 1279,96$US) a, par exemple, chuté de 60% entre son sommet historique de juin et son creux du 29 juillet, avant de rebondir de près de 26% le lendemain. Micron Technology (MU, 874,66$US) et CoreWeave (CRWV, 73,90$US) sont d'autres titres qui ont effectué des mouvements similaires. Qu’est-ce qui a bien pu se produire pour provoquer des mouvements aussi marqués ces derniers jours? Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100, pointe du doigt l’implosion du fonds spéculatif Situational Awareness, dirigé par l’ancien employé d’OpenAI Leopold Aschenbrenner, qui a été forcé de liquider tous ses titres boursiers. «Dans les deux dernières années, Situational Awareness, qui investissait surtout dans les titres liés à l'intelligence artificielle, avait réalisé des rendements extraordinaires», explique-t-il. «Puis là, on vient d'apprendre que la société a été obligée de liquider toutes ses actions. Pourquoi? Parce que les rendements avaient été réalisés, disons, en utilisant l'effet de levier», précise-t-il. Marc L’Écuyer explique que le fonds avait donc utilisé de l’endettement pour amplifier ses rendements. Le risque d’utiliser de telles pratiques est que les prêteurs peuvent procéder à des rappels de marges lorsque d’importantes baisses boursières surviennent, comme ce fut le cas depuis le début du mois de juillet, forçant les investisseurs à vendre au pire moment. Trop de complaisance? Marc L’Écuyer estime que l’industrie de l’intelligence artificielle continuera de générer des investissements massifs au cours des prochaines années. «En ce moment, les investisseurs peuvent effectivement se laisser emporter par des prévisions un petit peu trop positives ou même euphoriques. Qu'est-ce que ça veut dire? C'est que le risque à la baisse est excessivement élevé», dit-il. Le gestionnaire de portefeuille ajoute que les FNB à effet de levier peuvent être tout aussi risqués en multipliant le rendement de titres ou de secteurs comme les semi-conducteurs à la hausse en utilisant des produits dérivés. Lorsque des reculs surviennent, ces rendements sont toutefois multipliés... à la baisse. Microsoft et Meta Platforms dans des directions opposées Aux États-Unis, Meta Platforms (META, 539,03$US) et de Microsoft (MSFT, 451,10$US) ont toutes deux dévoilé leurs résultats trimestriels après la fermeture des marchés le 29 juillet et les titres ont pris des directions opposées le lendemain! Le titre de Microsoft a progressé de 15,5%, alors que celui de Meta a plutôt reculé de 8%. Marc L’Écuyer soutient que les investisseurs commencent à être en mesure de faire la différence entre les entreprises qui ont une stratégie claire en intelligence artificielle et en infonuagique et celles dont les objectifs sont plus flous. «Si on prend l'exemple de Microsoft, on regarde la croissance des revenus dans l’infonuagique est à un sommet depuis 2022. On voit une demande et comment la stratégie de la société va s'implanter, entre autres en connectant ses solutions avec tous ses clients d’affaires», explique-t-il. Il précise qu’à l'inverse, la stratégie pour monétiser l'intelligence artificielle de Meta Platforms est plus nébuleuse, ce qui a provoqué la chute du titre le 30 juillet. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E305
    June 26 · 7 min

    S1E305: Bourse : bilan mi-année avec Julie Hurtubise

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Les marchés boursiers nord-américains ont fait preuve de résilience durant les six premiers mois de 2026. Le S&P/TSX porté par les financières BALADO. Les marchés boursiers nord-américains ont fait preuve de résilience durant les six premiers mois de 2026. Au Canada, l'indice S&P/TSX a enregistré un gain de 10% depuis le début de l’année. «Même si les négociations commerciales avec les États-Unis continueront d'être un élément à surveiller, les perspectives pour la deuxième moitié de l'année sont plus encourageantes», estime Julie Hurtubise, conseillère en placements à Gestion de patrimoine TD. Elle souligne que le secteur des financières est demeuré le principal moteur du marché, soutenu par des résultats solides des banques canadiennes. «Ce secteur représente à peu près le tiers du marché canadien et est en hausse de 20% depuis le début de l'année», dit-elle, ajoutant que les secteurs des ressources naturelles et des services à la collectivité ont aussi tiré leur épingle du jeu, tout comme certains titres individuels, comme le Canadien National et le Canadien Pacifique. Les indices américains soulevés par l’intelligence artificielle Julie Hurtubise souligne que les grands indices boursiers américains ont fait preuve de résilience dans un climat géopolitique sous tension. «Le S&P 500 est en hausse de 7,5%, le Nasdaq de 9,6% et le Dow Jones de 7,9% depuis le début de l’année au 24 juin», souligne-t-elle. Elle attribue cette progression aux résultats financiers supérieurs aux attentes, à la poursuite des investissements en intelligence artificielle, à la vigueur de la consommation, à un marché de l'emploi solide et à la confiance accrue des investisseurs. «Un point encourageant qui se dessine, c'est que le leadership du marché s'élargit. Alors qu'en 2025, la progression reposait principalement sur quelques géants technologiques, la hausse repose à présent sur un plus grand nombre d'entreprises qui profitent des investissements en intelligence artificielle», raconte-t-elle, citant les titres de Micron Technology (MU, 1213,56$US) et de Dell Technologies (DELL, 409,45$US). Elle précise que cette participation plus large se reflète aussi dans les titres de petite capitalisation avec l’indice Russell 2000 qui est en progression de 20% depuis le début de l’année. Encore le temps de miser sur l’or et le pétrole? Pour les matières premières, Julie Hurtubise estime que les perspectives diffèrent selon les secteurs. «Du côté des métaux précieux, l'or a connu une progression exceptionnelle au cours des dernières années, mais depuis quelques mois, on a perdu un peu de son élan», dit-elle. Elle soutient que l’évolution du précieux métal dépendra des décisions des banques centrales, des taux d'intérêt et de la force du dollar américain, ainsi que des tensions géopolitiques, ajoutant que les économistes de la TD prévoient un prix de l’once d’or à 4800$US d’ici la fin de l’année. L’argent est un autre métal qui retiendra l’attention, puisqu’en plus de son statut de métal précieux, il bénéficie aussi d’une forte demande industrielle, notamment dans l'électrification, les technologies et les centres de données. Du côté de l'énergie, on continue de voir un contexte favorable pour le Canada. «Aujourd'hui, il ne s'agit pas seulement d'acheter de l'énergie au meilleur prix, mais de s'assurer qu'elle provienne de partenaires fiables et diversifiés. Plusieurs pays cherchent maintenant à sécuriser leurs sources d'apprivoisement en pétrole et en gaz naturel avec deux ou trois sources fiables. Dans ce contexte, le Canada est bien positionné», dit-elle. Vers un rebond du dollar canadien? Du côté des devises, le dollar américain est à un sommet des 12 derniers mois. Le dollar canadien se situe actuellement autour de 0,70$US. Plusieurs grandes institutions financières s'attendent à un raffermissement graduel du dollar canadien d'ici la fin 2026. «À la TD, nous pensons que le dollar canadien terminera l’année autour de 0,74$US. L'endettement croissant du gouvernement américain, les déficits budgétaires et certaines politiques économiques américaines pourraient exercer une pression à la baisse sur le dollar américain au cours des prochains mois», estime-t-elle. Un dollar américain plus faible aurait aussi un effet positif sur la compétitivité des exportations des États-Unis, ce qui est souhaité par le gouvernement central. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E304
    June 19 · 6 min

    S1E304: L’envolée du titre de SpaceX sera difficilement soutenable

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Après l’entrée en Bourse de SpaceX (SPCX, 185,00$US) le 12 juin à un prix de 135$US, le titre s’est envolé jusqu’à 225$US avant de se replier. Sébastien Mc Mahon, économiste en chef à iA Groupe financier, soutient que la hausse du titre depuis son entrée en Bourse n’est pas un hasard. «Historiquement, il faut se rappeler que lorsqu’une société entre en Bourse, les conditions font en sorte que, généralement, ça se passe bien. Les gens peuvent acheter, mais ceux qui détiennent déjà des actions ont de la difficulté à sortir ou il y a des règles qui les empêchent de vendre», raconte-t-il. Il précise toutefois qu’à plus long terme, les sociétés qui entrent en Bourse ont tendance à sous-performer les indices. «SpaceX, c'est une grande entreprise, donc on verra si c'est différent pour elle, mais les plus grandes sociétés qui sont entrées en Bourse au cours des 40 dernières années ont sous-performé leur indice de 4% en moyenne après trois ans», affirme-t-il. En incluant les entreprises de toutes tailles, il précise que la sous-performance atteint 21% après trois ans. «La loi des grands nombres dit que probablement, à partir d'ici, peut-être bien que le mieux, ce serait d'attendre quelques mois pour voir ce que le marché pense de tout ça si vous ne détenez pas encore d’actions», explique-t-il. Sébastien Mc Mahon ajoute que beaucoup de spéculation a entouré l’entrée en Bourse de SpaceX, puisque le futur de l’entreprise repose en partie sur des éléments qui sonnent un peu comme de la «science-fiction», citant notamment le projet de bâtir une colonie humaine sur Mars ou des bases lunaires. «Starlink va déjà très bien, et la société possède aussi la plateforme d’intelligence artificielle xAI et le réseau social X. Il y a donc beaucoup de choses là-dedans», dit-il. La grande question est, selon lui, de déterminer la juste valeur des actions de SpaceX. «Quand je regardais le consensus avant l'entrée en Bourse, on parlait d'environ 65$US par action. Là, on est environ à 185$US, donc c'est à peu près trois fois plus élevé», constate-t-il. À quoi s’attendre d’Anthropic et OpenAI? D’après Sébastien Mc Mahon, le succès du premier appel public à l’épargne de SpaceX pave la voie à une bonne performance des titres d’Anthropic et OpenAI, respectivement derrière les agents conversationnels Claude et ChatGPT, lorsqu’ils arriveront en Bourse plus tard cet automne. «Les entrées en Bourse, c'est comme un référendum sur la liquidité ou l'appétit pour le risque des marchés. On verra d'ici l’automne si les conditions changent, mais ce que le marché est en train de nous dire en ce moment, c'est qu'il y a de l'appétit et du capital sur les lignes de côté qui est prêt à être investi dans d'autres joueurs importants du monde de l'intelligence artificielle», dit-il. L’IA offre des rendements inégaux en Bourse en 2026 Sébastien Mc Mahon constate par ailleurs que tous les secteurs de l’intelligence artificielle n’ont pas offert les mêmes rendements en Bourse depuis le début de l’année. «Ça fait un petit bout de temps qu'on n'a pas vu de nouveau sommet pour les titres des sept magnifiques, à l'exception d'Apple (AAPL, 295,90$US) qui a bien fait récemment. Il y a une façon de jouer l'intelligence artificielle dans le moment et c'est d'investir dans les marchés émergents, où environ 40% de l'indice est lié au thème. Depuis le début de l'année, en dollars canadiens, on parle d'une performance qui est environ 30%, donc c'est très enviable», raconte-t-il. Il ajoute que les fournisseurs d’infrastructures destinées à l’intelligence artificielle sont en ce moment ceux qui sont les plus prometteurs. «Éventuellement, peut-être que le thème va continuer d'avoir des rotations et qu’on va revenir sur la mémoire ou les semi-conducteurs, mais pour le moment, l’attention est sur les fournisseurs de services infonuagiques», soutient Sébastien Mc Mahon. Il est donc important pour les investisseurs d’avoir une bonne gestion active s’ils veulent miser sur le secteur. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E303
    June 12 · 4 min

    S1E303: Vers une pause prolongée du taux directeur de la Banque du Canada

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Les détenteurs de prêts hypothécaires à taux variable peuvent dormir tranquilles. La Banque du Canada ne devrait pas relever son taux directeur cette année, soutient Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital. Les gouverneurs de la Banque du Canada ont en effet choisi de garder le taux directeur à 2,25%, une pause qui pourrait se prolonger encore plusieurs mois. «Le message de la Banque du Canada, c’est que la croissance économique reste faible. Il y a aussi quand même des inquiétudes quant à l’évolution de la relation commerciale avec les États-Unis. Avec une économie qui est très fragile et qui est en récession technique, il n'y avait pas de raison pour la Banque du Canada de monter les taux parce que le prix du pétrole est à la hausse», explique-t-il. Il précise que la Banque du Canada a besoin de plus de temps avant de prendre une décision, tout en suivant les discussions entourant la renégociation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM). Et les hypothèques à taux variable? «On ne pense pas que la Banque du Canada va monter les taux d'intérêt ni les baisser, d’ici la fin de l’année, à moins qu'il y ait soit de la croissance fulgurante ou une grosse récession», raconte Nicolas Vaugeois. D’après lui, la Banque du Canada va donc rester sur les lignes de côté, même si l'inflation incluant l'énergie est à la hausse. «Même si on relevait le taux directeur à cause de la hausse du prix du pétrole, ça ne réglerait pas la situation dans le détroit d’Ormuz», dit-il. L’inflation américaine inquiète Aux États-Unis, on a vu cette semaine l'inflation grimper à 4,2% au mois de mai. Selon Nicolas Vaugeois, on ne risque toutefois pas de revivre la même situation qu’en 2022, alors que l’inflation avait culminé à plus de 9% à la mi-année. «En 2022, on sortait de la COVID-19. La Russie a envahi l'Ukraine. Il y avait beaucoup d'épargne excédentaire. Les chaînes de production n'étaient pas nécessairement toutes rouvertes, mais il y avait beaucoup de demande. Tout ça a créé de l’inflation», explique-t-il. Il ajoute que cette année, le revenu disponible des ménages est à la baisse par rapport à l'année passée et les défauts de paiement sur les prêts auto et les cartes de crédit aux États-Unis sont à un sommet depuis 2008. Cela devrait inciter la Réserve fédérale à faire preuve de prudence avant de relever son taux directeur. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E302
    June 5 · 6 min

