
S1E310: Bourse : ce qu’il faudra surveiller cet automne
GESTIONNAIRES EN ACTION. Après les vacances estivales, le temps est venu de se replonger dans ses investissements en vue d’un automne qui s’annonce chaud, estime Luc Girard, gestionnaire de portefeuille chez Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins. Ce dernier soutient que si les investisseurs ont un portefeuille qui a bien fait depuis le début de l’année, c'est justement ce pour quoi il faudrait y toucher. Il donne l’exemple d’un portefeuille qui était pondéré à 60 % en actions et à 40 % en obligations au début de l’année. « Les actions ont connu une très belle performance depuis le début de l'année et aujourd'hui, vous pouvez vous retrouver avec un portefeuille qui contient 67 % d’actions. La bonne nouvelle, oui, vous avez fait de l'argent, mais votre portefeuille est devenu plus risqué», explique-t-il. Il soutient donc qu’il est important de procéder à des rééquilibrages, même si ce n’est pas agréable au premier coup d’œil, car ça peut signifier de vendre un peu de ce qui a très bien fait pour le réinvestir dans ce qui a moins bien fait. «Notre cerveau, lui, il nous dit exactement le contraire, mais c'est justement ça, la discipline en placement», insiste-t-il. Surveiller les obligations Il ajoute que les chiffres importants à surveiller cet automne sont ceux des taux obligataires pour les bons du Trésor américains. «Le taux des obligations américaines à échéance de 10 ans est à 4,80%. En 2021, il était à 1%. Pourquoi je regarde ça? Parce que les actions ont de nouveau de la concurrence. Pendant des années, avec des taux extrêmement bas, un investisseur qui voulait faire du rendement, c'était facile. Il allait le chercher dans les marchés boursiers. Aujourd'hui, ce n'est plus vrai», dit-il. Il explique que les investisseurs ne réalisent pas encore complètement à quel point la situation a changé, à condition de bien gérer le risque de durée. «Il ne faut pas oublier que les obligations ont un prix. Plus l'échéance est loin, plus le prix peut varier. Je prends souvent l'analogie de la queue d'un chien avec mes clients. Plus on est près du corps, moins il y a de la volatilité. Plus on s’en éloigne, plus ça va bouger. C'est la même chose avec les taux d'intérêt», explique-t-il. Les marchés américains sont-ils surévalués? Et en ce moment, on peut aussi avoir l'impression que les marchés boursiers américains se négocient à des ratios élevés, ce qui ne signifie pas, d’après Luc Girard, qu’ils sont surévalués. «Ce qui m'intéresse, c'est de savoir ce qui va arriver aux bénéfices des sociétés. Jusqu'à présent, la croissance des bénéfices est au rendez-vous. Il ne faut pas oublier qu'en achetant une action aujourd'hui, on n'achète pas juste les bénéfices passés et ceux des 12 prochains mois. On achète aussi une partie des bénéfices que l'entreprise va générer dans 5 ans, dans 10 ans et même plus. C'est là que je fais une distinction très importante. Le marché dispendieux n'est pas nécessairement un marché surévalué», dit-il. Selon lui, les investisseurs doivent amorcer la dernière ligne droite de l’année en se posant trois questions : «Premièrement, est-ce que j'ai le bon niveau de risque ? Deuxièmement, est-ce que je suis suffisamment diversifié ? Et la dernière, qui est probablement ma préférée, c'est est-ce que mon portefeuille est encore bien positionné pour atteindre mes objectifs à long terme». Si la réponse est oui aux trois, le gestionnaire estime que l’investisseur sera très bien préparé pour l'automne. Pour de l’information concernant l’utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr