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Numérique Autrement

Numérique, autrement

Numérique Autrement est un podcast qui propose des contenus clairs et accessibles pour mieux comprendre et utiliser les technologies du quotidien, de l’intelligence artificielle à la domotique en passant par les smartphones.

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  • 61 episodes
  • daily
  • Avg 7 min
  • French
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  • October 8 · 9 min

    Accessibilité numérique : entre lunettes connectées, visioconférence et intelligence artificielle

    L’accessibilité numérique se joue aujourd’hui bien au-delà des seules fonctions adaptées. Entre les lunettes connectées qui posent de nouvelles questions de vie privée, les outils de visioconférence encore inégalement accessibles et l’intelligence artificielle qui peut aussi bien améliorer qu’aggraver l’expérience utilisateur, de nouveaux équilibres sont à trouver. Dans ce Jeudi de l’accessibilité, on revient sur trois sujets très concrets et sur les ressources à suivre pour aller plus loin. Contenu audio  Sources et ressources  Retrouvez ci-dessous les principales sources, études, inscriptions et ressources mentionnées dans cet article et dans le podcast. Lire la sourceRay-Ban Meta et vie privée Reuters rapporte que la chaîne d’optique Hans Anders a suspendu la vente des Ray-Ban Meta aux Pays-Bas et en Belgique en raison de préoccupations liées à la vie privée. Il s’agit d’une décision du distributeur, et non d’une interdiction européenne. (Reuters) Norvège : projet de restrictions dans certains lieux publics Le gouvernement norvégien prévoit de proposer des restrictions temporaires sur l’utilisation de lunettes connectées équipées de caméras dans certains lieux sensibles, notamment en raison des risques d’enregistrement à l’insu des personnes. Le projet doit encore passer par le processus législatif. (Reuters) https://www.reuters.com/technology/norway-propose-temporary-ban-ai-glasses-some-public-places-2026-10-05/ Appel à participation – Tests d’accessibilité des outils de visioconférenceÉtude sur l’accessibilité des outils de visioconférence La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France coordonne une étude, avec l’Agefiph, le Collectif Français du Handicap Visuel et le soutien du CERTAM de l’Association Valentin Haüy, afin d’évaluer l’accessibilité réelle des principales solutions de visioconférence. Les tests se déroulent jusqu’en novembre 2026. (FAAF) Agenda numérique de Numérique Autrement Retrouvez dans l’Agenda numérique les prochains événements consacrés à l’accessibilité, à l’intelligence artificielle, à la domotique et aux technologies abordées sur Numérique Autrement. Lorsque c’est possible, la page regroupe également les liens de diffusion en direct, les replays et, progressivement, certaines transcriptions ou certains résumés accessibles. Agenda numérique de numérique autrement Transcription du Contenu audiou Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. L’accessibilité numérique ne se résume pas à ajouter un lecteur d’écran, des sous-titres ou une fonction adaptée. Elle pose aussi des questions de vie privée, de sécurité, de qualité des interfaces et surtout de participation des personnes qui utilisent réellement ces technologies. Cette semaine, plusieurs sujets permettent de l’illustrer : le débat autour des lunettes connectées équipées de caméras, un appel à test français sur l’accessibilité des outils de visioconférence, les risques liés à certains contenus générés par intelligence artificielle, mais aussi plusieurs événements consacrés à l’accessibilité numérique, dont WordPress Accessibility Day. Ce sera également l’occasion de rappeler l’existence de l’Agenda numérique de Numérique Autrement, qui rassemble les événements à venir, les directs, les replays et, progressivement, certaines transcriptions et certains résumés. Lunettes connectées : accessibilité et vie privée peuvent-elles coexister ? Les lunettes connectées équipées de caméras deviennent de plus en plus intéressantes pour les personnes aveugles et malvoyantes. Elles peuvent permettre d’obtenir une description de l’environnement, de lire un texte, d’identifier un objet ou de demander une assistance visuelle sans avoir besoin de sortir son téléphone. Mais cette utilité se heurte à une autre question : que deviennent les personnes qui se trouvent autour du porteur ? Aux Pays-Bas et en Belgique, la chaîne d’optique Hans Anders a suspendu la vente des Ray-Ban Meta en raison de préoccupations liées à la vie privée et aux possibilités d’enregistrement. Il s’agit d’une décision du distributeur, et non d’une interdiction européenne ou d’un retrait général des lunettes en France. En Norvège, un autre débat apparaît autour d’un projet visant à restreindre l’utilisation des lunettes équipées de caméras dans certains lieux sensibles. Là encore, il ne s’agit pas d’une interdiction déjà adoptée. Mais certaines exceptions pour des usages socialement utiles ou pour certaines personnes vulnérables sont envisagées. C’est précisément ce qui rend le sujet intéressant pour l’accessibilité. Une caméra portée sur le visage peut servir à enregistrer une vidéo. Mais elle peut aussi permettre à une personne aveugle de lire une affiche, reconnaître un produit ou comprendre rapidement ce qui se trouve devant elle. Une interdiction générale risquerait donc de supprimer certains usages d’assistance très utiles. À l’inverse, l’accessibilité ne peut pas servir à ignorer la vie privée des personnes environnantes. Il faudra probablement trouver un équilibre : mieux informer lorsqu’un enregistrement est réalisé, protéger certains lieux sensibles et, en même temps, distinguer les usages d’assistance des usages classiques d’enregistrement. Les prochaines réglementations autour des lunettes connectées seront donc particulièrement importantes à suivre. Visioconférence : des utilisateurs recherchés pour tester l’accessibilité En France, une étude est actuellement menée sur l’accessibilité des outils de visioconférence. Elle est coordonnée par la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France, avec l’Agefiph, le Collectif Français du Handicap Visuel et le soutien du CERTAM. Les tests doivent se poursuivre jusqu’en novembre 2026. Débutants comme utilisateurs expérimentés peuvent candidater. Une séance dure environ 60 à 90 minutes et les personnes sélectionnées reçoivent des bons cadeaux. Le questionnaire permet notamment d’indiquer le lecteur d’écran ou les autres aides techniques utilisés, ainsi que les éventuels besoins d’aménagement. Cette étude est intéressante parce qu’une plateforme de visioconférence peut paraître accessible sur le papier tout en restant difficile à utiliser dans une véritable réunion. Rejoindre une session, couper son microphone, lever la main, retrouver le chat, identifier la personne qui parle ou accéder à un document partagé sont autant d’actions qui doivent fonctionner correctement avec les technologies d’assistance. Un audit automatique peut détecter certains défauts. Mais il ne permet pas toujours de savoir si une personne aveugle arrive réellement à suivre une réunion sans perdre le fil. Les tests réalisés par de vrais utilisateurs restent donc indispensables. WordPress Accessibility Day : 24 heures consacrées à l’accessibilité du Web Autre rendez-vous important : WordPress Accessibility Day 2026 se déroule les 7 et 8 octobre. Il s’agit d’un événement mondial consacré aux bonnes pratiques d’accessibilité des sites WordPress. La conférence est entièrement en ligne, gratuite, et propose 24 heures de sessions en continu. Les organisateurs annoncent des sous-titres CART ainsi qu’une interprétation en langue des signes américaine. Le programme s’adresse aux développeurs, designers, créateurs de contenus et utilisateurs de WordPress, avec un objectif très clair : rendre les sites utilisables par tout le monde. C’est un événement particulièrement intéressant pour Numérique Autrement, puisque WordPress est au cœur du site et que l’accessibilité éditoriale, la structure des pages, la navigation au clavier et l’usage avec un lecteur d’écran sont des sujets très concrets. Les éditions précédentes ont également publié les présentations avec des transcriptions et des sous-titres. Il faudra donc surveiller les ressources disponibles après cette édition 2026 afin d’identifier les contenus les plus utiles à reprendre ou à résumer. Quand l’intelligence artificielle peut aussi créer de l’inaccessibilité L’intelligence artificielle peut apporter beaucoup à l’accessibilité. Elle peut décrire une image, résumer un document, simplifier un texte ou aider à produire du code. Mais elle peut également créer de nouveaux obstacles lorsqu’un résultat est publié sans vérification humaine. Deux prochains webinaires d’Accessible Web abordent justement ces questions. Le premier, annoncé pour le 22 octobre, s’intéresse au lien entre accessibilité et sécurité. L’objectif est notamment de considérer l’accessibilité comme une composante permanente du fonctionnement d’une équipe, au même titre que la sécurité, plutôt que d’attendre un audit final pour découvrir les problèmes. Un second rendez-vous, prévu le 29 octobre, pose une question encore plus directe : l’intelligence artificielle peut-elle rendre le Web moins accessible ? Parmi les exemples annoncés figurent les textes alternatifs générés automatiquement, le code qui ne fonctionne pas correctement au clavier et les chatbots difficiles à utiliser avec un lecteur d’écran. Prenons simplement les descriptions d’images. Une intelligence artificielle peut produire un texte parfaitement crédible mais décrire un élément qui n’existe pas réellement. Pour une personne voyante, l’erreur peut être évidente. Pour une personne aveugle, ce texte alternatif peut constituer la seule information disponible sur l’image. Le même problème apparaît avec le code généré automatiquement. Une interface peut fonctionner parfaitement avec une souris tout en étant pratiquement inutilisable au clavier ou avec un lecteur d’écran. L’intelligence artificielle peut donc accélérer considérablement la création d’un site ou d’un service, mais elle ne supprime pas la nécessité de tester ce qui est réellement produit. Des événements, mais aussi des replays et des ressources à retrouver Ces rendez-vous illustrent aussi une partie importante de Numérique Autrement : l’Agenda numérique. Cette page permet de retrouver des conférences, webinaires, ateliers et autres événements autour de l’accessibilité, de l’intelligence artificielle, de la domotique et plus largement des technologies abordées sur le site. Les événements à venir y sont regroupés avec leurs principales informations pratiques. Lorsque des liens officiels de diffusion en direct sont disponibles, ils peuvent également y être signalés. Et le suivi ne s’arrête pas lorsque l’événement est terminé. Les replays réellement exploitables sont recherchés afin de permettre de retrouver certaines conférences après leur diffusion. Lorsque le contenu disponible le permet, certaines ressources pourront également être accompagnées progressivement d’une transcription en français, d’un résumé accessible, ou des deux. Cela concernera notamment certains événements disponibles uniquement en anglais ou des conférences dont le contenu peut être difficile à exploiter directement. Ces nouvelles ressources seront annoncées au fur et à mesure de leur disponibilité sur Numérique Autrement. L’objectif est de ne pas simplement annoncer qu’une conférence existe, mais de permettre ensuite à davantage de personnes d’en comprendre réellement le contenu. Penser l’accessibilité avant, pendant et après Les lunettes connectées, les visioconférences, WordPress et les contenus produits par intelligence artificielle semblent appartenir à des domaines différents. Ils posent pourtant une même question : à quel moment pense-t-on aux personnes qui vont réellement utiliser la technologie ? L’accessibilité ne peut pas être simplement ajoutée lorsque tout est terminé. Elle doit intervenir dans la conception, dans les tests, dans les règles entourant les nouveaux usages et dans la manière dont l’information reste accessible après un événement. Les prochains mois apporteront certainement de nouvelles réponses, mais aussi de nouvelles questions. Et c’est précisément ce que nous continuerons à suivre sur Numérique Autrement : non seulement ce que la technologie sait faire, mais la manière dont chacun peut réellement en bénéficier. C’était le Jeudi de l’accessibilité sur Numérique Autrement. À demain pour le tutoriel du vendredi.