    S1E302: Pourquoi le S&P/TSX est au sommet malgré la récession technique

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Le 29 mai dernier, Statistique Canada révélait que le PIB canadien avait reculé pour un deuxième trimestre consécutif, ce qui correspond à la définition d'une récession technique. Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël, Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins, met toutefois les données en perspective. «Oui, le produit intérieur brut réel a reculé de 1 % au quatrième trimestre de 2025 et de 0,1 % au premier trimestre de 2026. Toutefois, lorsqu'on regarde les détails, l'histoire est beaucoup plus nuancée», dit-il. Il est prématuré de conclure à une véritable récession, puisque la faiblesse n’est pas généralisée à l’ensemble de l’économie. «Or, plus de la moitié des industries canadiennes sont encore en expansion. On a des consommateurs qui continuent de dépenser. On a des entreprises qui continuent d'investir. Donc, à mes yeux, nous ne sommes pas dans une économie en panne, mais plutôt dans une économie qui tourne au ralenti», explique-t-il. Qu’est-ce qui explique la récession technique? Luc Girard soutient que le consommateur canadien ne peut pas être pointé du doigt, mais que la faiblesse de l’économie est liée au commerce extérieur. «Les importations qui ont bondi de 12% au premier trimestre, alors que les exportations ont légèrement diminué, de 0,5%. Cette situation est attribuable à quoi? À une forte hausse des achats d'or, ainsi qu'à un ralentissement de certaines exportations vers les États-Unis, particulièrement dans le secteur automobile. Lorsque vous avez des importations qui augmentent plus rapidement que les exportations, ça soustrait mécaniquement de la croissance économique», raconte-t-il. Le gestionnaire de portefeuille souligne que, malgré tout, certains indicateurs restent solides, notamment la consommation des ménages qui a progressé de 1,5%, les investissements en machinerie et en matériel qui ont bondi de plus de 10% et les investissements en propriété intellectuelle qui ont progressé de 14%. «On a même le PIB par industrie qui a augmenté de 0,5 %. On est donc loin d'un scénario où tous les moteurs économiques s'arrêtent en même temps», affirme-t-il. Le S&P/TSX au sommet malgré tout Malgré le ralentissement économique, l’indice phare de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX, a terminé la séance du 4 juin à un sommet historique de plus de 35 200 points et est en hausse de plus de 10% depuis le début de l’année. Une situation qui peut s’expliquer facilement, selon Luc Girard. «C'est probablement la question la plus importante pour les investisseurs parce que la Bourse et l'économie ne racontent pas toujours la même histoire. L'économie nous décrit ce qui s'est passé récemment. La Bourse, elle, essaie d’anticiper ce qui va se produire dans 6, 12 et même 18 mois. Surtout, le S&P/TSX n'est pas l'économie canadienne», dit-il. Il souligne que l’indice est concentré à 70% dans trois secteurs, soit 35% dans les financières, 17% dans l’énergie et 18% dans les ressources naturelles. «Ça explique pourquoi la Bourse peut performer même si l'économie ralentit», précise-t-il, ajoutant que les trois secteurs profitent de vents favorables. À son avis, même si certains ménages ressentent davantage de pression, les grandes entreprises canadiennes continuent de très bien performer. C'est pourquoi il est selon lui toujours très dangereux de confondre la santé de l'économie avec celle de la Bourse. Encore un bon moment pour investir? Luc Girard comprend aussi les investisseurs qui hésitent à miser sur la Bourse alors que les indices sont à des sommets historiques. Il s’empresse cependant de préciser que les indices ont tendance à passer une bonne partie de leur existence proche de leur sommet historique. «Attendre la prochaine correction, ça semble effectivement logique, mais, dans les faits, cette stratégie fonctionne rarement. La vraie question à se poser, c'est plutôt de savoir si les sociétés qu'on a choisies dans nos portefeuilles vont être encore plus profitables dans 5, 10 ou 15 ans», dit-il. En ce moment, il soutient que la discipline et la patience sont les deux plus grands alliés des investisseurs à long terme. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E301
    May 22 · 6 min

    S1E301: Le problème de 380 G$US de Berkshire Hathaway

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Berkshire Hathaway a vendu ses actions d’une dizaine de sociétés durant le premier trimestre, le premier complet sous la direction de Greg Abel, mais la société fait face à un problème de taille, estime François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital. D’abord, ce dernier soutient que la décision de l’entreprise de vendre complètement ses participations dans une dizaine d’entreprises, dont Visa (V, 331,12$US), Mastercard (MA, 499,62$US), Amazon.com (AMZN, 268,46$US) et l’assureur Aon (324,22$US) n’est pas si surprenante. «Je pense que c'est très clair. En décembre dernier, Todd Combs a quitté Berkshire Hathaway (BRK.B, 479,98$US) pour aller travailler chez J.P. Morgan (JPM, 303,00$US). Il était, à part Warren Buffett, un des deux autres principaux gestionnaires (avec Ted Weschler) qui gérait un portefeuille d'une quinzaine de milliards de dollars. Ce sont clairement les titres Todd Combs qui ont été vendus», explique-t-il. Berkshire Hathaway a aussi réduit considérablement ses participations dans quelques entreprises durant le premier trimestre, dont la pétrolière Chevron (CVX, 191,01$US), le producteur de boissons alcoolisées Constellation Brands (STZ, 150,83$US) et aussi l'aciériste Nucor (NUE, 226,44$US). En tant qu’actionnaire de longue date de la société autrefois dirigée par Warren Buffett, il dit comprendre la décision de vendre des titres de ces trois sociétés, «dans lesquelles il n’investirait pas». Investissements dans Macy’s, Delta Air Lines et Alphabet À l’inverse, Berkshire a initié des participations dans le détaillant d’articles de mode Macy’s (M, 20,62$US) et dans le transporteur aérien Delta Air Lines (DAL, 75,65$US), des décisions qui peuvent paraître surprenantes, surtout pour Macy’s qui traverse une période de réorganisation majeure. «Todd Combs a quitté la société, mais Ted Weschler est toujours présent. Ce dernier a une approche un peu différente. Il a tendance à porter son attention sur des titres plus sous-évalués ou en situation de revirement. Mon impression, c'est que ces deux sociétés sont des achats de Ted», raconte François Rochon. L'entreprise qui a aussi bonifié sa participation dans Alphabet (GOOGL, 387,66$US). «Je sais que Warren Buffett a toujours été un grand admirateur d’Alphabet. Assez rapidement, il a réalisé qu’elle avait des avantages compétitifs très importants», explique le dirigeant de Giverny Capital, qui possède aussi des actions de la société derrière l’agent conversationnel Gemini et le moteur de recherche Google. «Au début, quand ChatGPT est arrivé, il y avait des inquiétudes valides que ça pouvait constituer une menace pour le modèle d'affaires d’Alphabet. Toutefois, et je dirais même de façon extraordinaire, à mon avis, la société a réussi à combler son retard et Gemini est peut-être même en ce moment meilleur que ChatGPT», dit-il, ajoutant que l’entreprise peut aussi dorénavant compter sur une division d’unités de traitement de tenseur (mieux connue sous l’appellation anglophone Tensor processing unit, ou TPU), qui sont un peu différents des processeurs graphiques (GPU) fabriqués entre autres par Nvidia (NVDA, 219,51$US) et seraient même un peu plus efficaces. Le problème des liquidités qui totalisent 380G$US L’éléphant dans la pièce chez Berkshire Hathaway reste que la société possède des liquidités d'environ 380 milliards de dollars américains (G$US). Selon François Rochon, il sera très difficile pour la société de générer de bons rendements boursiers avec une somme aussi importante qui rapporte à peine plus de 3% si elle est investie dans des bons du Trésor. «Ça doit approcher 40 % de tous les actifs de Berkshire Hathaway. C'est donc beaucoup demandé à tous les autres actifs de l’entreprise pour pouvoir, disons, maintenir un rendement annuel sur l’ensemble du capital de 10% à 12 %. C'est un problème», juge-t-il. Selon lui, la société pourrait profiter de périodes de reculs boursiers pour déployer son capital. D’autres options pourraient inclure le versement d’un dividende spécial ou des rachats d’actions. «Éventuellement, il va falloir que ce capital soit mis au travail», affirme-t-il. Il reconnaît que Warren Buffett a toujours été allergique aux dividendes, mais que ce sera au nouveau PDG, Greg Abel, de trancher. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E300
    May 15 · 5 min

    S1E300: Bourse: à quoi s’attendre du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh?

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Jerome Powell cède son siège de président de la Réserve fédérale américaine à Kevin Warsh. À quoi peut-on s’attendre du nouveau dirigeant? D’entrée de jeu, on peut d’abord rappeler que la présidence de Jerome Powell, amorcée en 2018, a été marquée par la pandémie et par la poussée inflationniste qui a suivi. Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100 estime que Jerome Powell a plutôt bien géré la crise de la pandémie de COVID-19. «La première partie, au niveau de la gestion de la crise de la COVID-19, est généralement perçue positivement. La Réserve fédérale (Fed) a agi rapidement dans l'incertitude. Je pense qu'on ne remet pas ça en question», dit-il. Toutefois, selon lui, la réaction de la Fed à la crise inflationniste qui a suivi la pandémie laisse place à plus de critiques. «La Réserve fédérale, à l'époque, prétendait que l'inflation allait être transitoire. Aujourd'hui, on voit que ce n'était pas le cas. Elle a tardé à réagir à la montée de l’inflation de l'inflation à la fin de la pandémie», juge-t-il. Marc L’Écuyer voit d’un bon œil le fait que Jerome Powell continue de siéger au conseil des gouverneurs de la Fed, ce qui assurera une certaine stabilité à la banque centrale américaine jusqu’à la fin de son mandat en 2028. Le début de l’ère Kevin Warsh Selon le gestionnaire de portefeuille, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a quand même beaucoup d’expérience, puisqu’il était présent au sein de la banque centrale lors de la crise financière de 2008-2009. «À l’époque, il avait été très critique de la stratégie d'assouplissement quantitatif de la Fed, estimant que la banque centrale allait alors trop loin dans son implication sur les marchés financiers. Il aurait préféré que la Réserve fédérale s’en tienne à la gestion de la politique monétaire», raconte-t-il. Selon lui, on peut donc s’attendre à ce que la Fed réduise son rôle dans l’économie au cours des prochaines années. Le pion de Donald Trump? Marc L’Écuyer soutient que l’un des faits marquants de Kevin Warsh est qu’il a toujours défendu l'indépendance de la Réserve fédérale. «Bien que Donald Trump tente d’influencer les décisions de la Fed, on peut être positif quand on regarde ce qui a été dit par le nouveau dirigeant dans le passé», estime-t-il. Selon lui, les investisseurs devraient toutefois porter une attention particulière au changement de garde à la Fed, puisque la banque centrale américaine n’a pas réussi, depuis 2021, à ramener l’inflation à la cible de 2%, ce qui a pu miner sa crédibilité. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E299
    May 8 · 7 min

    S1E299: Obligations : Alphabet fracasse un record au Canada

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Il n’y a pas qu’en Bourse qu’Alphabet (GOOGL, 397,99$US) retient l’attention. La société mère de Google a aussi procédé à une émission record d’«obligations feuille d’érable» qui a suscité un grand intérêt au Canada. On donne en effet ce surnom aux émissions d’obligations de sociétés étrangères émises en dollars canadiens. Alphabet a procédé à une émission record totalisant 8,5 milliards de dollars (G$), mais elle aurait pu obtenir beaucoup plus, note Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret. «L’émission d’obligations d’Alphabet signifie que la construction de centres de données à grande échelle, qu'on appelle en anglais les ‘hyperscalers’, coûte très cher et que la société avait besoin de devises locales pour pouvoir réaliser des investissements au pays», dit-il, ajoutant que l’entreprise souhaitait au départ obtenir entre 3G$ et 5G$, mais qu’elle a augmenté la taille de l’émission après avoir constaté que les investisseurs canadiens souhaitaient en acheter pour environ 20G$. «Ça démontre que dans le marché des obligations de sociétés au Canada, la demande est beaucoup plus forte que l'offre. C'est-à-dire qu'il y a plus d'argent qui cherche à être investi que d'émetteurs qui cherchent à emprunter de l'argent», explique Vincent Fournier. Selon lui, les investisseurs qui achètent ces titres obligataires peuvent être à la recherche de rendements stables durant des périodes données, qui peuvent être de 5, 10, 20 ou 30 ans, afin d’appareiller des entrées de fonds avec des déboursés. C’est notamment le cas d’investisseurs institutionnels qui doivent gérer des fonds pour des groupes de retraités. Il souligne que, par exemple, la tranche d’obligations à échéance de 30 ans portera un taux d’intérêt de 110 points de base au-dessus de celui des obligations du gouvernement du Canada de même durée. «En ce moment, les obligations gouvernementales se portent un taux d’intérêt de 3,88%, alors si on y ajoute 110 points de base, on arrive à un taux complet sur les coupons de 4,98%», raconte-t-il. Vincent Fournier soutient que n’importe quel investisseur de détail peut acheter ces titres. Toutefois, il précise que ces derniers devront passer par le pupitre de négociation obligataire de leur maison de courtage. Il estime également que, dans un contexte de course aux investissements en intelligence artificielle, d’autres géants des technologies pourraient être tentés d’imiter Alphabet et d’émettre des titres obligataires en devise canadienne pour faciliter leurs investissements au pays. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E298
    May 1 · 4 min

