
📖 Iliade — la violence, chant par chant
Pourquoi l'Iliade décrit-elle ses morts avec autant de soin ? Une lance qui traverse l'œil, une tête brandie comme une tête de pavot, un foie arraché à un suppliant… Sur près de 300 morts, le poème n'en détaille pourtant qu'une quarantaine. Dans cet épisode, je lis quelques-uns de ces passages et j'indique ce que les spécialistes ont écrit pour comprendre pourquoi ils sont là : la technique des chanteurs, la pitié, le corps du guerrier, et la manière dont les lecteurs anciens lisaient ces scènes. Ce sont des pistes de lecture, et des livres à ouvrir. Passages lus : Ilionée (chant XIV), Érymas et Kébrionès (XVI), Simoéisios (IV), Gorgythiôn (VIII), Trôs (XX). Traductions : Frédéric Mugler (Actes Sud, Babel) et Leconte de Lisle (1866). Pour aller plus loin : Simone Weil, « L'Iliade ou le poème de la force », Cahiers du Sud, 1940-1941 Jasper Griffin, Homer on Life and Death, Oxford, 1980 Jean-Pierre Vernant, « La belle mort et le cadavre outragé », 1982 Nicole Loraux, Les Expériences de Tirésias, Gallimard, 1989 Bernard Fenik, Typical Battle Scenes in the Iliad, 1968 Wolf-Hartmut Friedrich, Verwundung und Tod in der Ilias, 1956 (trad. angl. 2003) Alejandro Abritta, « A New List of Iliadic Wounds, Deaths and Acts of Aggression », Classica, 2024 Alice Oswald, Memorial, 2011


