  • October 7 · 5 min

    Quand l’IA ne se contente plus de répondre : elle commence à agir

    L’intelligence artificielle ne se contente plus de répondre à nos questions : elle commence à travailler dans la durée, à utiliser plusieurs outils et à réagir à des événements sans attendre une nouvelle demande. Avec les dots, GPT-6.1 Sol, les plugins, MCP et l’arrivée de textGrain, OpenAI pousse encore plus loin cette évolution. Dans ce nouveau Mercredi de l’intelligence artificielle, on s’intéresse à ce que ces systèmes peuvent réellement faire, mais surtout aux limites à poser pour rester maître des actions confiées à l’IA. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Pendant longtemps, utiliser une intelligence artificielle consistait surtout à lui poser une question et à attendre une réponse. Cette logique évolue rapidement. Avec les dots, GPT-6.1 Sol et les nouveaux mécanismes autour des plugins et de MCP, OpenAI pousse ChatGPT vers des usages beaucoup plus continus : travailler dans la durée, utiliser plusieurs outils et réagir à des événements sans attendre forcément une nouvelle demande. La question n’est donc plus seulement : « Que peut répondre l’IA ? » Elle devient aussi : « Qu’est-ce qu’on est prêt à lui laisser faire ? » Les dots : des agents qui travaillent dans la durée OpenAI présente les dots comme des agents toujours actifs auxquels on peut confier une mission dans le temps. Contrairement à une conversation classique, un dot peut recevoir un objectif, utiliser les applications que l’utilisateur a choisi de connecter et continuer son travail depuis son propre environnement dans le cloud. On pourrait par exemple lui demander de suivre l’avancement d’un projet, de surveiller certaines informations ou de préparer régulièrement un état des lieux. L’utilisateur doit cependant définir clairement ce que le dot peut faire seul et ce qui nécessite encore une validation. Pour les personnes aveugles ou malvoyantes, ce type d’agent peut réduire le nombre d’étapes nécessaires pour naviguer entre plusieurs applications. Mais il faut aussi que le résultat reste compréhensible : ce qui a été fait, ce qui a échoué et ce qui demande encore une intervention humaine. Vérifier le résultat, pas seulement les étapes Une collaboration récente entre OpenAI et Ironclad illustre bien cette limite. Les modèles ont été évalués sur des tâches professionnelles complexes comportant plusieurs étapes. Le constat est important : un agent peut effectuer correctement une grande partie du parcours et malgré tout laisser le travail final incomplet. Il peut ouvrir le bon document, retrouver les bonnes informations et remplir plusieurs champs, tout en oubliant une dernière étape essentielle. Plus les agents deviennent autonomes, plus il devient donc nécessaire de vérifier le résultat final plutôt que de considérer qu’une succession d’actions réussies suffit. GPT-6.1 Sol : mieux travailler avec les outils OpenAI présente GPT-6.1 Sol comme une évolution importante pour la programmation agentique, l’utilisation d’un ordinateur et les tâches professionnelles. Le modèle ne cherche pas seulement à améliorer les réponses textuelles. Il est conçu pour mieux raisonner avec plusieurs outils, utiliser des logiciels et enchaîner des opérations. GPT-6.1 Sol est annoncé pour l’API ainsi que pour les offres Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu. L’intérêt apparaît surtout dans les tâches qui dépassent la simple rédaction : retrouver un fichier, modifier une information, enregistrer le changement et vérifier qu’il a réellement été pris en compte. MCP et plugins : quand une application déclenche le travail OpenAI fait également évoluer les connexions entre ChatGPT et les applications. Avec MCP, pour Model Context Protocol, une application connectée peut désormais transmettre un événement capable de déclencher automatiquement une tâche. Prenons un exemple. Une nouvelle demande apparaît dans un outil de gestion de projet. Au lieu d’attendre que l’utilisateur ouvre ChatGPT, le système peut analyser cette demande, consulter les documents associés et préparer une proposition. On passe ainsi d’une automatisation classique : « Si ceci se produit, fais cela. » à une automatisation capable d’intégrer du raisonnement : « Si une nouvelle demande apparaît, analyse-la et prépare ce qu’il faut pour la traiter. » C’est une évolution importante, mais elle pose aussi la question des accès accordés. Consulter un calendrier ne signifie pas nécessairement pouvoir modifier les rendez-vous. Préparer un document ne signifie pas forcément pouvoir l’envoyer. Et pour les utilisateurs de lecteurs d’écran, ces autorisations doivent être non seulement accessibles, mais surtout compréhensibles. textGrain : un filigrane invisible pour les textes OpenAI a également annoncé le 5 octobre l’arrivée progressive de textGrain dans l’Union européenne. Il s’agit d’un filigrane invisible ajouté à certains textes produits par ChatGPT et Codex. Aucune mention visible n’apparaît dans le texte. Le système introduit plutôt un signal statistique dans le choix des mots afin qu’un outil spécialisé puisse tenter de le détecter. Mais ce dispositif a des limites importantes. Les textes courts sont plus difficiles à analyser. Une traduction ou des modifications importantes peuvent perturber la détection. Des faux positifs et des faux négatifs restent possibles. Et surtout, un résultat positif ne permet pas de savoir qui a utilisé ChatGPT, quelle part du texte a été retravaillée par un humain ou si le contenu est exact. Autrement dit, « détecté comme provenant d’une IA » ne signifie pas « preuve absolue ». Cette nuance sera particulièrement importante dans l’éducation, le recrutement ou toute situation où un détecteur pourrait être utilisé pour accuser une personne. De nouveaux usages, mais aussi de nouvelles responsabilités Les dots, GPT-6.1 Sol, MCP et textGrain peuvent sembler très différents. Ils racontent pourtant la même évolution : l’intelligence artificielle quitte progressivement le rôle de simple outil de conversation pour s’intégrer davantage dans nos tâches quotidiennes. Pour l’accessibilité, cette évolution peut réduire beaucoup d’étapes et apporter davantage d’autonomie. Mais plus les systèmes travaillent seuls, plus il faut pouvoir comprendre ce qu’ils font, limiter leurs accès et vérifier leurs résultats. La question des prochains mois sera donc peut-être moins de savoir jusqu’où l’intelligence artificielle peut aller que de déterminer jusqu’où nous voulons réellement la laisser agir. C’était le Mercredi de l’intelligence artificielle sur Numérique Autrement. À demain pour le Jeudi de l’accessibilité.

  • October 6 · 10 min

    Des assistants toujours plus présents… pendant que la 2G disparaît

    Les assistants numériques prennent une place de plus en plus importante dans nos écosystèmes : ils accèdent à nos calendriers, nos courriels et nos fichiers pour nous aider à organiser notre quotidien. Mais au même moment, des technologies plus anciennes disparaissent, comme la 2G d’Orange dans plusieurs départements. Dans ce Mardi des écosystèmes, on s’intéresse donc à ces deux mouvements opposés : des services toujours plus intelligents, et des réseaux historiques qui s’éteignent avec des conséquences très concrètes pour certains équipements. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Les grands écosystèmes numériques évoluent de plus en plus dans la même direction : les assistants ne se contentent plus de répondre à une question. Ils accèdent progressivement à nos calendriers, à nos courriels, à nos fichiers, peuvent préparer des briefs, lancer des tâches ou travailler en arrière-plan. Cette semaine, Meta illustre particulièrement bien cette évolution avec une nouvelle version de Meta AI. Dans le même temps, Apple prépare un renforcement des avertissements lorsque des applications ou des agents demandent accès aux données d’un Mac. Et pendant que les assistants deviennent plus autonomes, une autre transition beaucoup plus discrète avance également : l’arrêt progressif du réseau 2G d’Orange en France. Une évolution qui peut rendre certains anciens téléphones ou équipements connectés inutilisables si rien n’est anticipé. Commençons par Meta AI. La version 292.1.0 de l’application Meta AI met en avant plusieurs fonctions qui rapprochent encore davantage l’assistant d’un véritable outil d’organisation personnelle. Meta évoque notamment la possibilité de créer des tâches et rappels programmés, de générer des briefs quotidiens, de connecter son courrier électronique et son calendrier, d’effectuer des recherches plus approfondies ou encore de produire des présentations, des quiz et des programmes d’entraînement. Le changement est important. Jusqu’à présent, on pouvait surtout considérer Meta AI comme un assistant auquel on posait une question. Avec ce type de fonctions, l’assistant commence à suivre certaines informations dans le temps. Il peut par exemple préparer chaque matin un résumé de ce qui est prévu dans la journée, rappeler une tâche ou utiliser les informations disponibles dans un calendrier pour organiser les priorités. C’est une évolution que l’on retrouve désormais chez plusieurs acteurs. ChatGPT développe également les tâches programmées, l’utilisation de services connectés et des agents capables d’effectuer certaines actions. Gemini travaille de plus en plus avec Gmail, Google Agenda et les autres services Google. Microsoft Copilot s’intègre aux fichiers et aux outils professionnels. Et Muse, chez Meta, pousse encore plus loin cette logique avec des agents capables d’enchaîner certaines tâches. Les écosystèmes commencent donc à converger vers une même idée : l’assistant IA devient progressivement une couche supplémentaire au-dessus de nos applications. Au lieu d’ouvrir successivement le calendrier, les courriels, les tâches et différents services, on pourrait simplement demander : « Qu’est-ce qui est important aujourd’hui ? » « Quels messages nécessitent une réponse ? » « Qu’est-ce que j’ai oublié cette semaine ? » « Prépare-moi un résumé de mes prochains rendez-vous. » Pour les personnes aveugles ou malvoyantes, cette évolution peut être particulièrement intéressante. Accéder à plusieurs applications avec un lecteur d’écran demande parfois beaucoup de navigation. Si un assistant peut rassembler les informations utiles et les restituer clairement à la voix, il peut réduire considérablement le nombre d’étapes nécessaires. Même chose pour certaines personnes ayant des difficultés motrices ou cognitives : demander une information en langage naturel peut être plus simple que naviguer dans plusieurs interfaces. Mais plus un assistant devient pratique, plus il a besoin d’accéder à des données personnelles. Pour préparer un brief, il peut consulter un calendrier. Pour repérer un message important, il peut accéder à une messagerie. Pour travailler sur un document, il peut avoir besoin d’ouvrir des fichiers. Meta indique que certaines fonctions de Meta AI peuvent ainsi utiliser des services connectés, notamment le courrier électronique et le calendrier. Toutes ces possibilités ne sont cependant pas disponibles partout au même moment. Il faut distinguer ce que Meta annonce globalement de ce qui est réellement accessible en France, en français et avec les outils d’accessibilité. La présence d’une fonction dans l’application Meta AI ne signifie pas non plus qu’elle soit automatiquement disponible depuis les lunettes Ray-Ban Meta ou Oakley Meta. Apple s’intéresse justement à la manière dont ces accès sont présentés à l’utilisateur. Sur Mac, l’autorisation « Accès complet au disque » peut donner à une application un accès très large aux données présentes sur l’ordinateur. Avec des agents capables de rechercher, lire ou résumer plusieurs documents, cette autorisation devient particulièrement sensible. Apple prépare donc des avertissements plus explicites afin que l’utilisateur comprenne mieux l’étendue de l’accès demandé. La question n’est plus seulement : « Est-ce que j’autorise cette application ? » Elle devient plutôt : « De quoi cet agent a-t-il réellement besoin pour accomplir cette tâche ? » Retrouver un document nécessite-t-il l’accès à tout le disque ? Une autorisation reste-t-elle active après la tâche ? Peut-on facilement la retirer ? Ces questions vont prendre de plus en plus d’importance à mesure que les assistants s’intègrent aux systèmes. Et du point de vue de l’accessibilité, il ne suffit pas qu’un lecteur d’écran permette d’atteindre les boutons « Autoriser » ou « Refuser ». Il faut aussi que la demande soit formulée clairement, afin que chacun puisse comprendre quelles données seront accessibles et prendre une décision éclairée. Un assistant réellement accessible devrait donc être capable d’expliquer simplement ce qu’il veut consulter, ce qu’il pourra faire et comment reprendre le contrôle. Fin de la 2G Orange : plusieurs dates à retenir Pendant que les grands assistants deviennent plus intelligents, une transition beaucoup moins spectaculaire avance également : l’arrêt du réseau 2G. Orange poursuit actuellement l’extinction progressive de son réseau 2G en France métropolitaine. Le changement peut sembler lointain lorsqu’on utilise un smartphone récent, mais de nombreux équipements plus anciens reposent encore sur cette technologie. Le 22 septembre 2026, Orange a déjà coupé la 2G à Nice. Le 6 octobre 2026, une nouvelle vague concerne 44 départements. Elle touche notamment toute la Bretagne, la Bourgogne-Franche-Comté, la Corse, les Pays de la Loire ainsi que plusieurs départements d’autres régions. Une nouvelle étape importante est prévue le 20 octobre 2026. Elle doit notamment concerner le Rhône, l’Ain, l’Isère, la Loire, la Savoie et la Haute-Savoie, ainsi que plusieurs départements d’Île-de-France, des Hauts-de-France, de Normandie et de Nouvelle-Aquitaine. À cette date, la 2G Orange doit être arrêtée sur la majeure partie de la France métropolitaine. Certaines zones blanches réglementaires bénéficient toutefois d’un calendrier différent, avec une extinction prévue entre le 1er et le 15 décembre 2026. Orange prévoit ensuite l’arrêt de son réseau 3G en 2028. Il faut bien préciser qu’il s’agit du calendrier d’Orange. Les autres opérateurs ne coupent pas nécessairement leurs réseaux exactement aux mêmes dates. Mais pour les utilisateurs concernés, le plus important est surtout de vérifier les équipements avant la coupure. Les anciens téléphones mobiles sont les premiers auxquels on pense. Mais ils ne sont pas les seuls. Certains systèmes de téléassistance peuvent utiliser une carte SIM 2G. C’est également le cas de certaines alarmes, de transmetteurs GSM, d’interphones, de dispositifs de sécurité ou d’anciens objets connectés. Dans une maison, un équipement peut fonctionner parfaitement depuis des années et devenir soudainement incapable de communiquer simplement parce que le réseau qu’il utilise disparaît. Le problème peut être particulièrement important lorsqu’il s’agit d’un dispositif de sécurité ou d’assistance. Une personne âgée ou handicapée peut par exemple utiliser un médaillon de téléassistance qui semble fonctionner normalement. Si la base de téléassistance utilise encore exclusivement la 2G, l’arrêt du réseau peut devenir beaucoup plus qu’un simple problème technique. Même chose pour certaines alarmes qui utilisent une carte SIM comme solution de secours. Le bon réflexe est donc de ne pas attendre le jour de la coupure. Si un équipement utilise une carte SIM et qu’il a plusieurs années, il faut vérifier auprès du fournisseur s’il fonctionne en 4G ou sur un autre réseau encore disponible. Pour la téléassistance, il est préférable de contacter directement l’organisme ou le prestataire. Pour une alarme, il faut vérifier le modèle du transmetteur. Et pour un ancien téléphone, il faut regarder s’il prend réellement en charge la 4G et la voix sur 4G lorsque cela est nécessaire. Cette transition montre bien que l’évolution d’un écosystème ne passe pas toujours par l’arrivée d’une nouvelle fonction spectaculaire. Parfois, elle vient aussi de la disparition progressive d’une ancienne technologie. Et cette disparition peut avoir des conséquences très concrètes. Entre les assistants IA qui demandent accès à davantage de données et les anciens réseaux qui s’éteignent, les écosystèmes numériques évoluent dans deux directions à la fois. D’un côté, ils deviennent plus puissants, plus intégrés et plus capables d’agir. De l’autre, ils obligent régulièrement les utilisateurs à vérifier que leurs appareils, leurs services et leurs habitudes restent compatibles. Dans les deux cas, la même question revient : l’utilisateur reste-t-il réellement maître de son environnement numérique ? Savoir ce qu’un agent peut consulter est aussi important que savoir si un dispositif de téléassistance continuera à fonctionner après l’arrêt d’un réseau. L’innovation ne devrait pas seulement ajouter de nouvelles possibilités. Elle devrait aussi permettre de comprendre ce qui change, d’anticiper les conséquences et de continuer à utiliser ses outils en toute autonomie. C’était le Mardi des écosystèmes sur Numérique Autrement. À demain pour le Mercredi de l’intelligence artificielle.