    S1E298: Bourse : pourquoi les taux d'intérêt des obligations 30 ans inquiètent

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Les taux d’intérêt des bons du Trésor américains à échéance de 30 ans s’approchent de la barre psychologique de 5%, ce qui fait craindre un repli des marchés boursiers. Julie Hurtubise, conseillère en placements à Gestion de patrimoine TD, soutient que plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation. «À 5%, les obligations deviennent une vraie alternative aux actions. Donc, à ce niveau, certains investisseurs vont vouloir réduire leur risque. Ça crée donc un déplacement des capitaux, car ils vendent des actions pour s'en aller vers les obligations», dit-elle. Un autre point plus technique fait aussi craindre un repli des marchés boursiers, puisque si le seuil psychologique des 5% est franchi, cela pourrait déclencher des rééquilibrages automatiques des portefeuilles et provoquer une certaine volatilité à court terme. «Ça a aussi un effet négatif sur les valorisations des entreprises. Une action, c'est la valeur en dollars d’aujourd'hui des profits futurs d'une entreprise. Quand les taux montent, ces profits sont actualisés à un taux plus élevé et valent donc moins cher en dollars d’aujourd’hui. Résultat, les investisseurs sont moins enclins à payer des ratios élevés pour se procurer des actions», raconte-t-elle. Elle précise également que la hausse des taux d’intérêt rend aussi les emprunts plus coûteux, ce qui peut limiter les investissements et la croissance des bénéfices. Des craintes justifiées? Selon Julie Hurtubise, les craintes des marchés financiers reflètent un environnement où l'inflation demeure un peu plus persistante, notamment avec la récente remontée du prix du pétrole, ce qui repousse les attentes des baisses de taux d’intérêt des banques centrales. «Quand on se retrouve avec des taux plus élevés plus longtemps, les marchés n'aiment pas ça», dit-elle. Toutefois, elle estime que la situation actuelle n’est pas un signal de crise, puisque les entreprises continuent de générer des profits. «Les entreprises continuent de générer des profits, et tant que la croissance économique se maintient, les entreprises peuvent absorber les taux plus élevés. Les craintes sont donc réelles, mais peut-être un peu amplifiées», raconte-t-elle. La conseillère en placements explique que les investisseurs boursiers ont divers moyens de protéger leur portefeuille lorsque les taux des obligations à long terme sont élevés. «Ils peuvent augmenter leur exposition aux obligations, puisque celles-ci offrent des rendements intéressants avec moins de volatilité. Pour ce qui est des actions, on peut se retourner vers des entreprises un peu plus stables avec des flux de trésorerie solides ou vers celles qui versent des dividendes», dit-elle. La Banque du Canada garde ses options ouvertes Cette semaine, la Banque du Canada qui a gardé son taux directeur à 2,25%. Selon Julie Hurtubise, l’important pour les investisseurs est de retenir que le gouverneur Tiff Macklem préfère jouer de prudence, étant donné le conflit qui perdure au Moyen-Orient. «L'inflation fondamentale (excluant les composantes plus volatiles, comme l’alimentation et l’énergie) s'est stabilisée légèrement au-dessus de la cible de 2%, ce qui est encourageant. Toutefois, l'inflation globale a récemment remonté, en grande partie à cause des prix de l'énergie, ce qui crée de l’incertitude. C'est exactement pour ça que la Banque du Canada a choisi de ne pas bouger ses taux pour l'instant», dit-elle. Du jamais vu depuis 1992 à la Réserve fédérale américaine De son côté, pour la dernière décision du président Jerome Powell, la Réserve fédérale américaine a aussi choisi de garder son taux directeur stable entre 3,5% et 3,75%. Il y a toutefois eu quatre dissensions après la publication de la décision, ce qui constitue une première depuis 1992. «C'est très révélateur. Ça démontre qu'il y a un peu plus d'incertitude quant à la direction future des taux et que le consensus au sein de la Fed est beaucoup plus fragile», soutient Julie Hurtubise. Selon elle, les dissensions sont le résultat de données économiques qui envoient des signaux mixtes. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E297
    April 24 · 6 min

    S1E297: La Bourse fait un pied de nez au conflit en Iran

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Les marchés boursiers sont revenus à des sommets historiques la semaine dernière, malgré le fait que le conflit en Iran soit encore loin d’être réglé. Si de nombreux investisseurs peuvent s’étonner d’une telle résilience des marchés boursiers, Sébastien Mc Mahon, stratège en chef et économiste sénior à iA Gestion mondiale d’actifs, n’est pas de ceux-là. «On ne parle pas seulement des marchés boursiers américains. Tous les marchés à travers le monde ont rebondi de façon assez importante. Comment on explique ça? C'est qu'on a un vent de dos macroéconomique assez fort qui souffle depuis 2025, porté par les banques centrales qui ont baissé leur taux directeur de façon synchronisée et assez forte», explique-t-il, précisant que la Banque du Canada a été au-devant de cette parade. «Quand on regarde les indicateurs économiques avancés, on voit encore des pistes d'accélération économique en 2026, malgré tout le bruit qu'on a qui vient du président Donald Trump, des politiques commerciales et du choc pétrolier qu'on a avec la situation en Iran», dit-il. Sébastien Mc Mahon soutient que la résilience des marchés boursiers est aussi portée par la capacité des entreprises à faire croître leurs bénéfices. Donc, c'est la résilience économique et la capacité des entreprises Que dit l’histoire? Si on remonte dans le temps, l’histoire montre, selon le stratège en chef, que la Bourse a été peu affectée par les grands conflits armés qui ont eu un aspect pétrolier. «Quand on recule jusqu'à la guerre du Golfe au début des années 1990, ce qu'on constate est que le choc pétrolier est de très courte durée. Même si la guerre s'éternise et est assez sévère, le prix du pétrole fait un bond avant de rapidement revenir à la normale lorsque le conflit prend fin», raconte-t-il. Il ajoute que le pire recul du S&P 500 lors de chacun des conflits depuis ce temps a été de 15%, mais qu’en moyenne, la baisse s’arrête entre 9% et 10%. «C'est ce qu'on a vécu depuis le début du conflit en Iran», dit-il. Selon lui, l'histoire indique que généralement, ces conflits internationaux sont de courte durée et génèrent des occasions d'achat en Bourse. «Les leçons à retenir de la résilience des marchés boursiers ces deux derniers mois, ce n’est rien de nouveau. Les investisseurs doivent conserver une stratégie à long terme et ne pas surréagir aux événements qui se produisent sur une base quotidienne», dit-il. Le stratège en chef répète que les bénéfices des entreprises ont une plus grande influence sur les tendances boursières que les conflits armés, tout comme l’évolution des politiques monétaires des banques centrales et la capacité des gouvernements à rembourser leur dette. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E296
    April 17 · 6 min

    S1E296: Bourse : vers un scénario de stagflation aux États-Unis?

