Skip to content
Artwork for Psychiatrie Internationale
ScienceHealth & FitnessMedicine

Psychiatrie Internationale

Dr Michaël Sikorav

Psychiatrie clinique, psychopharmacologie, neurosciences et lecture critique de la littérature scientifique. Par le Dr Michael Sikorav, psychiatre

www.psychiatrieinternationale.com
Play
  • 31 episodes
  • Avg 47 min
  • French
Counted on this page — what you have heard stays on this device, so it is not something the list can be paged by.
  • Monday · 41 min

    Antidépresseurs : les risques à connaître avant de commencer

    Il y a pas mal de choses à aborder avant de prendre un antidépresseur. Libido, poids, sommeil, émotions… Je reprends les principaux points à discuter avant de commencer le traitement, pendant, et après. Les changements qu’on ne voit pas tout de suite Dans la vidéo, je parle aussi des changements discrets. Moins d’élan. Moins de désir. Quelques kilos qui s’installent. Je donne des exemples de ce qu’il faut surveiller en consultation et les erreurs qu’il m’arrive encore de faire. Pour approfondir la question du poids, j’en parle dans cette vidéo : Pourquoi les médicaments psy font grossir. Et si on arrête le traitement ? Quand on va moins bien après un arrêt, comment comprendre ce qui se passe ? C’est là qu’on retrouve la question du sevrage, de la rechute et de l’intérêt de poursuivre le traitement. Je reviens sur ce dilemme et sur la discussion qu’il mérite avec le prescripteur. On est très loin des discours simplistes et caricaturaux qu’on voit sur les réseaux. La psychiatrie n’est pas parfaite, mais elle mérite quand même mieux que ça – ou plutôt, les patients le méritent. Abonnez-vous à Psychiatrie Internationale pour recevoir les articles gratuits. S’abonner à l’édition complète Vous lisez l’édition gratuite de Psychiatrie Internationale. Accédez aux articles, vidéos, discussions et lives réservés aux abonnés payants. Vous avez accès à l’édition complète de Psychiatrie Internationale. Merci pour votre confiance et votre soutien. À lire aussi – Sevrage et risque de virage maniaque * Antidépresseurs et sevrage : ce qu’on sait vraiment * Antidépresseurs et bipolarité : quel risque de virage maniaque ? * Vous pouvez vous abonner aux vidéos de formation sur ce lien. Littérature scientifique – Poids et arrêt des antidépresseurs * Medication-Induced Weight Change Across Common Antidepressant Treatments: A Target Trial Emulation Study – Variation de poids induite par les médicaments selon les traitements antidépresseurs courants : une étude émulant un essai cible Petimar et collègues, Annals of Internal Medicine, 2024 : cette étude compare les évolutions pondérales associées à huit antidépresseurs et montre l’intérêt de distinguer les molécules. * Maintenance or Discontinuation of Antidepressants in Primary Care – Maintien ou arrêt des antidépresseurs en soins primairesLewis et collègues, New England Journal of Medicine, 2021 : cet essai compare maintien et arrêt du traitement et documente à la fois les rechutes et les symptômes de sevrage. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • September 9 · 38 min

    Ma femme me connaît mieux que moi

    Le Big Five est probablement le modèle de personnalité le plus solide scientifiquement. Si ce modèle n’est pas correct, on peut supprimer tout un pan de la psychologie : le reste n’est pas bon non plus. Dans cette vidéo, je compare mon propre profil à l’évaluation qu’en fait Clara – et réciproquement. Que mesure le Big Five ? Le Big Five décrit la personnalité sur 5grandes dimensions : le neuroticisme, l’extraversion, l’ouverture à l’expérience, l’agréabilité et la conscienciosité. Il y a aussi des sous-domaines, je vous en reparlerai. Ici, on utilise le test NEO-FFI, qui n’adresse que les 5 domaines. On a rempli le même questionnaire chacun de notre côté, puis en essayant de répondre à la place de l’autre. Votre conjoint vous connaît-il mieux que vous-même ? Le plus intéressant n’est pas le résultat du test (même si on a parfois des surprises), mais les écarts entre l’auto-évaluation et celle du conjoint. Il y a des dimensions sur lesquelles on est presque parfaitement d’accord. Sur d’autres, beaucoup moins. Attention, il y a un piège. Ce n’est pas parce que les deux parties sont d’accord que c’est vrai pour autant. À l’inverse, ce n’est pas parce qu’il y a un désaccord que l’un ou l’autre a raison. Les limites d’un test de personnalité Les réponses à un questionnaire de personnalité ne font pas office de diagnostic psychiatrique, et ne prétendent pas non plus être une description exhaustive d’une personne. Il mesure des traits de personnalité relativement larges et permet surtout de structurer la réflexion sur la connaissance de soi. De la même façon, regarder quelqu’un sur YouTube ou lire ses publications peut donner certaines informations sur sa personnalité, mais certainement pas assez pour s’imaginer connaître cette personne – et encore moins lui porter un diagnostic. Comment faire le test Le document consulté est disponible ici: https://chrisaikenmd.com/wp-content/uploads/2025/01/neo.pdf La façon correcte de faire le score est celle-ci: Chaque question est notée de 0 à 4: * 0 = très faux * 1 = un peu faux * 2 = moyen * 3 = un peu vrai * 4 = très vrai Il faut ensuite additionner les scores aux questions pour chacun des 5 domaines : Les questions marquées marquées d’un astérisque doivent être additionnées à l’opposé (si j’ai 4 à la question, j’additionne en réalité 0, si j’ai 2, j’additionne 2, si j’ai 3 j’additionne 1, et si j’ai 1 j’additionne 3). Vous avez ensuite les scores pour chaque domaine. Vous avez ici les scores moyens, les valeurs extrêmes et les écarts-types pour chaque domaine: Par exemple : 68% des gens ont un score de névrosisme compris entre 25 et 45 (moyenne +/1 un écart-type). À vous de jouer ! Pour ceux qui veulent un récit plus personnel sur la psychiatrie, le trouble bipolaire, l’hôpital et les traitements : mon livre Blouse blanche, idées noires est disponible ici. À lire ensuite – personnalité et regard des autres * Quels troubles de la personnalité ne devraient plus être dans le DSM ? – Pourquoi les catégories diagnostiques de personnalité ne doivent pas être confondues avec de simples traits de personnalité. * La “notoriété” – Sur l’écart entre l’image publique d’une personne et sa réalité quotidienne. Sources scientifiques à lire * Self- and Observer Reports of Personality – Auto-évaluations et évaluations de la personnalité par des observateurs – Revue de 2025 montrant une concordance élevée entre auto-évaluations et évaluations par des proches, avec des différences selon les traits. * Who knows what about a person? The self-other knowledge asymmetry (SOKA) model – Qui sait quoi sur une personne ? Le modèle d’asymétrie des connaissances entre soi et autrui – Un papier qui montre que le meilleur évaluateur dépend du trait : le sujet lui-même peut mieux juger certains traits difficilement observables. * Assessing personality using zero-shot generative AI scoring of brief open-ended text – Évaluer la personnalité par cotation zero-shot de courts textes libres à l’aide d’une IA générative – Étude de 2026 montrant qu’un signal Big Five peut être extrait de récits et journaux vidéo, ce qui nuance l’idée qu’aucune information sur la personnalité ne peut être obtenue à partir de contenu public. * Why the Big Five personality traits are composites, not common causes: Implications for measurement, prediction, and causal inference – Pourquoi les traits du Big Five sont des composites et non des causes communes : implications pour la mesure, la prédiction et l’inférence causale – Article théorique de 2026 rappelant qu’un score Big Five décrit un ensemble de caractéristiques et ne peut pas être réifié comme une cause unique du comportement. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • September 7 · 1 hr 15 min