  • October 5 · 10 min

    La maison connectée commence à décider toute seule : faut-il s’en réjouir ?

    La maison connectée ne se contente plus d’exécuter des scénarios programmés à l’avance. Avec Home Assistant 2026.10, les automatisations, le suivi énergétique et la gestion des équipements deviennent plus lisibles et plus précis. Dans le même temps, Meta explore avec Muse une autre voie : celle d’agents capables d’interpréter une situation et d’agir sur des objets physiques. Une évolution prometteuse, mais qui pose une question essentielle : plus la maison devient autonome, plus il faut comprendre ce qu’elle fait et garder la maîtrise de ses décisions. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. La domotique évolue depuis longtemps autour de capteurs, d’automatisations et de scénarios. Une lumière s’allume lorsqu’un mouvement est détecté, le chauffage se règle selon la température ou les volets se ferment à une certaine heure. Mais deux évolutions récentes montrent que la maison connectée est en train de changer de dimension. D’un côté, Home Assistant continue d’améliorer les outils qui permettent de comprendre et de piloter précisément ce qui se passe dans le logement. De l’autre, Meta commence à explorer une domotique dans laquelle un agent d’intelligence artificielle pourrait interagir avec des objets physiques, des capteurs ou des actionneurs. Deux approches très différentes, mais une même question : jusqu’où peut-on laisser un système agir dans la maison tout en gardant le contrôle ? Commençons par Home Assistant. La version 2026.10 est actuellement en phase bêta. La version stable doit être publiée, comme habituellement, le premier mercredi du mois. Home Assistant rappelle d’ailleurs que cette période bêta sert précisément à tester les nouveautés avant leur déploiement général. Pour une installation domestique principale, mieux vaut donc attendre la version stable plutôt que d’installer cette bêta simplement pour essayer les nouvelles fonctions.  Parmi les améliorations prévues, plusieurs concernent directement l’utilisation quotidienne. L’éditeur d’automatisations évolue encore. Home Assistant cherche depuis plusieurs versions à rendre la création de scénarios plus compréhensible sans obliger l’utilisateur à modifier du code YAML. Dans cette nouvelle version, certaines options liées aux déclencheurs deviennent plus faciles à utiliser directement depuis l’éditeur graphique.  C’est une évolution importante. La puissance de Home Assistant a longtemps été associée à une certaine complexité. Plus l’interface permet de créer simplement des automatisations sans écrire de code, plus le système devient accessible à des personnes qui souhaitent surtout définir des règles très concrètes. Par exemple : si personne n’est présent dans une pièce pendant trente minutes, réduire le chauffage. Ou : si une fenêtre est ouverte alors que le chauffage fonctionne, envoyer une alerte. Ou encore : lorsqu’une personne rentre chez elle, allumer uniquement les lumières nécessaires sur son trajet. Ce type de scénario existe déjà. Ce qui change progressivement, c’est la facilité avec laquelle on peut le configurer. Home Assistant 2026.10 améliore également la page de profil utilisateur. Chaque membre du foyer peut davantage gérer son propre profil sans dépendre systématiquement de l’administrateur.  Cela peut sembler secondaire, mais dans une maison utilisée par plusieurs personnes, cette séparation devient importante. La domotique ne doit pas seulement connaître les appareils. Elle doit aussi pouvoir s’adapter aux personnes. Un utilisateur peut avoir besoin d’annonces vocales plus détaillées. Un autre peut préférer des notifications discrètes. Une personne malvoyante peut vouloir privilégier le retour vocal, alors qu’une autre utilisera surtout les tableaux de bord visuels. Plus les profils deviennent individualisables, plus la maison peut réellement s’adapter à ses habitants. Le tableau de bord Home reçoit également de nouvelles alertes, tandis que les traces des automatisations évoluent pour mieux correspondre à l’éditeur. Les minuteries deviennent aussi plus faciles à contrôler depuis les tableaux de bord.  Mais l’une des nouveautés les plus intéressantes concerne l’énergie. Home Assistant pouvait déjà suivre la consommation électrique, la production solaire et les batteries domestiques. La version 2026.10 ajoute une présentation séparée de la décharge de chaque batterie dans le tableau de bord Énergie.  Pour une installation comprenant plusieurs batteries ou plusieurs équipements de stockage, cela permet de comprendre beaucoup plus précisément ce qui se passe. On peut imaginer suivre séparément une batterie domestique, une solution de stockage associée aux panneaux solaires ou différents systèmes énergétiques. Home Assistant avait déjà amélioré cette partie au cours des versions précédentes, notamment avec l’affichage du niveau de charge des batteries dans le tableau de bord Énergie.  Cette évolution est particulièrement intéressante lorsqu’on cherche à consommer davantage sa propre production solaire. Il ne s’agit plus seulement de savoir combien d’électricité la maison consomme. On peut progressivement comprendre quand elle produit, quand elle stocke, quand elle décharge ses batteries et quels équipements utilisent réellement l’énergie disponible. Pour une personne aveugle ou malvoyante, il reste toutefois une question essentielle : ces nouvelles informations sont-elles correctement exposées au lecteur d’écran ? Ajouter un graphique ou une nouvelle visualisation ne suffit pas. Il faut également que les valeurs importantes soient accessibles sous forme de texte, correctement annoncées et navigables avec VoiceOver, NVDA, JAWS ou TalkBack. C’est justement l’un des points qu’il faudra tester lorsque la version stable sera disponible. Autre évolution : Home Assistant continue de retravailler sa carte utilisant OpenStreetMap, avec notamment des marqueurs et des outils de gestion des zones améliorés.  Là encore, la question de l’accessibilité sera importante. Une carte peut être visuellement très efficace tout en devenant pratiquement inutilisable avec un lecteur d’écran si les mêmes informations ne sont pas disponibles autrement. Home Assistant poursuit donc une évolution assez classique de la domotique : rendre les automatisations, l’énergie et les interfaces plus lisibles et plus faciles à gérer. Mais Meta explore quelque chose de très différent. Avec Muse, Meta ne présente plus seulement une intelligence artificielle capable de discuter ou de répondre à une question. L’entreprise décrit un agent capable d’effectuer des tâches, de travailler avec des applications et de continuer certaines actions en arrière-plan.  Muse peut par exemple être connecté à une messagerie, à un calendrier ou à d’autres services, et Meta le présente comme un système capable d’agir sous la direction de l’utilisateur.  Cette logique commence maintenant à sortir de l’écran. Meta travaille sur des outils permettant aux développeurs de créer des appareils reliés à Muse. L’idée est particulièrement intéressante pour la domotique. Un appareil construit autour d’un microcontrôleur ou d’un petit ordinateur pourrait intégrer des boutons, un écran, des capteurs ou des actionneurs, puis utiliser Muse comme couche d’intelligence. On passe alors d’un assistant qui répond à une question à un agent susceptible d’interagir avec le monde physique. Imaginons un capteur de température associé à un agent. Aujourd’hui, une automatisation classique peut dire : si la température dépasse 25 degrés, fermer les volets. Avec une IA agentique, le système pourrait théoriquement prendre en compte beaucoup plus d’éléments : la température intérieure, la météo, l’heure, la présence des occupants, leurs habitudes et l’état d’autres équipements. Il pourrait ensuite décider d’une action ou proposer une décision à l’utilisateur. C’est précisément là que la distinction entre automatisation et agent devient importante. Une automatisation classique suit une règle déterminée à l’avance. Un agent peut interpréter une situation et choisir une action en fonction d’un objectif. C’est potentiellement beaucoup plus puissant. Mais c’est aussi beaucoup plus difficile à contrôler. Dans une maison connectée, une erreur ne concerne plus seulement une mauvaise réponse affichée sur un écran. Elle peut signifier une lumière allumée au mauvais moment, un chauffage modifié, une porte déverrouillée, un appareil activé ou une information privée transmise à un service extérieur. C’est pourquoi les permissions deviennent centrales. Un agent capable de connaître la température de la maison n’a pas nécessairement besoin de pouvoir ouvrir une serrure. Un agent chargé de gérer un calendrier familial n’a aucune raison d’avoir automatiquement accès aux caméras. Et un système chargé d’optimiser l’énergie ne devrait pas pouvoir contrôler tous les équipements simplement parce qu’ils se trouvent sur le même réseau. Cette logique de permissions existe déjà dans Home Assistant à travers les comptes, les intégrations et les services. Avec les agents IA, elle devra devenir encore plus compréhensible. Il faudra pouvoir savoir très clairement ce qu’un agent peut voir, ce qu’il peut modifier et quelles actions nécessitent une confirmation humaine. Meta insiste de son côté sur le fait que Muse doit fonctionner sous le contrôle de l’utilisateur et que celui-ci décide du niveau d’accès accordé.  Mais entre un principe présenté par le constructeur et l’utilisation réelle dans une maison, il reste beaucoup de choses à observer. Autre point essentiel : cette technologie n’est pas aujourd’hui une solution domotique grand public disponible en France. Muse lui-même reste limité à certains marchés. Meta indique notamment une disponibilité aux États-Unis, au Canada et au Mexique, avec d’autres marchés annoncés pour plus tard.  Il faut donc considérer ces projets comme une direction technologique, pas comme une solution que chacun peut installer aujourd’hui à côté de sa box domotique. Mais cette direction est intéressante. Jusqu’à présent, la maison connectée reposait surtout sur des règles. Demain, elle pourrait également reposer sur des agents capables d’interpréter un objectif. « Réduis ma consommation électrique sans diminuer le confort. » « Prépare la maison avant mon retour. » « Vérifie que tout est éteint avant la nuit. » « Préviens-moi uniquement si quelque chose est réellement inhabituel. » Ce type de demande correspond beaucoup plus naturellement au fonctionnement d’un agent qu’à celui d’une série de scénarios programmés manuellement. Pour les personnes handicapées, l’intérêt potentiel est considérable. Une personne aveugle pourrait demander simplement ce qui se passe dans la maison sans devoir parcourir plusieurs applications. Une personne ayant des difficultés motrices pourrait confier certaines actions répétitives à l’agent. Une personne ayant des difficultés cognitives pourrait utiliser des formulations naturelles plutôt que mémoriser des menus ou des commandes précises. Mais précisément parce que ces systèmes peuvent devenir très utiles, leur accessibilité et leur contrôle doivent être pensés dès le départ. Une maison réellement intelligente ne devrait pas seulement être capable d’agir. Elle devrait aussi être capable d’expliquer ce qu’elle vient de faire. Pourquoi le chauffage a-t-il été baissé ? Pourquoi cette lumière s’est-elle allumée ? Quelle information a déclenché cette action ? Quel service extérieur a été contacté ? Et surtout : comment annuler immédiatement une décision ? C’est peut-être finalement la différence la plus importante entre une maison simplement automatisée et une maison réellement intelligente. L’intelligence ne consiste pas seulement à prendre davantage de décisions. Elle consiste aussi à permettre à l’utilisateur de les comprendre et de rester maître de son environnement. Home Assistant 2026.10 et les expérimentations autour de Muse illustrent deux chemins qui commencent à se rejoindre. Le premier cherche à rendre la maison connectée plus transparente, configurable et mesurable. Le second cherche à donner davantage d’autonomie aux agents d’intelligence artificielle. Entre les deux se trouve probablement une grande partie de la domotique des prochaines années. Et pour Numérique Autrement, la question restera la même : ces technologies rendent-elles réellement la maison plus simple, plus accessible et plus autonome pour ceux qui y vivent ? C’était le Lundi de la domotique sur Numérique Autrement. À demain pour le Mardi des écosystèmes.

  • October 2 · 8 min

    ElevenLabs sur mobile ou sur le Web : quelles différences et quelle formule choisir ?