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Le président de la réserve fédérale de Chicago, Austan Goolsbee, a dévoilé cette semaine qu'il anticipait un scénario de stagflation aux États-Unis. Selon un tel scénario, l’inflation repartirait à la hausse et serait couplée avec un ralentissement économique. Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital, estime lui aussi que le scénario est probable, considérant que le conflit en Iran a fait bondir le prix du baril de pétrole. «D'un côté, on voit l'inflation incluant l'énergie monter quand même de manière significative. Toutefois, de l’autre côté, avoir un baril à 95 $US le baril fait progresser considérablement le prix à la pompe. Aux États-Unis, au lieu de faire le plein à 3$US le gallon, ils sont rendus à 5$US le gallon. Ça a un effet direct sur les dépenses discrétionnaires des ménages», explique-t-il. Selon lui, le scénario de stagflation peut encore être évité si les banquiers évaluent le risque d'inflation et celui d’un ralentissement économique dans leurs décisions. «Les banquiers centraux vont devoir regarder du côté de l’inflation en excluant l’énergie», dit-il. Quand on exclut le prix du baril du pétrole, de l'inflation, ça va vraiment être de ce côté-là que les banquiers centraux vont devoir regarder. Aplatissement de la courbe des taux Nicolas Vaugeois constate un aplatissement de la courbe des taux obligataires depuis le début de l’invasion israélo-américaine en Iran. Ce phénomène se produit lorsque l’écart se rétrécit entre les taux d’intérêt des obligations à court terme et celles dont les échéances sont à plus long terme. «Depuis la fin février, les taux d’intérêt des obligations à court terme ont grimpé davantage que pour celles à long terme. On l'a vu aux États-Unis, au Canada, en Angleterre et aussi et en Europe», affirme-t-il. Les différences entre 2022 et 2026 Nicolas Vaugeois constate aussi de grandes différences entre la situation qui prévaut depuis le début de la guerre en Iran et celle qui sévit depuis 2022 depuis que la Russie a envahi l’Ukraine. «Ce qui est différent, c'est qu'en 2022, le monde sortait de la pandémie de COVID-19. À ce moment, il y avait beaucoup d'épargne excédentaire qui avait été accumulée. Après trois années de confinement, les ménages se sont donc mis à dépenser», raconte-t-il. Or, la situation est bien différente aujourd’hui, alors que les niveaux d’épargne sont revenus à des niveaux plus normaux et que le taux de chômage a recommencé à augmenter à travers le monde. «Aujourd’hui, on s'attend à ce que le prix de l'énergie ait un effet plus négatif sur la croissance économique qu’en 2022 quand le monde a recommencé, à vouloir revivre», dit-il. Pendant ce temps, au Canada Selon Nicolas Vaugeois, les anticipations au Canada pointent vers une pause prolongée des baisses de taux de la part de la Banque du Canada, puisque cette dernière a été plus agressive à ce chapitre que la Réserve fédérale américaine. «Ce qu'on observe, c'est que les investisseurs recherchent une certaine diversification. Les investisseurs canadiens l'ont déjà fait à travers leur allocation en actions. Maintenant, ils sont en train de le faire à travers leur allocation en revenus fixes», estime-t-il. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E295
    April 10 · 6 min

    S1E295: Bourse : la croissance des bénéfices avant un cessez-le-feu!

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Le cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran a retenu l’attention en Bourse cette semaine, mais les investisseurs devraient plutôt se concentrer sur la saison des résultats financiers du premier trimestre qui s’amorce, estime Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard, Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins. «Le point important qu’il faut comprendre, c'est que les marchés boursiers n'aiment pas l'incertitude, mais qu’ils ont appris à vivre avec elle. Lorsqu'un cessez-le-feu est annoncé, ce n'est pas tant la bonne nouvelle en soi qui fait bouger les marchés, mais c'est surtout la réduction du risque d'un scénario extrême», dit-il. Selon lui, depuis les années 1940, les marchés boursiers ont réagi aux crises géopolitiques en reculant en moyenne de 5% à 8%. Dans la grande majorité des cas, les marchés ont récupéré leurs pertes en quelques mois. En pratique, ce type d'événement ne modifie généralement pas une stratégie d'investissement à long terme qui a été bien construite», estime Luc Girard. Cela n’empêche pas les marchés de réagir aux conflits, puisque ceux-ci peuvent avoir des effets sur l’inflation, sur la croissance économique, sur les taux d'intérêt et, surtout, sur les bénéfices des entreprises. Début de la saison des résultats financiers du premier trimestre Luc Girard soutient en effet que les bénéfices des entreprises ont beaucoup plus de poids sur la valorisation des marchés boursiers que les nouvelles géopolitiques. «À long terme, environ 85% à 90% du rendement des marchés boursiers provient de la croissance des bénéfices et des dividendes. Pour 2026, les analystes anticipent une croissance des bénéfices d’entre 8% et 15 % pour les marchés américains et de 6% à 8 % au Canada. Il est aussi important de rappeler que les 10 plus grandes entreprises américaines, ça représente environ le tiers de la capitalisation du S&P 500. Vous comprendrez que les résultats ont un effet déterminant sur la direction globale des marchés», estime-t-il. Selon lui, les investisseurs ne devraient donc pas modifier leur stratégie d’investissement en raison de l’invasion américano-israélienne en Iran. Il précise qu’un investisseur qui rate les 10 meilleures journées en Bourse sur une période de 20 ans peut ainsi réduire le rendement de son portefeuille de près de… 50%! «Plusieurs de ces meilleures journées-là surviennent durant les périodes de forte incertitude. Donc, les investisseurs doivent demeurer investis, disciplinés et surtout diversifiés», dit-il. Il ajoute que depuis 1950, les marchés boursiers ont traversé plus de 15 récessions, plusieurs crises financières, des périodes d'inflation élevée, de nombreux conflits internationaux. Malgré tous ces événements, la Bourse a généré un rendement annuel moyen d’entre 9% et 10%. Un portefeuille doit être construit, à la base, pour traverser tout type de scénario. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E294
    April 2 · 6 min