    Trouble borderline : pourquoi les relations deviennent si intenses

    Le trouble borderline ne se résume pas aux sautes d’humeur ou aux scarifications. Le Dr Deborah Ducasse (psychiatre spécialisée travaillant au CHU de Montptellier) nous explique pourquoi. On essaie aussi de voir ce qui se passe derrière l’instabilité relationnelle, le sentiment de vide, la peur de l’abandon et la dysrégulation émotionnelle. Pourquoi les relations deviennent si intenses Une grande partie de la discussion porte sur la manière dont les symptômes se manifestent dans la relation : la peur de perdre l’autre, ce besoin intoxicant de connexions interpersonnelles, les réactions impulsives, la colère, la honte et les comportements qui sont parfois vus comme une simple volonté de manipuler. On préfère regarder leur fonction au lieu de s’arrêter à l’étiquette. Ce que la TCD cherche réellement à changer On revient ensuite sur la logique de la thérapie comportementale dialectique : apprendre des compétences, sortir du tout ou rien, travailler la pleine conscience et la décentration, mais aussi valider l’expérience d’une personne tout en l’aidant à changer ses comportements. On termine sur les données récentes qui regardent quelles parties de la TCD sont indispensables – c’est important, parce que le dispositif est lourd à mettre en place. Groupes de compétences, coach téléphonique, thérapeute personnel, supervision… ça n’est pas donné à tout le monde. Vous trouverez d’autres articles et vidéos sur le sujet en consultant l’index du blog sur les thérapies – TCC, pleine conscience, etc. La TCD a changé ma vie et ma pratique. Je l’ai mise en place seul (du moins, je m’en suis inspiré) et c’est pour ça que je fais une formation dessus. Le 19 novembre, de 9 h à 18 h, je vous montre comment l’intégrer dans votre quotidien – que vous soyez patient, soignant ou proche. On abordera la régulation émotionnelle, la tolérance à la détresse, l’efficacité interpersonnelle et les outils pratiques de la TCD – des compétences indispensables bien au-delà du trouble borderline. La formation est réservée aux membres fondateurs. Ils auront accès au replay, qui s’ajoutera aux 20 heures de formations déjà disponibles. À bientôt ! À lire aussi – Traitement du trouble borderline * Trouble borderline : ce qui compte vraiment pour le diagnostic * Thérapie du trouble borderline : une introduction pratique à la prise en charge du trouble borderline. * La DBT : comprendre et réguler ses émotions Littérature scientifique – TCD et trouble borderline * Stand-alone dialectical behavior therapy skills training for borderline personality disorder: A systematic review and meta-analysis – Entraînement autonome aux compétences de thérapie comportementale dialectique pour le trouble de la personnalité borderline : revue systématique et méta-analyse. 7 études dont 5 méta-analysées, qui montrent des améliorations pré–post importantes mais hétérogènes. * Dialectical Behavior Therapy vs Schema Therapy for Patients With Borderline Personality Disorder: The BOOTS Multicenter Randomized Clinical Trial – Thérapie comportementale dialectique versus thérapie des schémas chez des patients présentant un trouble de la personnalité borderline : essai clinique randomisé multicentrique BOOTS. Chez 204 patients suivis trois ans, aucune supériorité n’est retrouvée entre TCD et thérapie des schémas et les deux groupes s’améliorent fortement. Un papier qui a été largement cité. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • September 1 · 2 min

    Paroxétine (Deroxat) : effets secondaires, prise de poids et sevrage

    La paroxétine est un antidépresseur de la famille des ISRS. Mais tous les antidépresseurs ne se ressemblent pas, notamment en matière d’effets indésirables. Retrouvez plus d'information sur le blog : michaelsikorav.com This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • September 1 · 22 min

    La HAS n’a pas lu les études du brexpiprazole

    Pourquoi la HAS a refusé le remboursement du brexpiprazole En 2025, la Haute Autorité de santé a estimé que le service médical rendu (SMR) du brexpiprazole était insuffisant dans la schizophrénie. Encore un traitement dont on ne verra pas la couleur. Leur argument : le brexpiprazole n’a rien d’une révolution, et le dossier n’a pas montré de supériorité face à un comparateur actif. Le problème, c’est que les études ne sont pas faites contre un comparateur actif, mais contre du placebo. En plus de ça, les échanges publics de la Commission interrogent : les données ont-elles été lues et discutées avec la même exigence que celles des anciens antipsychotiques. Le contraste le plus difficile à défendre reste celui du Tercian (cyamémazine), largement utilisée malgré un niveau de preuve inexistant. Le problème est détaillé dans Cyamémazine (Tercian) : quelles études chez les jeunes ? et ailleurs – vous savez à quel point ça m’agace. PANSS, symptômes négatifs, et paradoxe du Tercian Contrairement à ce qu’ont dit les “experts”, les essais du laboratoire fabricant comportaient bien des résultats sur la sous-échelle négative de la PANSS. Je ne dis pas que le brexpiprazole est plus efficace qu’un autre dans les symptômes négatifs. Mais les experts de la HAS ne peuvent pas dire que nous n’avons pas de données sur cette question. J’avais déjà repris le dossier en détail dans Le brexpiprazole et la HAS. À lire aussi – les “experts” et les preuves en psychiatrie * Experts en psychiatrie : placebo, schizophrénie et preuves (1) * Experts en psychiatrie : les sources à l’épreuve (2) Littérature scientifique – l’efficacité du brexpiprazole dans la schizophrénie * Efficacy and Safety of Brexpiprazole for the Treatment of Acute Schizophrenia: A 6-Week Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial – Efficacité et tolérance du brexpiprazole dans la schizophrénie aiguë : essai randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo pendant six semaines. Cet essai pivot retrouve une amélioration de la PANSS totale face au placebo. On a aussi les données pour la sous-échelle négative, mais c’était une analyse secondaire. * Efficacy and Safety of Brexpiprazole as Maintenance Treatment in Adults with Schizophrenia: a Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Study – Efficacité et tolérance du brexpiprazole en traitement d’entretien chez l’adulte atteint de schizophrénie : essai randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo. Après stabilisation sous brexpiprazole, les patients randomisés vers le placebo rechutaient davantage, d’où l’arrêt anticipé de l’essai. Attention, c’est encore une étude de maintenance avec un échantillon enrichi. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 27 · 41 min

    Trouble bipolaire : le traitement au-delà des symptômes

    Le traitement du trouble bipolaire ne se limite pas à choisir un thymorégulateur (ou n’importe quel autre traitement) avec l’objectif de supprimer tous les symptômes. Il faut distinguer l’intérêt du traitement lors d’un épisode aigu de son efficacité dans la prévention des rechutes – et prendre en compte le poids les effets indésirables. Clara m’accompagne dans cette vidéo où nous parlons entre autres du lithium, de la quétiapine, de la lamotrigine et des antidépresseurs. On revient aussi sur la sédation, la prise de poids, les consommations d’alcool ou de drogues, la lithémie et la différence entre efficacité immédiate et traitement au long cours. L’analogie la plus fréquente est celle des antibiotiques, qui sont très efficaces sur le court terme, mais qui n’apportent aucune protection contre les infections quand ils sont pris sur la durée (notez qu’il existe des exceptions, notamment dans les infections urinaires chroniques). Vous savez que j’ai du mal avec ce terme, mais j’imagine que la question centrale est celle du rétablissement. Avoir moins de symptômes ne veut pas dire qu’on revient comme avant d’être malade. Le traitement du trouble bipolaire doit donc intégrer les symptômes, les effets indésirables, la qualité de vie et les objectifs propres à chaque patient. À lire ensuite – Trouble bipolaire et traitement au long cours * Trouble bipolaire : l’aire sous la courbe des symptômes – Pourquoi l’intensité maximale des épisodes ne suffit pas à mesurer le poids de la maladie. * Comment réduire la dose de quétiapine ? – Cas clinique sur la réduction de quétiapine dans un trouble bipolaire de type 2. Sources scientifiques à lire * The CANMAT and ISBD Guidelines for the Treatment of Bipolar Disorder: Summary and a 2023 Update of Evidence – Recommandations CANMAT et ISBD pour le traitement du trouble bipolaire : synthèse et mise à jour 2023 des données – Synthèse des recommandations pour la manie et la dépression bipolaire aiguë, et le traitement de maintenance. * Beyond symptom improvement: transdiagnostic and disorder-specific ways to assess functional and quality of life outcomes across mental disorders in adults – Au-delà de l’amélioration symptomatique : approches transdiagnostiques et spécifiques aux troubles pour évaluer le fonctionnement et la qualité de vie chez les adultes atteints de troubles mentaux – Revue de World Psychiatry montrant pourquoi la réponse symptomatique diffère du fonctionnement, de la qualité de vie et du rétablissement personnel. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 23 · 59 min

    Antidépresseurs tricycliques : pourquoi le vidal ne suffit pas

    Les tricycliques sont plus délicats à utiliser que les antidépresseurs basiques Les nouvelles molécules incarnées par les ISRS comme la fluoxétine (Prozac) ou la sertraline (Zoloft) n’ont pas remplacé les tricycliques parce qu’elles étaient plus efficaces. Ce n’était qu’une question de tolérance et de sécurité. Et plus les traitements sont bien tolérés, plus on peut en prescrire. Il y a des patients qui sont aujourd’hui sous ISRS qui n’auraient jamais reçu de tricycliques ; les chiffres sur la prévalence de la dépression augmentent aussi à cause de ça. Cette vidéo reprend la pharmacologie clinique des antidépresseurs tricycliques – amitriptyline, clomipramine, imipramine et autres. J’aborde aussi leurs métabolites actifs, les enzymes impliquées dans leur métabolisation (CYP2D6, CYP2C19, etc) et la question des dosages plasmatiques. La même posologie peut en effet entraîner des résultats et des effets secondaires très différents. Sur le même thème, je vous redirige aussi vers cet article sur les effets secondaires des psychotropes à faible dose, dans lequel je détaille les mécanismes pouvant expliquer une mauvaise tolérance malgré des posologies faibles. Enfin, je resterais sceptique sur ce sujet : c’est un thème compliqué où les données sont cruellement manquantes – nous n’avons souvent pas mieux que des avis d’experts. Prescrire et arrêter un tricyclique Le reste de la vidéo aborde les indications, le risque cardiaque, la charge anticholinergique, l’hypotension, le risque de virage, la toxicité lors d’un surdosage et les difficultés autour du sevrage. Impossible de parler du sevrage sans mentionner la décroissance hyperbolique, qui ne s’applique pas vraiment aux tricycliques – à mon avis, du moins. Les molécules qui se lient à des récepteurs aussi nombreux compliquent les choses. Je vous redirige vers cet article sur les problèmes de la décroissance hyperbolique, qui reprend les limites théoriques et pratiques des schémas de réduction trop simples. Contenu supplémentaire Cette publication contient aussi des éléments réservés aux abonnés payants. Passez à l’abonnement payant pour les débloquer. A lire aussi – tricycliques en pratique * Trospium et tricycliques * Intelligence artificielle et TOC Littérature scientifique – antidépresseurs tricycliques * Beneficial and harmful effects of tricyclic antidepressants for adults with major depressive disorder: a systematic review with meta-analysis and trial sequential analysis – Bénéfices et effets indésirables des antidépresseurs tricycliques chez l’adulte présentant un trouble dépressif majeur. Revue systématique de 103 essais et 10 590 participants : bénéfice symptomatique à court terme, mais ces données sont très fragiles. * Dutch Pharmacogenetics Working Group guideline for the gene-drug interaction between CYP2D6 and CYP2C19 and tricyclic antidepressants – Recommandations du DPWG sur les interactions gène-médicament entre CYP2D6/CYP2C19 et antidépresseurs tricycliques. Recommandations 2026 proposant des adaptations spécifiques selon molécule et phénotype métaboliseur ; elles illustrent directement pourquoi une posologie nominale ne suffit pas à prédire l’exposition. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 21 · 9 min

    Un antidépresseur peut-il révéler une bipolarité ?

    Un virage bipolaire sans euphorie ? Cas clinique rencontré au cabinet : Un patient traité pour une dépression par escitalopram (Seroplex) commence à changer. Il parle plus vite. Il dort un peu moins. Il devient plus irritable et plus à l’aise socialement. Puis apparaissent des interprétations paranoïdes et des phénomènes auditifs discrets. Pourtant, il n’est pas euphorique, et sur une échelle classique de manie, il serait probablement très bas. Est-ce que c’est une activation sous antidépresseur, un début de virage thymique, l’apparition spontanée d’un trouble bipolaire – ou carrément autre chose ? Les études ne sont pas claires, donc il ne nous reste que la clinique. Pour en savoir plus * Antidépresseurs et maniaco-dépression * TDAH adulte et phase maniaque ou épisode psychotique Sources : * Oliva et al., eClinicalMedicine, 2025 – switch maniaque sous antidépresseurs * Hidalgo-Mazzei et al., Bipolar Disorders, 2026 * ISBD Task Force – antidépresseurs et trouble bipolaire This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 18 · 8 min

    10 jours de cétogène et mon cerveau a changé

    Il y a 2 ans, j’ai essayé le régime cétogène, et j’avais fait une vidéo sur le sujet. Pourquoi j’ai essayé le régime cétogène Ce que je raconte ici ne fait pas office de recommandation médicale. Mon trouble bipolaire est stable, avec un TDAH. Je prends habituellement du méthylphénidate et j’utilise également de la metformine – pour contrer la faim de la quétiapine. Ces dernières années, les études autour du régime cétogène et de la psychiatrie métabolique se sont s’accumulées. Les données étaient encore préliminaires, mais suffisamment intéressantes pour justifier d’un test – à mon avis, en tout cas. Ce qui a changé en dix jours Le changement le plus notable n’était pas le poids, mais mon fonctionnement quotidien. J’étais beaucoup moins irritable. J’avais une impression d’avoir le cerveau plus clair du matin au soir. Je pouvais sauter sans avoir l’impression d’être en hypoglycémie. Et surtout, ma relation à la faim a complètement changé. Avant, rentrer chez moi en ayant faim voulait dire que je grignotais avant d’avoir eu le temps de préparer le repas. Avec la diète cétogène, la faim ressemble davantage à une information : je savais que je devais manger, mais je n’ai plus besoin de répondre immédiatement au signal. Même chose avec le sucre. Je peux avoir du chocolat devant moi et ne pas le manger sans effort. La gestion du poids et de l’appétit sous psychotropes est un problème majeur en pratique. J’avais déjà fait le point sur les études concernant la metformine. Ce qui m’a le plus surpris Avant, ma Clara savait si j’avais pris mon méthylphénidate. Les jours sans traitement, j’étais généralement plus irritable, moins concentré et je terminais moins bien mes phrases. Depuis que j’ai commencé le régime cétogène, on a essayé de refaire le test : elle ne sait plus. Elle pense même parfois que j’ai pris mon traitement alors que ce n’est pas le cas. Rien ne vaut un petit test à l’aveugle. J’ai déjà parlé plus largement de cette situation ici : TDAH et trouble bipolaire, traitement. Ce que cette expérience ne prouve pas Il faut remettre les choses à leur place : ça fait à peine dix jours. Je suis une seule personne – on parle d’une étude n=1 Il n’y a ni randomisation, ni groupe contrôle, ni aveugle. Je sais que je suis sous régime cétogène et je m’attends à ce qu’il se passe quelque chose. Il y a donc pas mal de choses qui peuvent expliquer ce qui m’arrive, autres qu’un effet réel de la diète. Mon expérience n’est qu’un signal. Elle ne prouve pas que le régime cétogène traite le TDAH, qu’il peut remplacer le méthylphénidate ou qu’une personne avec un trouble bipolaire devrait commencer ce régime. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, j’ai déjà des emmerdes. Il existe des signaux dans l’autre sens C’est important parce que les effets positifs attirent beaucoup plus facilement l’attention que les complications. Des cas d’hypomanie et de manie après introduction d’un régime cétogène ont été rapportés. Les Une série de cas ne permet pas davantage de démontrer que le régime en est responsable. Mais lorsqu’on parle de trouble bipolaire, ce signal ne doit pas être ignoré. De la même manière, les premiers essais contrôlés sont intéressants sans être miraculeux. On dépasse à peine les données expérimentales. On est très loin de pouvoir présenter le régime cétogène comme un traitement psychiatrique validé au même niveau que nos traitements de référence. Et j’irai même plus loin : les études qui sortent sont de moins en moins convaincantes. C’est un gradient classique, plus la rigueur méthodologique augmente, moins les résultats se voient. La vraie question commence maintenant Dix jours, c’est la partie la moins intéressante. Reste à savoir si tout ça va se maintenir, que ce soit la sensation de clarté mentale, la faim, ou l’irritabilité. Se pose aussi la question d’effets indésirables. Comme souvent, le temps fera le tri. C’est lui qui décidera si cette expérience était intéressante. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 16 · 13 min

    Bipolarité le témoignage que Demorand n’a pas écrit

    Kay Redfield Jamison a écrit l’un des témoignages sur la bipolarité que je trouve les plus intéressants. Elle ne raconte une histoire propre et rassurante : c’est même plutôt l’inverse. Elle raconte la manie. La psychose – avec des hallucinations mortifères. Elle détaille le lithium. Les moments où le traitement lui sauve la vie. Et ceux où elle a l’impression que cette même vie est devenue complètement monochrome. Une psychologue bipolaire qui raconte vraiment les symptômes Kay Redfield Jamison est psychologue clinicienne et professeure de psychiatrie à Johns Hopkins. Elle a passé sa vie à travailler sur les troubles de l’humeur et vit elle-même avec un trouble bipolaire. Son livre An Unquiet Mind a d’ailleurs été traduit en français dès 1997 sous le titre De l’exaltation à la dépression. C’est un succès planétaire. Elle ne se contente pas de refaire la liste des symptômes du DSM, comme on le voit souvent. Elle décrit ce qui lui arrive. Les phases maniaques, les dépressions, et les phases mixtes. On a droit à tout, loin des critères creux du manuel. On peut être psychotique sans être schizophrène C’est un point essentiel. Jamison raconte des hallucinations pendant ses épisodes maniaques, mais ça ne transforme pas son trouble bipolaire en une schizophrénie. Les symptômes psychotiques sont même très fréquents dans le trouble bipolaire de type I. Une méta-analyse retrouve une prévalence vie entière d’environ 63 %, et autour de 57 % pendant les épisodes maniaques. Et encore, les patients ne nous disent pas tout, donc je vous assure que c’est encore plus fréquent. Le lithium lui sauve la vie mais la vie devient fade Elle reçoit du lithium, ça fonctionne au début, mais ça se complique vite. Elle raconte aussi une période où elle ne peut ni lire ni se concentrer. Son monde émotionnel lui semble terne, vide, gris – un peu comme la fin du livre de M. Demorand. Son expérience est importante, mais il ne faut pas généraliser pour autant. Les données sur les effets cognitifs du lithium sont beaucoup plus hétérogènes. Certaines études retrouvent des altérations, d’autres aucun effet clair, et certaines une amélioration. Son histoire pose une question clinique à laquelle on fait face tous les jours : quel est l’objectif du traitement quand on prend un patient en charge ? Zéro symptôme à n’importe quel prix ? Ou un compromis entre prévention des rechutes, fonctionnement et qualité de vie ? Cade et Schou ont tous les deux compté L’histoire du lithium est superbe. John Cade est cité pour sa réintroduction moderne dans le traitement de la manie en 1949. Le psychiatre danois Mogens Schou et ses collègues ont ensuite publié en 1954 une étude contrôlée qui a posé les jalons pour établir son efficacité et à diffuser son utilisation. Jamison rencontrera plus tard Schou et pourra remercier directement l’un des hommes dont les travaux avaient contribué au traitement qui lui avait sauvé la vie. C’est de loin mon passage préféré du livre. Bipolarité et créativité il faut quand même se calmer Jamison a beaucoup travaillé sur les liens entre troubles de l’humeur et créativité. Il existe des données intéressantes dans certains groupes d’écrivains et d’artistes. Mais il ne faut pas transformer ça en « un artiste sur deux est bipolaire ». Les échantillons historiques étaient très sélectionnés et une revue systématique plus récente n’a pas réussi à démontrer que les personnes bipolaires étaient globalement plus créatives que les personnes sans trouble psychiatrique. Il y a un signal intéressant. Mais ça ne permet pas de transformer la bipolarité en super-pouvoir, comme on le voit parfois. Et le fameux test génétique à 100 % À la fin de la vidéo, on fait une expérience de pensée. Imaginons qu’un jour on puisse vous dire avec une certitude absolue que votre futur enfant développera un trouble bipolaire. Est-ce que ça changerait votre décision d’avoir cet enfant ? Notre réponse ne plairait peut-être pas à tout le monde, mais pour le moment, on a la même. Trois articles pour continuer * Pharmaco des troubles bipolaires pour aller plus loin sur les traitements. * Le trouble borderline notamment pour les questions de diagnostic différentiel. * Les études du Tercian pour continuer sur la lecture critique des données en psychopharmacologie. Les commentaires, critiques et questions sont les bienvenus. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 15 · 1 hr 4 min

    Questions & Réponses avec les abonnés

    Voici le replay du live hebdomadaire ! Le chat est caché, les abonnés payant préférant rester anonymes. Psychotropes et raisonnement clinique Plusieurs situations concrètes : benzodiazépines, paroxétine, méthylphénidate, lithium, IMAO, anxiété, TOC, trouble panique et dépression résistante. L’enjeu n’est pas de trouver une molécule universellement « bonne » ou « mauvaise », mais de comprendre pourquoi on a prescrit celle-là et pas une autre, avec quel objectif. Ceux qui veulent en savoir plus pourront regarder pharmacologie des troubles bipolaires. Quand le problème dépasse la pharmacologie La dernière partie revient sur quelque chose qu’on sous-estime souvent : une prise en charge peut échouer alors que le problème ne se situe pas dans l’ordonnance. Mauvaise information, incompréhension, perte de confiance et difficultés à dire au psychiatre ce qui se passe peuvent faire capoter n’importe quelle prise en charge, et il n’y a pas un psychotrope qui peut rattraper ça – hors cas exceptionnels. Lives précédents Session du 8 août Session du 1er août Session du 23 juillet Les commentaires, critiques et questions sont les bienvenus. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 13 · 59 min

    Quétiapine : le détail qui change toute l’étude

    L'étude est problématique, et je vous explique pourquoi, sans statistique. Quétiapine et dépression bipolaire BOLDER I fait partie des essais qui ont installé la quétiapine dans le traitement de la dépression bipolaire. Mais une différence statistiquement significative ne suffit pas avec le placebo, et cette étude est remplie de nuances qui modifient la lecture des résultats. Wash-out, sélection des patients, sorties d’étude, et effets secondaires sont des paramètres qui ne sont pas précisés quand on cite ce papier, mais qui sont au moins aussi importants que les résultats principaux. J’ai détaillé ces questions dans un autre article de pharmacologie : comment prescrire la quétiapine. Quand un essai clinique s’éloigne de la vraie vie Cette étude pose une question plus générale : que devient la validité clinique d’un essai quand les patients inclus sont différents de ceux que nous traitons en pratique ? J’aborde la question de la validité externe dans cet article : le simple et le compliqué en psychiatrie. C’est le jargon qu’on utilise pour la différence entre efficacité expérimentale et les décisions qui en découlent en pratique. Les commentaires, critiques et questions sont les bienvenus. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 10 · 5 min

    La dépression n’est pas un manque de sérotonine

    On entend encore régulièrement que la dépression serait liée à un simple « manque de sérotonine ». Le problème, c’est que cette explication du déséquilibre chimique est beaucoup trop simple – mais la manière dont elle est aujourd’hui critiquée l’est parfois tout autant.Dans cette vidéo, je reviens sur la théorie de la sérotonine dans la dépression, le fonctionnement des antidépresseurs ISRS, le rôle des neurotransmetteurs et les limites des explications biologiques simplistes en psychiatrie.Pourquoi les antidépresseurs ne peuvent-ils pas être résumés à « augmenter la sérotonine » ? Pourquoi réfuter le déficit en sérotonine ne signifie-t-il pas que la sérotonine ne joue aucun rôle dans la dépression ? Et pourquoi cette controverse peut-elle détourner l’attention de critiques beaucoup plus importantes de la psychiatrie et de la psychopharmacologie ? Les commentaires, critiques et questions sont les bienvenus. Pour aller plus loin : * Sérotonine et synapse * Sérotonine et dépression * Critique du classement de la revue Prescrire – leur papier sur les antidépresseurs est problématique. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 10 · 25 min

    Antidépresseurs : on vous ment des deux côtés

    Sur les antidépresseurs, j’ai l’impression qu’on ment un peu des deux côtés. D’un côté, certains psychiatres ont longtemps minimisé les effets indésirables, les troubles sexuels et les symptômes qui peuvent apparaître lors de l’arrêt. L’influence des laboratoires pharmaceutiques n’a sûrement pas aidé. De l’autre, une partie du discours actuel sur Internet donne parfois l’impression que l’arrêt d’un antidépresseur est nécessairement extrêmement difficile, qu’il doit durer des mois ou des années, et qu’une décroissance hyperbolique est indispensable pour tout le monde. La réalité est plus compliquée. J’ai développé la question de la décroissance hyperbolique dans cet article et dans cette vidéo (les problèmes de la décroissance hyperbolique), entre autres. Le sevrage des antidépresseurs existe Vertiges, nausées, troubles du sommeil, anxiété, irritabilité ou sensations de décharges électriques peuvent apparaître lors de la diminution ou de l’arrêt de certains antidépresseurs. Une méta-analyse publiée dans The Lancet Psychiatry en 2024 estimait qu’après prise en compte des symptômes observés lors de l’arrêt d’un placebo, environ 15 % des patients présentaient des symptômes attribuables à l’arrêt de l’antidépresseur. Les formes sévères étaient beaucoup moins fréquentes et les résultats variaient fortement selon les études et les molécules. J’en ai déjà parlé. Source : Henssler J et al. Incidence of antidepressant discontinuation symptoms: a systematic review and meta-analysis. Lancet Psychiatry. 2024. Libido, troubles sexuels et PSSD Les troubles sexuels sous antidépresseurs sont un autre problème important : baisse du désir, difficultés orgasmiques ou troubles de l’érection notamment. Chez certains patients, des symptômes sexuels persistent après l’arrêt. On parle alors de PSSD (pour Post-SSRI Sexual Dysfunction). La fréquence réelle du PSSD reste très difficile à déterminer. Une étude rétrospective publiée en 2023 a estimé un risque de 0,46 %, mais uniquement dans une population très sélectionnée d’hommes jeunes et en utilisant notamment la prescription de traitements de la dysfonction érectile comme marqueur. Ce chiffre ne doit donc pas être présenté comme la prévalence du PSSD dans l’ensemble de la population. Source : Ben-Sheetrit J et al. Estimating the risk of irreversible post-SSRI sexual dysfunction (PSSD) due to serotonergic antidepressants. Ann Gen Psychiatry. 2023. La décroissance hyperbolique est-elle supérieure ? Le principe de la décroissance hyperbolique est pharmacologiquement intéressant : lorsque les doses deviennent faibles, de petites diminutions de dose peuvent correspondre à des variations proportionnellement plus importantes d’occupation des transporteurs. Mais une plausibilité pharmacologique n’est pas la même chose qu’une démonstration clinique. En 2026, un essai randomisé a été lancé pour comparer directement une décroissance linéaire à une décroissance hyperbolique. Le protocole est publié, mais on attend encore les résultats. Source : Safe discontinuation of antidepressants in individuals with clinically remitted depressive disorders: protocol for a randomised controlled trial. BMJ Open. 2026. Sevrage ou rechute ? C’est probablement une des questions les plus importantes en pratique. Un patient diminue son antidépresseur et va moins bien. Est-ce un syndrome de sevrage ? Une rechute dépressive ? Une combinaison des deux ? Les symptômes, leur chronologie, la molécule utilisée et la vitesse de diminution doivent être pris en compte. Réduire toute aggravation après l’arrêt à une rechute est trop simple. Considérer à l’inverse que toute aggravation est un sevrage l’est tout autant. C’est précisément le problème que j’essaie d’aborder dans cette vidéo : distinguer ce qui est démontré, ce qui est plausible et ce qui est parfois affirmé avec beaucoup plus de certitude que ne le permettent les données. Pour aller plus loin : * Pharmaco des troubles bipolaires * Bipolarité : de la violence à la pharmacothérapie * Les études du Tercian This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 9 · 11 min

    Trouble borderline : ce qui compte vraiment pour le diagnostic

    Le trouble de la personnalité borderline ne se résume pas aux sautes d’humeur ou à la peur de l’abandon. Je reprends les critères du DSM, ce qui compte réellement dans le diagnostic et les principaux diagnostics différentiels, notamment le trouble bipolaire et le trouble de stress post-traumatique. Retrouvez moi sur le blog pour plus de contenu : michaelsikorav.com This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 8 · 49 min

    Je suis psychiatre, bipolaire et j’ai failli tout perdre

    Peut-on être psychiatre, bipolaire et TDAH - et pourtant passer des années sans que le bon diagnostic soit posé ? Dans cet entretien, je raconte sans filtre ce que le trouble bipolaire a réellement changé dans ma vie, mes études, mon couple et mon rapport à la psychiatrie.Je reviens sur mes premières dépressions à l’adolescence, l’errance diagnostique, les phases hautes, les traitements qui n’ont pas fonctionné, les idées suicidaires, mais aussi ce qui m’a finalement permis de construire une vie plus stable. On parle également de TDAH adulte, de neuroatypie, de neurodiversité, d’autisme, de diagnostic tardif et de la place prise aujourd’hui par ces concepts dans le débat sur la santé mentale.Pourquoi peut-on déprimer alors que tout va objectivement bien ? À quoi ressemble réellement une décompensation bipolaire ? Que vit le conjoint d’une personne qui n’est pas stabilisée ? Quelle place donner aux médicaments et à la psychothérapie ? Et pourquoi les compétences interpersonnelles restent-elles essentielles même lorsque les symptômes sont contrôlés ? Un échange sur la bipolarité vu des deux côtés du bureau : celui du psychiatre et celui du patient. Retrouvez plus de contenu sur le blog : https://www.michaelsikorav.com This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 7 · 37 min

    Ce que votre psychiatre n’a peut-être pas essayé

    Une dépression dite résistante signifie-t-elle réellement que tout a été essayé ? Dans cette discussion clinique, deux psychiatres examinent les erreurs qui peuvent faire perdre des mois et les options thérapeutiques encore trop souvent oubliées.Nous parlons du bon usage de la quétiapine, du délai nécessaire pour évaluer un antidépresseur, de l’importance de mesurer l’amélioration et de l’intérêt du regard des proches. Nous examinons également les facteurs pouvant entretenir une résistance thérapeutique : carence en fer, troubles thyroïdiens, apnée du sommeil, contraception hormonale, grossesse et ménopause.La deuxième partie est consacrée aux traitements de la dépression résistante : pramipexole, lithium, IMAO, moclobémide, méthylphénidate, benzodiazépines et stratégies de déprescription. Nous expliquons aussi pourquoi une ordonnance toujours plus longue ne signifie pas nécessairement que la prise en charge est meilleure.Le message central est simple : une dépression résistante n’est pas automatiquement une impasse thérapeutique. Un deuxième avis, une évaluation plus précise et une stratégie de psychopharmacologie mieux structurée peuvent faire apparaître des options qui n’avaient pas encore été sérieusement explorées.Cette vidéo est informative et ne remplace pas une consultation médicale. Ne commencez, n’arrêtez et ne modifiez jamais un traitement sans en discuter avec le prescripteur. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 7 · 26 min

    Pourquoi les médicaments psy font grossir

    Pourquoi les psychotropes peuvent faire prendre du poids La prise de poids est l’un des effets indésirables les plus sous-estimés en psychiatrie – en tout cas par les psychiatres. Les patients, eux, n’hésitent pas à arrêter leurs traitements à cause de ça. Antidépresseurs, antipsychotiques, thymorégulateurs, toutes les molécules ou presque peuvent être concernées. Et le mécanisme n’est pas simplement de « manger davantage ». Augmentation de la faim, diminution de la satiété, attirance pour certains aliments, sédation, diminution de l’activité physique, perturbation du sommeil ou effets métaboliques directs peuvent participer à ce qui est parfois une catastrophe pondérale. Je rappelle dans cet article que la Metformine et Mediator ont deux mécanismes très différents. Que faire quand un traitement psychiatrique fait grossir ? Se contenter de dire que les patients doivent manger moins et faire plus de sport est souvent insuffisant. Il faut surveiller précocement l’évolution du poids, rechercher le mécanisme en cause et réévaluer le traitement lorsque la prise de poids devient importante. D’autres stratégies existent également : la metformine a été étudiée pour limiter la prise de poids associée aux psychotropes, et les agonistes du GLP-1 sont de plus en plus utilisés dans cette indication. Le problème n’est donc pas seulement de constater la prise de poids, mais aussi de la prendre en charge – avant qu’elle ne cause l’arrêt d’un traitement efficace, qui ne peut souvent pas être modifié. À lire aussi – la prise de poids et ses traitements Dysrégulation de l’homéostasie glucidique Metformine et exercice : faut-il se méfier ? This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 4 · 28 min

    Comment je prescris la Ritaline en pratique

    Dans cette vidéo, je propose un guide pratique sur la prescription du méthylphénidate dans le TDAH : forme, titration, évaluation de l’efficacité et effets indésirables à surveiller. Comment débuter la Ritaline ou le méthylphénidate dans le TDAH ? Je commence par une faible dose de méthylphénidate, puis j’augmente progressivement selon l’efficacité et la tolérance. Le patient ne doit pas juste se sentir mieux : on doit pouvoir observer qu’il fonctionne mieux. Comment ajuster la dose de méthylphénidate ? La titration dépend de trois choses : est-ce que le traitement fonctionne combien de temps il fonctionne et quels sont effets secondaires Quand c’est possible, un proche est indispensable pour objectiver les changements d’attention, d’impulsivité ou d’irritabilité. À lire aussi : Le méthylphénidate comme outil d’esclavagisme moderne ? Effet rebond, sommeil et appétit Un “psychostimulant” efficace peut avoir une durée d’action insuffisante avec un effet de fin de dose ou un rebond. Sommeil et l’alimentation doivent être surveillés comme le lait sur le feu : une diminution du temps de sommeil peut passer inaperçue si le stimulant masque la fatigue. Ritaline, Concerta, Medikinet, Quasym : quand changer de forme ? Les différentes formulations de méthylphénidate n’ont pas la même pharmacocinétique. Quand une forme est insuffisamment efficace, trop courte ou mal tolérée, la question du switch se pose. La vidéo aborde également les risques psychiatriques, la surveillance cardiovasculaire et la question de l’ECG avant traitement. À lire aussi – la prescription du méthylphénidate Ritaline ou Concerta : pharmacocinétique et durée d’action La Ritaline en pratique This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

  • August 1 · 35 min

    Borderline, le diagnostic qu’on pense incurable

    Voici la vidéo qui a eu le plus de succès sur la chaîne YouTube – après mon témoignage. Le trouble borderline est-il vraiment un diagnostic sexiste ? Est-ce qu’il est aussi incurable qu’on l’imagine ? Dans cette vidéo, on revient sur un trouble psychiatrique très stigmatisé, mais dont le pronostic peut être bien meilleur qu’on ne le croit. Pour parcourir les articles sur le diagnostic et la prise en charge du trouble borderline : Trouble borderline et troubles de la personnalité : diagnostic et prise en charge. Des symptômes à n’en plus finir Je parle du trouble de la personnalité borderline (TPB), de dysrégulation émotionnelle, de peur de l’abandon, d’impulsivité, d’automutilation et de difficultés relationnelles. On aborde également les liens avec le trauma, le TDAH, le trouble bipolaire et le TSPT, ainsi que la place de la thérapie comportementale dialectique, ou TCD/DBT. Pourquoi les relations deviennent-elles parfois aussi explosives ? Pourquoi certains soignants trouvent ces patients difficiles (voire impossibles) à prendre en charge ? Pourquoi le temps améliore souvent les symptômes ? Que faire quand on doit choisir entre préserver l’alliance thérapeutique et hospitaliser un patient suicidaire ?On parle aussi de Marsha Linehan, de DBT, de validation émotionnelle, de rémission, de rétablissement et de la place beaucoup plus limitée des médicaments dans la prise en charge du trouble lui-même. This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe

Showing 1–20 of 31 episodes