    Après avoir découvert ElevenReader pour écouter des textes et des documents avec des voix naturelles, ce nouveau tutoriel s’intéresse à ElevenLabs lui-même. Application mobile ou site Web, formules gratuites ou payantes, crédits, clonage vocal, Studio et nouvelles intégrations avec ChatGPT : l’objectif est de comprendre ce que chaque solution permet réellement et quelle offre choisir selon ses besoins. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Après avoir présenté ElevenReader, je voulais cette fois m’intéresser à ElevenLabs lui-même. ElevenReader sert surtout à écouter des textes, des documents ou des livres avec des voix de synthèse naturelles. ElevenLabs va beaucoup plus loin. Le service permet de transformer un texte en audio, de créer ou cloner une voix, de modifier un enregistrement, d’isoler une voix, de produire des contenus longs dans Studio ou encore d’utiliser différents outils audio reposant sur l’intelligence artificielle. Et aujourd’hui, ElevenLabs peut s’utiliser de deux manières principales : depuis son site Web ou depuis son application mobile disponible sur iPhone et Android. Les deux utilisent le même compte et les mêmes crédits, mais elles ne donnent pas accès exactement aux mêmes possibilités. Commençons par l’application mobile. Depuis un smartphone, ElevenLabs permet déjà de faire beaucoup de choses. On peut saisir ou coller un texte, choisir une voix puis générer directement un fichier audio. L’application donne accès aux modèles de synthèse vocale proposés par ElevenLabs, ainsi qu’à la bibliothèque de voix. Elle permet également de créer un clonage vocal instantané, d’utiliser Voice Changer pour transformer une voix enregistrée tout en conservant une partie de son interprétation, ou encore Voice Isolator pour réduire les bruits de fond et mieux isoler la parole. Voice Design permet aussi de créer une voix à partir d’une description. Les voix et les créations sont synchronisées avec le compte ElevenLabs utilisé sur le Web. On peut donc travailler depuis son téléphone puis retrouver ses éléments depuis un ordinateur. C’est particulièrement intéressant lorsqu’on utilise principalement un smartphone. Avec VoiceOver sur iPhone ou TalkBack sur Android, une grande partie de la création audio peut donc être effectuée directement depuis le téléphone, sans devoir obligatoirement passer par un ordinateur. Mais le site Web reste nettement plus complet. Certaines fonctions importantes sont aujourd’hui réservées au Web. C’est notamment le cas de Studio, du clonage vocal professionnel, du doublage avancé, d’Eleven Music et de la plateforme Agents. Studio est particulièrement intéressant pour les contenus longs. Il permet de travailler sur des projets comportant plusieurs parties, d’importer des documents, d’attribuer différentes voix et de produire plus facilement un podcast, un livre audio ou un document sonore complet. Pour une petite génération de quelques paragraphes, l’application mobile peut donc largement suffire. Pour produire régulièrement des articles audio, des podcasts ou des documents longs, le Web reste beaucoup plus adapté. Il faut aussi regarder les différentes formules. L’offre gratuite comprend actuellement 10 000 crédits par mois. Elle donne accès notamment à la synthèse vocale, à la transcription, aux effets sonores, à Voice Design et à Studio, avec une limite de projets plus réduite. La formule Starter coûte 6 dollars par mois et comprend 30 000 crédits. Elle ajoute notamment la licence commerciale, le clonage vocal instantané et davantage de possibilités dans Studio. La formule Creator coûte 22 dollars par mois et comprend 121 000 crédits. Elle ajoute notamment le clonage vocal professionnel ainsi que la possibilité d’acheter de la consommation supplémentaire. La formule Pro coûte 99 dollars par mois et comprend 600 000 crédits, avec des possibilités plus poussées pour les usages intensifs et certaines sorties audio de meilleure qualité. Au-delà, ElevenLabs propose également des formules destinées aux équipes et aux usages professionnels importants. Pour choisir une formule, il ne faut toutefois pas regarder uniquement le nombre de crédits. Il faut surtout se demander ce que l’on veut faire. Pour tester quelques voix ou produire ponctuellement de petits contenus, l’offre gratuite peut déjà permettre de découvrir le service. Pour publier commercialement et utiliser le clonage vocal instantané, Starter devient plus intéressant. Creator vise davantage les créateurs réguliers, notamment grâce au clonage vocal professionnel et à la possibilité d’acheter de la consommation supplémentaire. Le clonage vocal professionnel nécessite d’ailleurs une formule adaptée et concerne uniquement sa propre voix, avec une procédure de vérification. Autre point important : les crédits sont partagés entre les différents produits ElevenLabs. Il n’existe donc pas un quota séparé pour l’application et un autre pour le site Web. Avec le même compte, on retrouve son abonnement, ses voix et ses crédits sur les différents appareils. La consommation dépend ensuite de l’outil et du modèle utilisé. Il faut donc éviter de raisonner uniquement en nombre de caractères, car tous les modèles ne consomment pas nécessairement les crédits de la même manière. Une autre question se pose : vaut-il mieux souscrire depuis l’application mobile ou directement sur le site Web ? Pour une utilisation régulière, je privilégierais personnellement le Web. Lorsque l’abonnement est souscrit depuis l’iPhone, il est géré par Apple. Sur Android, il passe par Google Play. Cela peut être pratique pour gérer facilement son abonnement depuis son téléphone. Mais certaines possibilités de facturation restent plus souples avec un abonnement pris directement chez ElevenLabs. Le système Pay As You Go, qui permet d’acheter de la consommation supplémentaire lorsque les crédits inclus sont épuisés, n’est notamment pas disponible de la même manière pour les abonnements souscrits directement dans l’application. Pour quelqu’un qui sait déjà qu’il utilisera ElevenLabs régulièrement, la souscription Web reste donc généralement la solution la plus flexible. Un point mérite aussi d’être souligné concernant le service client. Après l’essai d’ElevenReader, l’abonnement a été annulé avant facturation, principalement parce que le prix paraissait trop élevé pour l’usage prévu. Quelques jours plus tard, une personne de l’équipe ElevenLabs a pris contact en anglais pour demander ce qui avait motivé cette décision. Après explication, 20 heures d’écoute supplémentaires ont été offertes sur le compte. Cela ne change évidemment pas le prix de l’abonnement, mais cette expérience donne une bonne impression du support, qui s’est montré attentif et réactif. Les échanges se font en anglais, ce qui peut demander un petit effort supplémentaire, mais le suivi a été personnalisé. Une évolution récente mérite également d’être signalée : ElevenLabs propose désormais une intégration reposant sur le protocole MCP, Model Context Protocol. Dans les environnements ChatGPT compatibles, cela peut permettre de demander directement à ChatGPT de lancer certaines créations dans ElevenLabs ou ElevenCreative, sans devoir passer manuellement par le site à chaque étape. On peut par exemple imaginer demander à l’assistant de générer une voix, lancer une transcription, préparer un doublage ou déclencher d’autres productions proposées par l’espace ElevenCreative. Mais cette possibilité dépend encore du type de compte ChatGPT et du déploiement des fonctions MCP. Les capacités les plus complètes, notamment lorsqu’il s’agit d’effectuer des actions d’écriture ou de création dans des services connectés, concernent surtout certains environnements professionnels ou développeurs. Pour les utilisateurs Plus, il ne faut donc pas encore présenter cette intégration comme disponible de manière générale. C’est malgré tout une évolution intéressante, car elle montre la direction prise par ElevenLabs : moins d’allers-retours entre les outils, et davantage de création directement depuis l’assistant IA. L’application et le site ne sont finalement pas vraiment concurrents. Ils sont complémentaires. L’application mobile est très pratique pour créer rapidement une voix off, tester une voix, générer un petit fichier audio ou travailler directement depuis son smartphone. Le Web prend l’avantage dès qu’un projet devient plus complexe : contenu long, Studio, clonage professionnel, doublage, musique ou agents. Et du point de vue de l’accessibilité, cette complémentarité est intéressante. Une personne aveugle ou malvoyante peut réaliser une grande partie des opérations depuis son smartphone avec son lecteur d’écran, tout en gardant la possibilité de passer au Web lorsque les besoins deviennent plus avancés. Alors, quelle formule choisir ? Pour découvrir ElevenLabs, commencez par l’offre gratuite. Pour publier des contenus commerciaux et utiliser le clonage vocal instantané, Starter peut suffire. Pour produire régulièrement des podcasts, des articles audio ou utiliser un clonage vocal professionnel, Creator devient beaucoup plus pertinent. Et pour les usages très intensifs ou nécessitant une meilleure qualité de sortie, Pro et les formules supérieures prennent le relais. Le plus important reste donc de choisir non pas l’offre la plus chère, mais celle qui correspond réellement à son usage. C’était le Vendredi Tuto sur Numérique Autrement.

  • October 1 · 7 min

    Livre numérique accessible : que change réellement l’accessibilité pour les lecteurs ?

    Dans ce nouveau Jeudi de l’accessibilité, on s’intéresse au livre numérique accessible : structure des fichiers, navigation avec un lecteur d’écran, personnalisation de l’affichage et nouvelles exigences européennes. Un sujet très concret pour comprendre ce qui fait réellement la différence entre un livre simplement numérique et un livre vraiment accessible. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Hier, AccessibleEU et l’European Blind Union ont réuni éditeurs, bibliothèques, spécialistes de l’accessibilité et associations autour d’une même question : comment construire un véritable écosystème du livre accessible en Europe ? L’événement, intitulé « Building an Accessible Book Ecosystem », s’est tenu le 30 septembre 2026. Il était consacré notamment à l’édition numérique accessible, aux fichiers EPUB, aux outils de validation et à l’application des nouvelles exigences européennes d’accessibilité. À l’heure où je prépare cet épisode, toutes les synthèses, présentations et ressources annoncées après l’événement ne sont pas encore disponibles. Numérique Autrement surveille leur publication ainsi que les éventuels replays, et cet article sera mis à jour si de nouveaux éléments utiles sont rendus publics. Mais ce rendez-vous permet déjà de revenir sur une question essentielle : qu’est-ce qu’un livre numérique réellement accessible ? Parce qu’un fichier numérique n’est pas automatiquement accessible simplement parce qu’il est dématérialisé. On pourrait croire qu’un livre au format EPUB ou PDF est forcément plus simple à utiliser qu’un livre papier pour une personne aveugle ou malvoyante. En réalité, tout dépend de la manière dont il a été conçu. Pour une personne utilisant VoiceOver, JAWS, NVDA ou une plage braille, un livre accessible doit d’abord posséder une structure claire. Les titres doivent être correctement identifiés. Les chapitres doivent pouvoir être parcourus facilement. La table des matières doit être exploitable. Les paragraphes, listes, notes et autres éléments doivent être correctement balisés. Si cette structure n’existe pas, le lecteur d’écran peut lire le texte, mais la navigation devient beaucoup plus difficile. Et lire un livre de plusieurs centaines de pages sans pouvoir passer rapidement d’un chapitre à un autre, retrouver une section ou accéder directement à une note peut devenir très pénible. L’accessibilité concerne également les images. Lorsqu’une illustration, un schéma ou une photographie apporte une information importante, cette information doit pouvoir être restituée autrement, par exemple à l’aide d’une description textuelle pertinente. Mais toutes les images n’ont pas besoin d’une longue description. Un élément purement décoratif ne devrait pas interrompre inutilement la lecture. L’enjeu est donc de donner la bonne information au bon moment. Le confort visuel compte également. Pour une personne malvoyante, il peut être essentiel de pouvoir agrandir le texte, modifier la taille des caractères, augmenter les contrastes, changer la police ou ajuster l’espacement entre les lignes. Un fichier numérique accessible doit permettre ces adaptations sans casser la mise en page ou rendre certaines parties illisibles. C’est là que le format EPUB présente un réel intérêt. Contrairement à un document figé, un EPUB bien conçu peut s’adapter à l’écran, aux préférences de lecture et aux technologies d’assistance de l’utilisateur. Mais encore faut-il qu’il soit correctement produit. Un fichier EPUB mal structuré peut être presque aussi compliqué à utiliser qu’un document PDF mal balisé. Et c’est précisément pour cela que les outils de validation prennent de plus en plus d’importance. Les éditeurs peuvent tester leurs fichiers afin de vérifier qu’ils respectent certaines règles techniques d’accessibilité. Mais là encore, un test automatique ne suffit pas toujours. Un outil peut confirmer qu’un fichier possède des titres, une table des matières et des descriptions d’images. Cela ne garantit pas forcément que la navigation soit réellement confortable ou que les descriptions soient utiles. L’intervention humaine reste donc indispensable. Il faut tester les livres avec les technologies réellement utilisées par les lecteurs. Par exemple avec VoiceOver sur iPhone ou iPad, avec JAWS ou NVDA sous Windows, avec une plage braille ou avec différents réglages d’affichage. L’European Accessibility Act, entré en application dans l’Union européenne, donne désormais encore plus d’importance à ces questions. Le texte impose des exigences d’accessibilité à plusieurs catégories de produits et services numériques, dont les livres numériques et certains services associés. Cela signifie que l’accessibilité n’est plus seulement une bonne pratique ou une démarche volontaire. Elle entre de plus en plus dans les obligations que doivent prendre en compte les acteurs du secteur. Mais une obligation réglementaire ne suffit pas à elle seule à garantir une bonne expérience. Un fichier peut respecter certaines exigences techniques tout en restant compliqué à utiliser. C’est pourquoi il est important de conserver une approche centrée sur les usages réels. Pour une personne aveugle, la question pourrait être : est-ce que je peux parcourir les chapitres facilement avec mon lecteur d’écran ? Pour une personne malvoyante : est-ce que je peux agrandir le texte sans perdre des informations ? Pour une personne dyslexique : est-ce que je peux modifier la présentation du texte pour faciliter la lecture ? Pour une personne ayant des difficultés motrices : est-ce que l’application de lecture peut être utilisée avec les dispositifs de commande dont elle dispose ? Et pour une personne ayant des difficultés cognitives : est-ce que la structure du document est suffisamment claire pour faciliter la compréhension ? L’accessibilité du livre numérique ne concerne donc pas uniquement le handicap visuel. Mais le handicap visuel reste un très bon révélateur. Lorsqu’un livre est réellement utilisable avec un lecteur d’écran et une plage braille, cela montre souvent que sa structure numérique a été correctement pensée. Il existe également un autre enjeu : celui de l’accès aux ouvrages eux-mêmes. Un livre parfaitement accessible ne sert à rien si le lecteur ne peut pas le trouver, l’acheter, l’emprunter ou l’ouvrir dans une application compatible avec sa technologie d’assistance. L’écosystème complet compte donc autant que le fichier. Cela concerne les boutiques en ligne, les bibliothèques numériques, les applications de lecture, les systèmes de protection des fichiers et les informations d’accessibilité proposées avant l’achat. Idéalement, un lecteur devrait pouvoir savoir avant de télécharger un livre s’il possède une table des matières structurée, des descriptions d’images, une navigation adaptée ou des possibilités de personnalisation. Ces informations d’accessibilité deviennent progressivement un élément important de l’édition numérique. Le traité de Marrakech joue également un rôle dans cet écosystème. Il facilite la production et l’échange de versions accessibles d’œuvres protégées pour les personnes aveugles, malvoyantes ou rencontrant certaines difficultés de lecture des textes imprimés. Mais l’objectif à long terme reste évidemment de produire davantage de livres accessibles dès leur publication. C’est ce que l’on appelle souvent l’accessibilité native. Plutôt que de devoir transformer ensuite un ouvrage inaccessible, on cherche à le concevoir correctement dès le départ. Et c’est probablement l’un des enjeux les plus importants des prochaines années. Plus l’accessibilité est intégrée tôt dans la chaîne de production, moins elle devient coûteuse et compliquée à ajouter ensuite. Pour les lecteurs, cela signifie aussi davantage d’autonomie. Ne plus devoir attendre qu’une version adaptée soit spécialement produite. Pouvoir acheter ou emprunter le même livre que tout le monde. Et pouvoir le lire avec l’outil de son choix. C’est finalement cela, l’objectif d’un véritable écosystème du livre accessible. Pas seulement produire quelques fichiers conformes. Mais permettre à chacun de choisir un livre, de l’obtenir et de le lire dans des conditions adaptées à ses besoins. L’événement organisé hier par AccessibleEU et l’European Blind Union montre que cette question est désormais prise en compte à l’échelle européenne. Nous attendons maintenant les éventuelles synthèses, présentations, ressources et replays qui permettront d’aller plus loin dans les conclusions de cette rencontre. Numérique Autrement les surveille et cet article sera mis à jour lorsque de nouveaux éléments suffisamment utiles seront disponibles. En attendant, la question la plus simple reste peut-être la meilleure : un livre numérique est-il réellement accessible si l’on ne peut pas le lire, le parcourir et le comprendre de la manière qui nous convient ? C’était le Jeudi de l’accessibilité sur Numérique Autrement. À demain pour le tutoriel du vendredi, consacré cette fois à ElevenLabs : après avoir découvert ElevenReader, nous verrons ce que permet le service ElevenLabs, les différences entre l’application mobile et le Web, et comment choisir l’offre adaptée à ses besoins.