    S1E294: Bourse: le plus difficile, c'est de savoir quand vendre

    GESTIONNAIRES EN ACTION. À la Bourse, le plus difficile, c’est de savoir quand vient le bon moment de se départir d’un titre, estime François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital. «La décision de vendre un titre, je dirais que ça dépend beaucoup de notre philosophie d'investissement au départ. Il faut un peu que la philosophie de vente soit en ligne avec la philosophie d'achat», estime-t-il. Il dit regarder divers critères au moment d’ajouter une entreprise en portefeuille, tentant de dénicher celles qui possèdent une valeur intrinsèque supérieure à la moyenne, bénéficient d’avantages concurrentiels durables, d’une bonne équipe de direction et d’un bon bilan tout en ayant de bonnes perspectives de croissance. «Tant que ça, c'est intact, on va vouloir garder le titre en portefeuille. Je dirais qu'il y a deux choses qui peuvent se produire qui nous inciteraient à vendre. La première, c'est que les belles qualités qu'on admirait dans l'entreprise peuvent changer», explique-t-il. La seconde chose qu’il aime moins, c’est si une entreprise augmente beaucoup son endettement, soit avec une acquisition ou pour toute autre raison. «Si je deviens moins confortable avec le niveau de la dette, même si les résultats sont bons, je vais parfois préférer vendre. C'est vraiment du cas par cas», explique-t-il. François Rochon soutient que d’autres éléments peuvent l’inciter à se départir d’un titre est l’émergence d’un concurrent qui possède de meilleures perspectives de croissance. Dans ces circonstances, il peut être avantageux selon lui de vendre le titre avec le moins de potentiel et d’allouer le capital à l’idée la plus prometteuse. Quand garder un titre : Constellation Software Quelques titres du portefeuille de Giverny Capital ont connu une année difficile en 2025 et l’éditeur de logiciels Constellation Software (CSU, 2441,27$) est l’un de ceux-là, lui qui valait 5300$ au printemps dernier avant d’amorcer un important repli. «Je pense que Constellation Software, c'est une très, très bonne entreprise. Il y a deux, trois facteurs qui expliquent la baisse du titre. Une des raisons, ça a été le départ pour des raisons de santé du président Mark Leonard. Toutefois, la raison principale de la baisse du titre, c'est que toutes les sociétés de logiciels ont beaucoup baissé en Bourse par crainte que l'intelligence artificielle vienne affecter durement leur modèle d'affaires», affirme-t-il. Le titre de Constellation, ces dernières années, se négociait à 30 fois les profits prévus, alors que ce ratio a chuté à 15 fois. «Pourtant, les résultats de 2025 ont été très bons. Le bénéfice par action ajusté a progressé d'à peu près 20%. Il n'y a donc pas de raison de croire, que les fondamentaux de l’entreprise ont changé», juge-t-il, estimant que le recul du titre est exagéré. Quand garder un titre : Five Below Un autre titre que Giverny Capital a choisi de garder en portefeuille malgré une période tumultueuse est celui du détaillant d'articles à 5 $ et moins Five Below (235,39$US). Le titre a chuté jusqu'à un peu moins de 55 $US avant de rebondir fortement pour dépasser 230$US. Dans ce cas, la patience des actionnaires a été récompensée. La patience a été récompensée dans ce cas. «On a acheté le titre la première fois durant la pandémie, donc en mars 2020. Je pense qu'on avait payé 70$US à l'époque. Les années 2020, 2021 et 2022 ont bien été, sauf que 2024 a été très difficile. Les profits ont baissé et le titre a beaucoup reculé», rappelle-t-il. Le creux de moins de 55$US a été atteint dans la foulée des tarifs du président Donald Trump. Les investisseurs craignaient alors que ces tarifs viennent rogner les marges bénéficiaires de l’entreprise, qui s’approvisionne beaucoup en Asie. «À ce moment-là, le titre était vraiment déprimé, mais je croyais beaucoup dans le modèle d'affaires de la société. Puis bon, le bilan était encore très solide. Ils ont changé de PDG (en embauchant Winnie Park en décembre 2024) et finalement, les résultats de 2025 ont été très bons, ce qui a fait rebondir le titre», dit François Rochon. Cinq ans après l’achat du titre, Giverny Capital était en territoire négatif avec cet investissement, mais selon l’investisseur, c’est la qualité du bilan qui a fait toute la différence. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E293
    March 27 · 6 min

    S1E293: Bourse : est-ce devenu trop facile de privatiser des entreprises?

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Boralex (BLX, 36,62 $) est en voie d’être privatisée par Brookfield et La Caisse pour un montant d’environ 9 milliards de dollars. Au rythme où vont les choses, est-ce que les marchés boursiers canadiens sont voués à disparaître? Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100, soutient que les entreprises présentes dans l’industrie des énergies renouvelables sont très intéressantes pour des investisseurs institutionnels comme Brookfield et La Caisse. «Ça s'inscrit dans une tendance lourde qu'on constate sur les marchés depuis quelques années. On l'a vu, entre autres, avec Innergex énergie renouvelable l’an dernier, aussi acquise par La Caisse pour 10 milliards de dollars», dit-il. Selon lui, plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi les dirigeants d’une entreprise à capital ouvert souhaitent en fermer le capital : « La réglementation est moins contraignante quand on est une entreprise privée et on a moins de pression de la part des investisseurs pour réaliser de bonnes performances à court terme », note-t-il. De rarissimes entrées en Bourse Sans oublier qu’en plus des privatisations qui se succèdent, très peu d’entreprises décident, à l’inverse, d’opter pour un premier appel public à l’épargne pour financer leur croissance. Au Québec, la dernière entreprise en lice est le Groupe Dynamite (GRGD, 73,72$), arrivée à la Bourse de Toronto à l’automne 2024. «C'est une tendance qui ne date pas d'il y a deux ans. Avec la crise financière de 2008-2009. On a vu une augmentation de la réglementation, donc ça devient beaucoup plus dispendieux pour les plus petites sociétés d’opter pour une entrée en Bourse», dit-il. Marc L’Écuyer précise aussi qu’avec les privatisations qui se succèdent, celles qui restent en Bourse ont une taille moyenne de plus en plus petite. De plus, selon lui, il est aujourd’hui beaucoup plus facile pour une entreprise de financer sa croissance avec des capitaux privés, ce qui était moins le cas il y a plusieurs années. Trop facile de privatiser? Le gestionnaire de portefeuille soutient que les gros investisseurs institutionnels bénéficient de certains avantages lorsque vient le temps d’obtenir du financement, notamment grâce à des taux d’intérêt plus bas. «Cela leur donne la capacité de payer plus cher pour procéder à des acquisitions», dit-il. Il soutient que malgré toutes les privatisations, il faut rester optimiste, puisque certaines entreprises québécoises restent des consolidateurs dans leur industrie, citant notamment Alimentation Couche-Tard (ATD, 78,20$), Groupe CGI (GIB.A, 100,74$) et Quincaillerie Richelieu (RCH, 41,93$). Il reconnaît toutefois que les investisseurs canadiens n’ont pas le choix d’opter pour les marchés boursiers internationaux pour obtenir des portefeuilles de qualité. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E292
    March 20 · 5 min

    S1E292: Bourse: comment investir en période de guerre

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Il faut avoir des nerfs d’acier pour ne pas dévier d’une stratégie d’investissement à long terme en période de guerre. Selon Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, c’est malgré tout la meilleure réaction que les investisseurs devraient avoir. «Il ne faut pas modifier notre portefeuille en nous basant sur les aléas économiques. En fait, il faut avoir un portefeuille qui répond à nos objectifs de placement à long terme et pas à court terme», dit-il. Il rappelle par exemple que les marchés boursiers ont baissé de 20% dans les premiers mois suivant le début de la guerre en Ukraine en février 2022, mais que les indices américains se sont ensuite rapidement redressés de 50%. «Si on remonte en 1991, les marchés boursiers avaient bien réagi à l’opération Tempête du désert en Irak«, dit-il, précisant que la Bourse avait progressé d’environ 20% pendant le conflit qui s’est étalé de la mi-janvier à la fin février. L’or échoue dans son rôle de valeur refuge Habituellement, lors des grands conflits armés, l’or et les métaux précieux jouent un rôle de valeur refuge, ce qui n’est pas le cas cette année. «Le prix de l'or qui est en baisse de 25% depuis le début de l'invasion. On est donc loin de voir l'or jouer son rôle de valeur refuge depuis le début du conflit. Ce n’est toutefois pas la première fois que l’on constate des anomalies sur les marchés en temps de guerre», philosophe-t-il. Vincent Fournier rappelle que durant la Deuxième Guerre mondiale, qui s’est étalée de 1939 à 1945, les secteurs qui ont offert la meilleure performance ont été ceux de l’impression (926%) et de la bière et des alcools (723%). «On aurait pu s’attendre à ce que les secteurs de l’acier, de la construction et de la fabrication soient ceux qui profitent le plus du conflit, mais ce n’est pas ce qui s’est produit», raconte-t-il. Le S&P/TSX performe moins bien que le S&P 500 Une autre anomalie que l’on constate est que l’indice canadien S&P/TSX a reculé de 7,6% depuis le début de la guerre en Iran, malgré le fait qu’il soit plus concentré dans le secteur de l’énergie que le S&P 500, qui a subi un recul de seulement 4,4% durant la même période. «Tout cela malgré le fait que le prix du pétrole a progressé de 50% depuis la fin février. À court terme, les marchés peuvent se comporter bizarrement. Toutefois, à long terme, on va avoir de bons rendements», dit-il. Comment arriver garder la tête froide? Vincent Fournier soutient que la réalité de la guerre peut être très stressante pour de nombreux individus. Toutefois, selon lui, l'investisseur, doit absolument regarder loin devant, rappelant que le rendement annuel moyen du S&P 500 est de 11,55% depuis 50 ans. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

  • S1 · E291
    March 13 · 5 min

    S1E291: Bourse : encore le temps d’investir dans le secteur de l’énergie?

    GESTIONNAIRES EN ACTION. Les prix du pétrole ont bondi considérablement depuis le début de l’invasion israélo-américaine en Iran. Dans ce contexte, il est encore temps d’investir dans le secteur canadien de l’énergie, estime Sébastien Mc Mahon, vice-président, stratège en chef, économiste sénior et gestionnaire de portefeuille à iA Gestion mondiale d’actifs. «Je parlais ce matin avec mes collègues gestionnaires d'actions canadiennes et ils me disaient qu'ils sont acheteurs. Quand je regarde les rendements du secteur de l’énergie au cours du dernier mois, je vois 8,5% de hausse contre 1,6% pour le S&P/TSX. Il y a donc clairement une surperformance, mais on aurait pu s’attendre à un écart encore plus grand. Ça veut dire qu'il faut peut-être y aller avec modération, mais certainement, ça peut être intéressant», explique-t-il. Il rappelle que la grosse nouvelle de la semaine a été que les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie allaient libérer 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques pour tenter de contenir l’augmentation du prix de l’or noir. «Toutefois, le record historique pour sortir des barils d'urgence est d’environ 1,5 à 2 millions de barils par jour. Ce qui veut dire que ça pourrait prendre 200 jours, peut-être même 250 ou 300 jours avant de tout libérer ça. Le prix du pétrole pourra donc rester élevé pendant un petit bout de temps», estime-t-il. Sébastien McMahon est aussi d’avis que le conflit en Iran vient redorer le blason de l’industrie canadienne de l’énergie, qui avait mauvaise presse ces dernières années. Deux titres favoris Parmi les titres énergétiques, les experts en actions canadiennes d’iA Gestion mondiale d’actifs favorisent présentement celui de Cenovus Energy (CVE, 32,20$). La société a réalisé une importante acquisition l’an dernier (celle de Meg Energy pour un montant de 8,6 milliards de dollars) et il y a des synergies importantes qui peuvent s’en dégager. En ce moment, c'est un titre qui a le vent dans les voiles», dit-il. Un autre titre dans le viseur de la société est celui de Hammond Power (HPS.A, 183,73$). La société se spécialise dans la fabrication de transformateurs électriques. «Si le prix du pétrole reste plus élevé, la demande en électricité pourrait aussi augmenter. La société est aussi présente dans l’industrie des centres de données et bénéficie de ces vents de dos», explique-t-il. Outre le secteur de l’énergie, d’autres industries sont affectées par la fermeture du détroit d’Ormuz, où circule normalement chaque année entre 20% et 25% de la consommation mondiale de pétrole. «Il y circule beaucoup de pétrole, mais aussi tous les dérivés du pétrole et des produits chimiques au sens large, comme le méthanol et tous les produits utilisés dans la conception de plastiques. Ces produits se retrouvent aussi avec des problèmes d'approvisionnement», affirme-t-il. Que faire en période de guerre? Lorsque des guerres avec un potentiel de contagion à l’économie mondiale éclatent, Sébastien Mc Mahon soutient que, règle générale, les investisseurs devraient toujours garder le cap sur le long terme et faire abstraction des risques géopolitiques à court terme. «Il ne faut jamais oublier que les marchés, ce qu'ils regardent, c'est la capacité des entreprises à faire croître leurs profits. Quand on a des reculs, c'est important de continuer d'investir. Ne changez pas votre stratégie. Des crises géopolitiques comme ça, ce n'est pas la première ni la dernière qu'on voit», dit-il. La grande inconnue selon lui reste la durée potentielle du conflit, puisque le président américain Donald Trump n’a pas expliqué clairement quels étaient ses objectifs en Iran. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

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