  • September 30 · 8 min

    Les agents IA deviennent plus puissants : qui les empêche de dépasser les limites ?

    Dans ce nouvel épisode de Numérique Autrement, on s’intéresse à une question qui devient centrale avec l’arrivée des agents IA : que se passe-t-il lorsqu’une intelligence artificielle ne se contente plus de répondre, mais commence réellement à agir ? Entre incidents de sécurité, permissions, contrôle externe et nouveaux agents capables de travailler dans la durée, il devient essentiel de comprendre qui fixe les limites… et qui peut les faire respecter. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Pendant longtemps, lorsqu’on parlait d’intelligence artificielle, on pensait surtout à un outil capable de répondre à une question, rédiger un texte ou résumer un document. Mais les choses changent. Les nouveaux agents IA peuvent utiliser des outils, ouvrir des fichiers, lancer des recherches, exécuter du code ou accomplir plusieurs étapes presque seuls. Et forcément, une nouvelle question apparaît : que se passe-t-il lorsqu’un agent fait quelque chose qu’on ne lui avait pas demandé de faire ? Un incident récent chez OpenAI permet de comprendre très concrètement le problème. Lors d’un exercice interne, un modèle de recherche évoluait dans un environnement qui devait normalement être isolé d’Internet. Le modèle a pourtant identifié une faiblesse dans le filtrage DNS et a réussi à l’utiliser pour interroger un chatbot public extérieur à son environnement de test. Autrement dit, l’agent a trouvé un chemin technique permettant de contourner une limite qui devait normalement l’empêcher d’accéder à Internet. Le comportement a été détecté rapidement. Une intervention humaine a suivi quelques minutes plus tard, mais l’exécution complète n’a été stoppée qu’environ deux heures et demie après le début de l’incident. OpenAI indique avoir renforcé ses protections et suspendu temporairement certaines utilisations avec outils de ses modèles les plus capables pendant la mise en place de nouvelles mesures de sécurité. Cet épisode montre une différence importante entre un chatbot et un agent. Un chatbot produit principalement une réponse. Un agent, lui, peut agir. Et dès qu’un système peut agir, les erreurs ne restent plus forcément confinées dans une fenêtre de conversation. On retrouve une situation comparable dans un autre test mené autour de Gemini. Lors d’une expérimentation, un système a atteint accidentellement les infrastructures de trois entreprises réelles alors qu’il devait travailler dans un environnement simulé. Le problème venait notamment de l’isolation de l’environnement, de certaines collisions entre des noms utilisés dans le scénario et des ressources existantes, ainsi que d’identifiants permettant finalement d’atteindre Internet. Le test a été interrompu lorsque les équipes ont compris que le système n’évoluait plus uniquement dans un environnement fictif. Dans ces deux exemples, il ne s’agit pas d’une intelligence artificielle qui aurait décidé de « s’échapper ». Le problème est beaucoup plus concret. Un agent reçoit un objectif. Il cherche ensuite un moyen de l’atteindre. Et s’il découvre un chemin techniquement possible, il peut parfois l’emprunter alors que les concepteurs ne l’avaient pas prévu. C’est précisément pour ce type de situation que Nvidia vient de présenter son Open Agent Safety Platform. Le principe est intéressant : la sécurité ne doit pas reposer uniquement sur le modèle que l’on cherche à contrôler. OpenShell doit permettre de définir les permissions et les actions autorisées pendant l’exécution d’un agent. Sentry doit de son côté assurer une surveillance indépendante et pouvoir isoler un agent lorsqu’il dépasse certaines limites. Autrement dit, les règles de sécurité sont placées autant que possible à l’extérieur de l’intelligence artificielle. C’est une idée importante. Si l’on demande à un système de respecter lui-même toutes ses limites, on dépend aussi de sa capacité à comprendre et à appliquer correctement ces règles. Avec un mécanisme extérieur, certaines actions peuvent tout simplement être techniquement interdites. Cela nous amène directement à la question des permissions. Prenons un agent auquel on donne accès à nos fichiers. Peut-il seulement les lire ? Peut-il les modifier ? Peut-il les supprimer ? Peut-il envoyer un document ? Peut-il accéder à Internet ? Et peut-il lui-même modifier les règles déterminant ce qu’il a le droit de faire ? Ces questions vont devenir de plus en plus importantes à mesure que les agents entreront dans nos ordinateurs et nos services en ligne. Un autre dossier que nous suivons, surnommé Plugin4Shell, illustre également ce problème. Des travaux de sécurité ont étudié les risques liés à des environnements comme Claude Code, Codex, Gemini CLI ou GitHub Copilot. L’enjeu dépasse une vulnérabilité particulière. Plus un agent peut utiliser d’extensions, de plugins, d’outils ou de services extérieurs, plus le nombre de points à sécuriser augmente. Un agent parfaitement protégé peut malgré tout devenir vulnérable si l’un des outils auquel il fait confiance est mal configuré ou compromis. Il faut donc évaluer non seulement le modèle, mais tout ce qui l’entoure. Cette évolution change aussi la manière dont les entreprises doivent parler de la sécurité de leurs modèles. OpenAI travaille notamment à mieux documenter certains comportements problématiques rencontrés pendant les évaluations. Pendant longtemps, on comparait surtout les intelligences artificielles sur leurs performances : raisonnement, programmation, mathématiques ou compréhension de documents. Avec les agents, il faut désormais documenter aussi leurs échecs. Qu’ont-ils tenté de faire ? Quelles limites ont-ils franchies ? Comment le problème a-t-il été détecté ? Et quelles protections ont été ajoutées ensuite ? Mais cela soulève une autre question : qui vérifie ces résultats ? Les entreprises conçoivent les modèles, réalisent une partie importante de leurs évaluations et publient ensuite leurs propres conclusions. Cela ne signifie pas que ces résultats sont faux. Mais c’est l’une des raisons pour lesquelles les évaluateurs indépendants deviennent importants. Des équipes extérieures peuvent tester les modèles avec d’autres scénarios, chercher des comportements qui n’avaient pas été prévus et vérifier si les mécanismes de protection fonctionnent réellement. La question se pose également pour les autorisations présentées directement à l’utilisateur. Meta travaille par exemple sur Muse et sur différents systèmes d’agents. Si un agent indique : « J’ai besoin d’accéder à vos fichiers pour effectuer cette tâche », encore faut-il que cette explication corresponde réellement aux droits qui vont lui être accordés. Une autorisation ne doit pas seulement être techniquement correcte. Elle doit être compréhensible. Et pour les personnes utilisant un lecteur d’écran, elle doit évidemment être accessible. Les autorisations doivent pouvoir être parcourues avec VoiceOver, JAWS, NVDA ou TalkBack. L’historique des actions doit être lisible. Il faut pouvoir comprendre ce que l’agent est en train de faire et, surtout, pouvoir l’arrêter facilement. Un système de contrôle inaccessible n’est pas réellement un système de contrôle pour tous. Pendant ce temps, les modèles continuent de progresser. Anthropic vient par exemple de présenter Claude Sonnet 5.5. L’entreprise annonce une génération plus rapide que Sonnet 5 et une meilleure efficacité dans l’utilisation des tokens pour certaines tâches. Le prix de chaque token ne baisse pas : l’économie éventuellement obtenue vient du fait que certaines tâches pourraient nécessiter moins de tokens. Cela montre bien le paradoxe actuel. Les modèles deviennent plus rapides et capables d’accomplir davantage de choses. Dans le même temps, les entreprises développent de nouvelles protections pour mieux encadrer ce qu’ils peuvent faire. Et depuis la préparation de cet épisode, OpenAI a également dévoilé plusieurs nouveautés importantes lors de son DevDay. Parmi elles, Dots, une nouvelle catégorie d’agents conçus pour poursuivre des objectifs dans le temps plutôt que répondre uniquement à une demande ponctuelle. OpenAI a aussi annoncé GPT-6.1 Sol, orienté notamment vers le travail agentique, l’utilisation d’ordinateur et les tâches professionnelles. Enfin, de nouvelles possibilités apparaissent pour créer et héberger des plugins reposant sur des serveurs MCP afin de les réutiliser directement dans ChatGPT. Je reviendrai plus en détail sur ces trois annonces dans un prochain Mercredi de l’intelligence artificielle, car elles posent justement toutes la même question que les sujets d’aujourd’hui : plus une intelligence artificielle peut agir, plus il devient important de savoir ce qu’on lui autorise à faire. Nous entrons donc dans une nouvelle étape. La question n’est plus seulement : « Est-ce que cette intelligence artificielle donne une bonne réponse ? » Il faut maintenant aussi demander : À quoi a-t-elle accès ? Qu’a-t-elle le droit de faire ? Qui surveille ses actions ? Et comment l’utilisateur peut-il reprendre la main ? Parce qu’un agent réellement utile ne doit pas seulement être intelligent. Il doit aussi rester prévisible, contrôlable et compréhensible. C’était le Mercredi de l’intelligence artificielle sur Numérique Autrement. À demain pour le Jeudi de l’accessibilité.

  • September 29 · 8 min

    L’IA ne répond plus seulement : elle commence à agir

    Dans ce nouvel épisode de Numérique Autrement, on s’intéresse à une évolution majeure de l’intelligence artificielle : elle ne se contente plus de répondre à nos questions, elle commence à agir. Microsoft, Meta et Qualcomm préparent chacun des agents capables de travailler avec nos fichiers, nos applications ou directement sur nos appareils. Mais plus ces outils gagnent en autonomie, plus une question devient essentielle : comment garder le contrôle, comprendre ce qu’ils font et s’assurer qu’ils restent réellement accessibles ? Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Pour ce Mardi des écosystèmes, je vous propose de regarder une évolution qui devient de plus en plus visible : l’intelligence artificielle ne se contente plus de répondre à nos questions. Les grands acteurs du numérique veulent désormais lui confier des tâches, lui donner accès à des outils, à des fichiers, à des services et parfois la laisser travailler dans la durée. Microsoft, Meta et Qualcomm avancent chacun dans cette direction, mais avec des approches différentes. On commence par Microsoft. L’entreprise a récemment présenté plusieurs évolutions autour de Copilot avec trois noms à retenir : Home, Code et Autopilot. Home doit devenir une sorte de point central pour retrouver la conversation avec Copilot, travailler sur des documents et déléguer certaines tâches. L’idée est de ne plus utiliser l’intelligence artificielle seulement comme une fenêtre dans laquelle on pose une question, mais comme un espace capable de travailler avec les outils déjà présents dans l’écosystème Microsoft. Cela peut concerner Word, Excel, PowerPoint ou encore certaines fonctions de travail délégué. Microsoft présente également Code. Ici, le principe est différent : il s’agit de permettre à l’utilisateur de décrire en langage naturel ce qu’il souhaite créer. Par exemple, demander un petit outil, un tableau de bord ou une automatisation sans avoir forcément à écrire tout le code soi-même. Enfin, il y a Autopilot, auparavant connu sous le nom de Scout. Microsoft le présente comme un agent capable de poursuivre des tâches dans le cloud et de revenir régulièrement sur certaines actions. C’est probablement cette partie qui soulève le plus de questions. Car dès qu’un agent commence à travailler seul, il faut savoir précisément à quoi il a accès. Peut-il ouvrir des fichiers ? Peut-il modifier un document ? Peut-il envoyer quelque chose ? Peut-il agir sur un compte ou lancer une automatisation sans validation supplémentaire ? Et surtout : l’utilisateur peut-il facilement comprendre ce que l’agent a fait ? Pour Numérique Autrement, cette question est particulièrement importante. Une personne utilisant JAWS, NVDA ou VoiceOver doit pouvoir consulter les autorisations données à l’agent, comprendre ce qu’il est en train de faire et reprendre la main facilement. Une interface très performante visuellement mais difficile à parcourir avec un lecteur d’écran peut rapidement transformer un outil d’automatisation en nouvelle source de dépendance. Il faut également rester prudent sur la disponibilité. Home et Code doivent d’abord passer par des programmes d’expérimentation ou des accès limités, tandis qu’Autopilot doit encore élargir progressivement son aperçu. Il ne faut donc pas les présenter comme des fonctions déjà disponibles pour tous les utilisateurs français. Et il faudra aussi regarder la question du coût. Certaines fonctions d’agents peuvent relever d’une facturation spécifique ou à l’usage. Avoir Microsoft 365 ne signifie donc pas automatiquement que toutes ces nouvelles possibilités seront incluses sans supplément. Ce qui est intéressant, c’est que Microsoft n’est pas seul à vouloir construire un écosystème d’agents. Meta vient lui aussi d’annoncer une nouvelle orientation professionnelle avec Meta Enterprise Platform. Cette offre doit notamment réunir Muse, Meta Business Agent, Muse API et Muse Code. Là encore, l’objectif dépasse le simple chatbot. Meta veut proposer des agents capables de travailler avec des outils, des entreprises et des développeurs. Muse pourrait ainsi prendre une place plus importante dans l’écosystème Meta, au-delà des lunettes ou des usages personnels. Meta Business Agent vise davantage les interactions entre entreprises et utilisateurs. Muse API doit permettre aux développeurs d’intégrer certaines capacités dans leurs propres services. Et Muse Code s’inscrit dans la même tendance que l’on observe chez Microsoft : utiliser l’intelligence artificielle pour produire ou modifier du code à partir d’instructions en langage naturel. Pour une petite entreprise ou une association, l’idée peut sembler séduisante. On peut imaginer un agent capable de répondre à certaines demandes, organiser des informations, préparer du contenu ou automatiser une partie du travail administratif. Mais les mêmes questions reviennent immédiatement. Combien cela coûtera-t-il ? Quelles données l’agent pourra-t-il consulter ? Comment les autorisations seront-elles présentées ? Les interfaces seront-elles utilisables avec les lecteurs d’écran ? Et surtout, quelles fonctions seront réellement disponibles en France ? Pour l’instant, Meta ne donne pas suffisamment d’éléments pour répondre précisément à toutes ces questions. Il s’agit donc d’une annonce stratégique importante, mais pas encore d’un service que l’on peut considérer comme disponible pour toutes les petites structures françaises. Cette évolution des agents passe aussi par le matériel. Et c’est là que Qualcomm entre en jeu. Lors du Snapdragon Summit, Qualcomm a présenté plusieurs démonstrations d’intelligence artificielle fonctionnant directement sur les PC. Parmi les exemples montrés, un agent pouvait rechercher des éléments dans une photothèque. Une autre démonstration concernait la transcription d’un podcast avec détection de problèmes de qualité audio. Qualcomm a également montré des usages autour de la détection de deepfakes pendant une visioconférence. L’intérêt ici est de déplacer une partie du traitement directement sur l’ordinateur. Aujourd’hui, beaucoup de fonctions d’intelligence artificielle nécessitent encore l’envoi de données vers des serveurs distants. Mais si davantage de traitements peuvent être réalisés localement, cela peut apporter plusieurs avantages. Les réponses peuvent être plus rapides. Certaines données peuvent rester sur l’appareil. Et certaines fonctions peuvent continuer à fonctionner avec une connexion limitée. Pour la confidentialité, c’est particulièrement intéressant. Un document personnel, une photo ou un enregistrement audio n’a pas forcément besoin d’être envoyé intégralement vers un serveur pour être analysé. Microsoft accompagne justement cette évolution avec de nouvelles Surface équipées de processeurs Snapdragon X2 Plus. Là encore, il ne faut pas confondre le potentiel de la plateforme avec les fonctions réellement disponibles sur chaque ordinateur. Une démonstration présentée par Qualcomm ne signifie pas qu’elle sera automatiquement présente sur tous les PC Snapdragon. Mais la direction est claire. Les constructeurs ne cherchent plus seulement à mettre davantage d’intelligence artificielle dans le cloud. Ils veulent aussi déplacer une partie de cette intelligence directement dans nos appareils. Et finalement, Microsoft, Meta et Qualcomm travaillent tous autour de la même idée. L’intelligence artificielle devient progressivement une couche supplémentaire de nos écosystèmes numériques. Elle peut travailler avec nos documents, nos applications, nos fichiers, nos comptes et nos appareils. Cela peut simplifier énormément certaines tâches. Mais plus l’IA obtient de possibilités d’action, plus les questions de contrôle deviennent importantes. Il ne suffit pas qu’un agent sache effectuer une tâche. Il faut aussi que l’utilisateur sache ce qu’il fait, pourquoi il le fait, à quelles données il accède et comment l’arrêter. Et pour les personnes utilisant des technologies d’assistance, il faudra vérifier une chose essentielle : que ce nouveau monde d’agents ne soit pas simplement puissant, mais également accessible. C’était le Mardi des écosystèmes sur Numérique Autrement. À demain pour le Mercredi de l’intelligence artificielle.

  • September 28 · 6 min

    Lundi de la domotique du 28 septembre 2026 

    Dans ce nouveau Lundi de la domotique, on s’intéresse à une maison connectée qui ne se contente plus de détecter une présence, mais qui cherche à comprendre plus finement où l’on se trouve et comment adapter l’environnement. Au programme : le nouveau capteur Aqara FP400, des éclairages Govee compatibles Matter et les composants qui préparent les futurs objets connectés. Avec toujours la même question en toile de fond : la domotique devient-elle réellement plus simple, plus autonome et plus utile au quotidien ? Tu Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Pour ce Lundi de la domotique, je vous propose de partir d’une question très simple : jusqu’où une maison connectée peut-elle aller pour comprendre ce qui se passe réellement dans une pièce ? On connaît déjà les détecteurs de mouvement classiques. Ils savent repérer qu’une personne passe devant eux, mais ils ont leurs limites. Si quelqu’un reste assis sans bouger, ils peuvent parfois considérer que la pièce est vide. Et ils ne savent pas forcément où se trouve précisément la personne. C’est justement ce que cherche à améliorer Aqara avec son nouveau Spatial Multi-Sensor FP400. Le FP400 utilise un radar à ondes millimétriques de 60 GHz. Il ne possède pas de caméra, ce qui permet de détecter une présence et des déplacements sans capturer d’image. Aqara annonce également un suivi de plusieurs personnes, jusqu’à huit zones personnalisables dans une pièce et des automatisations plus fines selon l’endroit où l’on se trouve. Concrètement, cela change beaucoup de choses. On peut imaginer une pièce dans laquelle la lumière près du canapé s’allume uniquement lorsque quelqu’un s’y installe, tandis qu’une autre zone déclenche un éclairage différent près d’un bureau. On peut aussi éviter qu’une lumière ou un chauffage se coupe simplement parce qu’une personne reste immobile. Et surtout, la maison ne se contente plus de répondre à la question « quelqu’un est-il présent ? ». Elle commence à répondre à une autre question : « où se trouve cette personne dans la pièce ? » Pour une personne aveugle ou ayant des difficultés de mobilité, ce type d’automatisation peut avoir un intérêt très concret. Moins il est nécessaire de manipuler une application, chercher un interrupteur ou sortir son téléphone, plus la maison peut devenir réellement autonome. On peut imaginer un éclairage qui s’adapte automatiquement, une ventilation qui se déclenche dans la zone occupée, ou encore certaines informations ou commandes qui deviennent disponibles selon l’endroit où l’on se trouve. Le FP400 est également intéressant parce qu’il ne reste pas limité à l’écosystème Aqara. Il prend en charge Zigbee ainsi que Matter via Thread. Avec un équipement compatible, certaines de ses fonctions peuvent donc être partagées avec d’autres plateformes domotiques. Aqara précise toutefois que les fonctions les plus avancées restent accessibles dans son propre environnement, notamment la configuration complète des zones et certains réglages détaillés. C’est un point important à retenir avec Matter. Matter facilite la compatibilité entre marques, mais cela ne signifie pas encore que toutes les fonctions d’un appareil sont forcément disponibles de la même manière dans Apple Maison, Google Home, Home Assistant ou une autre plateforme. Et c’est justement ce qui nous amène à notre deuxième sujet : l’éclairage connecté. Govee propose désormais en Europe la Wallwash Table Lamp, modèle H1771. Cette lampe est conçue pour produire à la fois un éclairage vers l’avant et un effet lumineux projeté sur le mur. Elle propose une lumière blanche réglable de 1 000 à 10 000 kelvins, des scènes lumineuses, des automatismes selon l’heure de la journée et une compatibilité avec Matter, Alexa, Google Home et SmartThings. Son prix affiché en Europe est de 89,99 euros. Ce qui est intéressant ici n’est pas seulement la lampe elle-même. C’est surtout ce que Matter permet de faire autour d’elle. Une lampe Govee peut être intégrée dans une automatisation avec des appareils d’autres marques. Par exemple, un capteur de présence peut détecter qu’une personne entre dans une zone, et la lampe peut alors changer automatiquement de luminosité ou de couleur. C’est là que la domotique devient plus intéressante qu’une simple collection d’objets connectés. Le but n’est plus d’avoir une application différente pour chaque appareil. L’objectif est plutôt de pouvoir faire travailler ensemble un capteur Aqara, un éclairage Govee, un thermostat, une enceinte connectée ou encore un système Home Assistant. Et lorsque ces automatismes sont bien conçus, ils peuvent aussi améliorer l’accessibilité. Une lumière peut s’adapter automatiquement aux besoins d’une personne malvoyante. Une commande vocale peut remplacer une interface difficile à utiliser. Et un scénario peut déclencher plusieurs appareils en même temps sans obliger l’utilisateur à parcourir plusieurs applications. Enfin, derrière tous ces produits, il y a aussi des composants beaucoup moins visibles qui préparent les prochaines générations d’appareils. Nordic Semiconductor vient par exemple de présenter le nRF54LC10A. Il s’agit d’une petite puce destinée notamment aux objets connectés et aux capteurs. Elle prend en charge Bluetooth Low Energy, Thread, Zigbee et Matter, tout en mettant l’accent sur une faible consommation d’énergie et un format très compact. Ce n’est évidemment pas un produit que l’on va acheter directement pour sa maison. Mais ce type de composant permet aux fabricants de concevoir des capteurs plus petits, moins gourmands en énergie et potentiellement moins coûteux. Et cela peut avoir des conséquences très concrètes dans quelques années. Davantage de capteurs pourront fonctionner longtemps sur batterie. Il deviendra plus facile de placer des détecteurs dans différentes pièces. Et Matter, Thread et Zigbee pourront être intégrés plus simplement dans des objets du quotidien. Finalement, ces trois sujets montrent assez bien l’évolution actuelle de la maison connectée. On passe progressivement d’une domotique dans laquelle chaque appareil fonctionne de son côté à une maison capable de mieux comprendre la présence, la position et le contexte, puis de faire communiquer plusieurs équipements entre eux. Mais cette évolution n’a d’intérêt que si elle reste simple à configurer, fiable et réellement utile au quotidien. Parce qu’une maison intelligente ne devrait pas demander davantage d’efforts à son utilisateur. Elle devrait justement en demander moins. C’était le Lundi de la domotique sur Numérique Autrement. À demain pour le Mardi des écosystèmes.

  • September 27 · 5 min

    ElevenReader : écouter ses livres Kindle et choisir sa voix

    Écouter ses livres Kindle sans posséder leur version audio et choisir la voix qui les accompagne : c’est possible avec ElevenReader. Dans cet épisode, nous vous guidons pas à pas sur iPhone avec VoiceOver, de l’accès à la bibliothèque au lancement de l’écoute, avec notre retour sur l’accessibilité et les petits points à connaître au quotidien. Contenu audio  Transcription du contenu audio  ElevenReader : écouter ses livres Kindle et choisir sa voix Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Aujourd’hui, nous parlons d’ElevenReader, l’application d’ElevenLabs qui permet d’écouter du texte avec une voix de synthèse. Parmi ses possibilités, on peut retrouver ses livres Kindle et choisir la voix qui les lit, sans posséder leur version audio. Cette fonction peut intéresser les personnes aveugles ou malvoyantes, celles qui rencontrent des difficultés de lecture, mais aussi tous ceux qui aiment écouter un livre pendant leurs activités quotidiennes. Voici notre utilisation sur iPhone avec VoiceOver. Pour commencer, il faut installer ElevenReader et créer un compte, ou se connecter à son compte existant. Pour accéder aux livres Kindle, on utilise ensuite son compte Amazon. L’application ne donne pas accès gratuitement à tout le catalogue : il faut disposer des livres, après un achat ou grâce à un abonnement permettant de les lire. En bas de l’écran, cinq onglets sont présents, de gauche à droite : « Accueil », « Explorer », « Importer », « Bibliothèque » et « Voix ». Pour retrouver ses livres, il faut ouvrir « Importer », sélectionner « Ouvrir une page web », puis choisir « Kindle » dans la rubrique « Sites populaires ». Attention, « Coller un lien » est une autre option du même écran. Lors du premier accès, on se connecte au compte Amazon associé à ses livres et on effectue la vérification de connexion si elle est demandée. La bibliothèque Kindle s’affiche alors dans une fenêtre au sein d’ElevenReader. On y retrouve ses livres avec leurs titres, leurs auteurs et leurs couvertures. Une fois le livre sélectionné, le bouton « Lecture » se trouve en bas à droite de l’écran. Avec VoiceOver, on peut faire glisser le doigt sur cette zone jusqu’à entendre « Lecture », puis effectuer un double toucher pour lancer l’écoute. Pour changer de narrateur, on utilise « Choisir une voix ». Ce bouton se trouve avant « Lecture » dans l’ordre de navigation de VoiceOver. Dans notre utilisation, deux ou trois balayages vers la gauche depuis « Lecture » permettent de le retrouver. Lily fait partie des voix que nous avons utilisées. Il est utile d’écouter un passage en français pour choisir celle qui nous convient. On relève parfois des erreurs de prononciation, notamment lorsque certaines voix anglaises lisent du français : des lettres supplémentaires peuvent se faire entendre. Le modèle de synthèse pourrait aussi intervenir, sans qu’on puisse déterminer précisément l’origine de ces erreurs. Lorsqu’on revient dans un livre, on retrouve automatiquement l’endroit où l’on s’est arrêté. Il faut néanmoins patienter au lancement comme à la reprise : dans notre utilisation, le chargement prend environ dix à vingt secondes. Avec VoiceOver sur iPhone, l’application nous paraît accessible dans les parcours décrits ici. Nous n’avons pas rencontré jusqu’à présent de bouton non étiqueté. On peut retrouver les onglets, accéder à Kindle, choisir une voix et lancer l’écoute. ElevenReader propose aussi d’autres options dans « Importer » : « Coller un lien », « Téléverser un fichier », « Scanner du texte » et « Écrire du texte ». « Ouvrir une page web » donne également accès à des raccourcis comme Google Docs ou Substack. Nous présentons ces fonctions comme des possibilités disponibles. Il faut distinguer la lecture de nos livres Kindle du catalogue de livres audio proposé par ElevenReader. Ce dernier comprend aussi des titres premium : l’application ne se limite donc pas aux œuvres du domaine public. Concernant les offres, la formule gratuite affiche dix heures de conversion de texte en audio par mois. Sur notre iPhone, l’écran des abonnements présente Plus à dix euros par mois et Ultra à douze euros par mois. Les deux formules apparaissent également à quatre-vingt-dix-neuf euros par an. Le paiement annuel correspond à huit euros vingt-cinq par mois, réglés en une fois pour l’année. ElevenReader a annoncé la fusion de Plus dans Ultra pour les abonnés existants. Pourtant, les deux noms restent affichés. Nous ne pouvons pas confirmer la différence de droits entre les deux nouvelles souscriptions proposées. Pour Ultra, les fonctions documentées comprennent jusqu’à vingt-quatre heures d’audio généré par jour pour les contenus personnels, dont Kindle, et vingt heures mensuelles pour le catalogue premium. L’offre comprend aussi des voix personnalisées et des téléchargements pour l’écoute hors connexion. Ces téléchargements restent dans l’application : on ne peut pas les exporter comme fichiers audio. Au quotidien, l’intérêt est de retrouver ses livres, de choisir sa voix et de reprendre là où l’on s’arrête. Malgré un chargement parfois lent et quelques erreurs de prononciation, les commandes identifiables avec VoiceOver facilitent l’écoute. Pour découvrir l’application, rendez-vous sur elevenreader.io. Merci de nous avoir écoutés. À lundi sur Numérique Autrement pour un nouvel épisode du Lundi de la domotique !

  • September 24 · 17 min

    Les jeudis de l’accessibilité du 24 septembre 2026 

    Dans ce nouveau Jeudi de l’accessibilité, on s’intéresse à trois sujets qui montrent à quel point l’accessibilité ne se limite pas à ajouter une fonction : l’intelligence artificielle dans la communication alternative et améliorée, les différences entre les principales normes d’accessibilité numérique en Europe, et les nouvelles possibilités offertes par les lunettes intelligentes. Avec, en fil conducteur, une question essentielle : ces technologies permettent-elles réellement de gagner en autonomie tout en laissant à l’utilisateur le contrôle ? Contenu audio  Transcription  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Aujourd’hui, pour ce Jeudi de l’accessibilité, je vous propose trois sujets très différents, mais qui posent finalement la même question : une technologie peut-elle être considérée comme réellement accessible si elle ne tient pas compte des usages concrets, du contrôle de l’utilisateur et des personnes qui l’entourent ? Pour ce Jeudi de l’accessibilité, on partira d’usages très concrets pour voir ce que l’accessibilité change réellement au quotidien, avant d’élargir la réflexion à d’autres besoins. On commence par l’intelligence artificielle, ou IA, appliquée à la communication alternative et améliorée. Cette semaine, la RESNA, Rehabilitation Engineering and Assistive Technology Society of North America, organisation spécialisée dans les technologies d’assistance, et Tobii Dynavox ont organisé un webinaire consacré à l’utilisation de l’IA dans les outils de CAA, c’est-à-dire de communication alternative et améliorée, appelée AAC en anglais pour Augmentative and Alternative Communication, notamment avec des personnes qui utilisent la commande oculaire. La communication alternative et améliorée regroupe les solutions permettant à une personne de communiquer lorsqu’elle ne peut pas utiliser la parole de manière habituelle. Cela peut passer par des pictogrammes, des synthèses vocales, des claviers adaptés ou encore des dispositifs contrôlés par les yeux. L’arrivée de l’intelligence artificielle dans ces outils peut apporter beaucoup. Elle peut aider à prédire un mot ou une phrase, accélérer la formulation d’un message, reformuler une idée ou proposer des réponses plus rapidement. Pour une personne qui sélectionne chaque lettre ou chaque mot avec le regard, quelques secondes gagnées peuvent représenter une vraie différence dans une conversation. Mais cette aide peut aussi devenir gênante si l’IA propose le mauvais mot, modifie trop fortement ce que la personne voulait dire ou oblige l’utilisateur à vérifier en permanence ce qui a été généré. Le webinaire mettait justement en avant plusieurs questions importantes : la précision, la charge cognitive, la confiance, le contrôle par l’utilisateur et les conditions d’une utilisation réellement éthique de l’IA. Et c’est un point essentiel. Dans un outil de communication, l’objectif ne doit pas être que l’intelligence artificielle parle à la place de la personne. Elle doit l’aider à s’exprimer plus facilement tout en lui laissant le dernier mot. Même si ce premier sujet concerne surtout la communication et le handicap moteur, il fait écho à une problématique que les personnes aveugles ou malvoyantes connaissent bien : une technologie d’assistance n’est réellement utile que si elle reste prévisible, contrôlable et compatible avec les outils déjà utilisés. Un lecteur d’écran qui annonce mal une information, une reconnaissance d’image qui décrit de travers ou une intelligence artificielle qui reformule trop librement peuvent créer exactement le même type de difficulté : l’utilisateur doit pouvoir savoir ce que fait l’outil et garder la maîtrise du résultat. Et cette question du contrôle ne concerne pas seulement les outils d’intelligence artificielle. Elle se retrouve aussi dans la manière dont on évalue l’accessibilité elle-même. Car respecter une série de critères techniques ne garantit pas forcément qu’une personne aveugle, malvoyante ou utilisant une autre technologie d’assistance pourra réellement utiliser un service de façon autonome. C’est justement ce qui nous amène à notre deuxième sujet : l’accessibilité numérique en Europe. On parle très souvent des WCAG, pour Web Content Accessibility Guidelines, les recommandations internationales principalement consacrées à l’accessibilité des contenus web. Elles couvrent des éléments essentiels : la structure des pages, le contraste, l’utilisation au clavier, les alternatives textuelles ou encore les formulaires. Pour une personne aveugle ou malvoyante, ces critères sont déjà fondamentaux. Une image sans description, un bouton sans nom accessible, une fenêtre qui s’ouvre sans être annoncée, un titre mal structuré ou un formulaire dont les champs ne sont pas correctement étiquetés peuvent suffire à bloquer totalement un parcours. Mais respecter les WCAG ne signifie pas automatiquement que tout un service numérique est accessible. En Europe, la norme EN 301 549, norme européenne définissant des exigences d’accessibilité pour les produits et services numériques, couvre un périmètre plus large. Elle reprend notamment les exigences WCAG pour le web, mais elle s’intéresse aussi à certains logiciels, applications, documents, terminaux, matériels et services de communication. La différence est donc importante : les WCAG répondent surtout à la question « le contenu web est-il accessible ? », alors que la norme EN 301 549 pose une question plus large : « le produit ou le service numérique dans son ensemble est-il accessible ? » C’est justement ce qui a été discuté lors d’un atelier organisé par l’European Disability Forum, ou EDF, Forum européen des personnes handicapées, et IAAP Europe, l’International Association of Accessibility Professionals, association internationale des professionnels de l’accessibilité, autour du thème « EN beyond WCAG ». Pour le handicap visuel, la différence entre conformité théorique et utilisation réelle est particulièrement facile à constater. Un site peut avoir des titres correctement structurés et des boutons correctement nommés, mais rester pénible à utiliser si le lecteur d’écran doit parcourir des dizaines d’éléments inutiles avant d’atteindre l’information recherchée. Une application peut fonctionner au clavier mais présenter un ordre de navigation incohérent. Un bouton peut être techniquement accessible tout en donnant une annonce tellement vague qu’on ne sait pas ce qu’il va produire. Une boîte de dialogue peut être correctement ouverte visuellement mais ne pas recevoir le focus du lecteur d’écran. Et un document peut comporter du texte parfaitement lisible à l’écran tout en étant presque inexploitable en braille parce que sa structure est absente ou incohérente. Pour une personne malvoyante, les difficultés peuvent être différentes : un contenu peut respecter un niveau minimal de contraste tout en restant inconfortable à lire, ne pas supporter correctement le zoom, perdre des informations lorsque la taille du texte augmente ou imposer une mise en page qui devient inutilisable avec un fort grossissement. C’est là qu’on voit les limites d’une accessibilité évaluée uniquement à partir d’une liste de critères. C’est pour cette raison que les tests automatiques ne suffisent pas. Ils sont utiles pour repérer certains problèmes, mais ils ne remplacent ni les tests avec VoiceOver, le lecteur d’écran intégré aux appareils Apple, JAWS, Job Access With Speech, lecteur d’écran pour Windows, NVDA, NonVisual Desktop Access, lecteur d’écran gratuit et open source pour Windows, TalkBack, le lecteur d’écran intégré à Android, une plage braille ou un logiciel de grossissement, ni surtout l’expérience des personnes handicapées elles-mêmes. Un outil automatique peut signaler qu’un bouton possède bien un nom accessible. Il ne dira pas forcément que dix boutons différents s’appellent simplement « Plus », et que l’utilisateur aveugle ne peut donc pas savoir lequel choisir. Il peut confirmer qu’un formulaire possède des étiquettes. Il ne vérifiera pas toujours si une erreur de saisie est annoncée au bon moment par la synthèse vocale. C’est cette différence entre conformité et usage réel qui est importante. L’accessibilité ne peut pas se résumer à une case cochée dans un rapport. Il faut aussi vérifier si la personne peut réellement accomplir sa tâche du début à la fin, sans devoir demander à quelqu’un de voir l’écran à sa place. Et cela rejoint directement le travail que nous faisons sur Numérique Autrement : regarder non seulement si une fonction existe, mais si elle peut réellement être utilisée de manière autonome. Cette question d’autonomie nous conduit naturellement vers notre dernier sujet, et cette fois le handicap visuel est directement au centre du débat : les lunettes équipées d’intelligence artificielle. Meta vient justement d’annoncer plusieurs évolutions importantes à l’occasion de Meta Connect. L’entreprise annonce notamment des descriptions visuelles plus détaillées et plus contextualisées, développées en tenant compte des retours de personnes aveugles et malvoyantes. C’est particulièrement intéressant, car la qualité d’une description ne dépend pas seulement de sa longueur. Une bonne description doit surtout donner l’information utile au bon moment : ce qui se trouve devant soi, ce qui change dans l’environnement, ce qui peut représenter un obstacle ou ce qui mérite réellement l’attention. Mais il faut être très clair sur un point : ces améliorations sont annoncées comme prochaines et, pour l’instant, Meta ne donne pas de calendrier précis pour leur disponibilité en France. Je ne les présente donc pas comme déjà disponibles sur les lunettes utilisées en France. Meta annonce également une balance audio gauche-droite et un mode mono, qui peuvent être utiles lorsqu’une personne entend moins bien d’une oreille, ainsi que des commandes personnalisables par appui prolongé sur la branche. Une fonction d’amélioration de l’audition est aussi annoncée aux États-Unis plus tard cette année sur certains modèles compatibles. Là encore, aucune disponibilité française n’est confirmée à ce stade. Autre nouveauté : les Ray-Ban Display vont arriver en France. Meta annonce une commercialisation en ligne et à Paris à partir du 13 octobre 2026. Mais il faudra bien distinguer l’arrivée du matériel de celle de toutes ses fonctions. Certaines nouveautés annoncées, comme de nouveaux itinéraires vélo ou transports publics, commenceront d’abord aux États-Unis et au Canada. Pour Numérique Autrement, le vrai test sera donc de vérifier ce qui fonctionne réellement en France, ce qui est utilisable uniquement à l’écran et ce qui reste accessible à l’oral pour une personne aveugle ou malvoyante. Pour une personne aveugle ou malvoyante, une caméra portée au niveau des yeux peut apporter énormément. Elle peut permettre de décrire une scène, lire un panneau ou un document, retrouver un objet posé sur une table, identifier certains éléments d’un environnement ou demander de l’aide à distance. Ce qui peut paraître comme une simple caméra connectée pour une personne voyante peut donc devenir, pour une personne aveugle, une nouvelle manière d’accéder à des informations visuelles auparavant inaccessibles. Il faut aussi mesurer ce que cela peut changer dans les situations ordinaires. Pouvoir savoir rapidement ce qui est écrit sur une affiche, identifier un produit, obtenir une description d’une pièce ou vérifier ce qui se trouve devant soi évite parfois de sortir son téléphone, de cadrer manuellement une photo puis de lancer une application spécifique. Le fait que la caméra soit déjà positionnée dans l’axe du regard peut rendre l’utilisation beaucoup plus naturelle. Mais cette même caméra soulève aussi une question légitime : qu’en est-il des personnes qui se trouvent autour ? Et le débat ne vient probablement pas seulement de la présence d’une caméra. Des lunettes et dispositifs spécialisés dans le handicap embarquent eux aussi des caméras depuis longtemps sans provoquer le même niveau de controverse. Ce qui change avec certaines lunettes grand public, c’est leur lien beaucoup plus direct avec des plateformes sociales, des services de partage ou des fonctions permettant de publier, diffuser ou transmettre rapidement ce qui est capté. Autrement dit, la question n’est pas seulement : est-ce que la caméra voit ? Il faut aussi se demander : que devient l’image ensuite ? Est-elle simplement analysée pour aider l’utilisateur à lire un texte, reconnaître un objet ou comprendre son environnement ? Est-elle stockée ? Est-elle envoyée vers des serveurs ? Peut-elle être partagée ou publiée facilement sur un réseau social ? Cette différence est particulièrement importante pour le handicap visuel. Une caméra utilisée comme outil d’assistance n’a pas exactement le même objectif qu’une caméra intégrée à un écosystème également pensé pour créer et partager du contenu. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles certains dispositifs spécialisés, pourtant eux aussi équipés de caméras, ont suscité moins de débats publics que des lunettes reliées à de grandes plateformes sociales. Cela ne supprime évidemment pas les questions de consentement ou de vie privée. Mais cela permet de mieux distinguer l’usage d’assistance de l’usage de captation et de diffusion. Une personne aveugle ne porte pas nécessairement ces lunettes pour enregistrer les autres. Elle peut simplement vouloir savoir qui se trouve devant elle, lire une information ou comprendre son environnement. Il faut donc éviter de confondre systématiquement caméra portée et intention de filmer. Pour autant, l’utilité en matière de handicap ne doit pas empêcher de réfléchir à la vie privée des personnes autour. Il faut donc éviter deux extrêmes. Le premier serait d’ignorer complètement les questions de vie privée sous prétexte que la technologie est utile. Le second serait de rejeter ces appareils ou d’en limiter fortement l’usage sans tenir compte de ce qu’ils peuvent réellement apporter en matière d’autonomie. La bonne question est plutôt : comment concevoir ces systèmes pour que l’utilisateur aveugle ou malvoyant puisse bénéficier de l’assistance tout en respectant au maximum les personnes autour de lui ? Cela peut passer par des indicateurs clairs lorsque la caméra enregistre réellement, une distinction compréhensible entre simple analyse ponctuelle et enregistrement, davantage de traitement directement sur l’appareil, des règles simples concernant la conservation des données ou encore la possibilité de limiter ce qui est envoyé vers les serveurs. Il faut aussi que ces mécanismes restent eux-mêmes accessibles. Un indicateur lumineux visible par les personnes autour peut être utile, mais il ne suffit pas pour l’utilisateur aveugle. Celui-ci doit également pouvoir savoir, par un son, une vibration ou une annonce vocale, si la caméra est active, si une image est envoyée vers un service distant ou si un enregistrement est en cours. C’est un détail de conception, mais il illustre très bien le problème : protéger la vie privée des autres ne doit pas créer une nouvelle information visuelle inaccessible à celui qui porte l’appareil. Là encore, l’accessibilité et la protection de la vie privée ne devraient pas être opposées. Une technologie vraiment bien conçue devrait essayer de répondre aux deux. Et c’est finalement ce qui relie nos trois sujets aujourd’hui. Que l’on parle d’intelligence artificielle pour communiquer, de normes européennes ou de lunettes intelligentes, l’accessibilité ne consiste pas uniquement à ajouter une fonction. Pour les personnes ave

  • September 24 · 9 min

    Les mercredis de l’IA du 23 septembre 2026 

    Avec un petit jour de retard, voici le Mercredi de l’intelligence artificielle de Numérique Autrement : un épisode consacré à une question de plus en plus concrète — que se passe-t-il lorsque l’IA commence elle-même à participer à la création de la prochaine génération d’IA ? Contenu audio  Transcription du contenu audio Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Aujourd’hui, pour ce Mercredi de l’intelligence artificielle, je vous propose de regarder un changement beaucoup plus profond qu’une simple nouvelle fonction dans ChatGPT, Gemini ou Claude. La question est la suivante : que se passe-t-il lorsque l’intelligence artificielle commence elle-même à participer à la conception de la prochaine génération d’intelligence artificielle ? Chez Anthropic, ce n’est déjà plus seulement une hypothèse. En août 2026, Claude était considéré comme capable de « mener » environ 26 % du travail de recherche et développement en intelligence artificielle mesuré par Anthropic. Cela signifie que, pour cette part des tâches, l’IA peut réaliser l’essentiel du travail à partir d’une consigne de haut niveau, tandis qu’un humain reste chargé de superviser. Quelques mois plus tôt, en février, cette proportion était inférieure à 1 %. Plus de 90 % du travail mesuré atteint désormais au moins le niveau où l’humain et l’IA collaborent réellement. Mais il faut immédiatement ajouter une précision importante : Anthropic indique qu’aucune des catégories mesurées n’est aujourd’hui réalisée de manière totalement autonome par Claude. L’humain reste donc encore dans la boucle. Ce qui change, c’est l’échelle. Anthropic indique qu’environ 30 000 agents d’intelligence artificielle travaillent simultanément sur sa principale plateforme interne de recherche et d’ingénierie. Ces agents peuvent écrire du code, effectuer des recherches, tester des solutions, analyser des résultats ou déléguer certaines tâches à d’autres agents. On commence donc à voir apparaître une sorte de laboratoire virtuel dans lequel des humains définissent encore les objectifs, mais où une quantité croissante du travail intermédiaire est confiée à des intelligences artificielles. Anthropic parle même ouvertement d’un sujet qui était encore largement théorique il y a peu : l’auto-amélioration récursive. L’idée serait qu’une intelligence artificielle devienne suffisamment compétente pour participer à la conception de son propre successeur, qui lui-même pourrait ensuite contribuer à améliorer la génération suivante. Anthropic précise qu’on n’en est pas encore là et que cette évolution n’est pas inévitable. Mais l’entreprise estime que le rôle croissant de l’IA dans la recherche en IA justifie désormais de mesurer très précisément cette progression. Cela pose une question essentielle : comment surveiller des milliers d’agents qui travaillent en permanence ? Chez Anthropic, chaque action de ces agents passe d’abord par un système de contrôle automatique avant d’être exécutée. Sur plus d’un milliard de décisions analysées au cours du mois d’août, environ 0,002 % ont été bloquées par ce contrôle, soit approximativement une décision sur 47 000. En parallèle, d’autres systèmes examinent les activités après coup et font remonter les cas les plus sensibles vers des vérifications humaines. Autrement dit, l’intelligence artificielle ne travaille pas sans surveillance. Mais plus elle prend en charge une grande partie du travail de recherche, plus cette surveillance doit elle-même devenir rapide, massive et fiable. Et cela crée un paradoxe intéressant : les entreprises utilisent de plus en plus l’intelligence artificielle pour surveiller d’autres intelligences artificielles. Anthropic reconnaît d’ailleurs une limite importante à cette méthode : lorsqu’un modèle Claude évalue le travail d’un autre modèle Claude, les deux systèmes peuvent parfois partager les mêmes angles morts ou commettre des erreurs similaires. L’entreprise propose donc que ces mesures puissent être vérifiées par des organismes indépendants ou par des modèles provenant d’autres développeurs. C’est précisément pour cette raison que les évaluations externes commencent à prendre beaucoup plus d’importance. Anthropic et Accenture ont récemment annoncé un engagement commun d’au moins deux milliards de dollars sur cinq ans pour développer des évaluations indépendantes des modèles d’intelligence artificielle avancés. L’objectif est notamment de réaliser du red teaming, c’est-à-dire de chercher volontairement les failles et les comportements inattendus, mais aussi de permettre à des évaluateurs extérieurs d’examiner les systèmes avec un niveau d’accès suffisamment important pour réellement détecter les problèmes. Et pendant que les laboratoires cherchent justement à mieux contrôler le développement des modèles, la compétition technologique continue de s’accélérer. OpenAI a lancé GPT-6 Sol et GPT-6 Luna, deux nouveaux modèles qui complètent la famille GPT-6 déjà inaugurée avec Astra. OpenAI construit donc désormais une gamme plus clairement différenciée selon les usages. GPT-6 Astra reste destiné aux tâches les plus difficiles et aux workflows complexes. GPT-6 Sol vise davantage le travail professionnel, le raisonnement complexe et la programmation. GPT-6 Luna privilégie la rapidité et le coût pour les usages quotidiens ou les volumes importants. Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas seulement l’arrivée de deux nouveaux modèles. C’est aussi la baisse du coût d’utilisation. OpenAI cherche ainsi à rendre les modèles avancés plus accessibles pour les entreprises, les développeurs et les applications qui les utilisent à grande échelle. Anthropic avance dans la même direction avec Claude Opus 5.5. Anthropic annonce un modèle plus rapide et moins coûteux que la génération précédente, avec des tarifs API abaissés à 4 dollars par million de tokens en entrée et 20 dollars en sortie. Mais, pour notre sujet d’aujourd’hui, le point le plus intéressant est probablement ailleurs. Anthropic présente Opus 5.5 comme son premier grand modèle publié depuis ses prises de position en faveur d’un développement plus prudent des modèles de frontière. Avant sa sortie, il a été évalué par des organismes extérieurs, notamment METR et Frontier Design. Anthropic indique également avoir renforcé sa résistance aux injections de prompt et aux actions difficiles à annuler. Pour certains usages sensibles en cybersécurité, certaines demandes peuvent être redirigées vers un modèle moins puissant, tandis qu’un programme d’accès vérifié est prévu pour certains professionnels. On voit donc apparaître deux mouvements en même temps. D’un côté, les modèles deviennent moins chers, plus rapides et plus largement accessibles. De l’autre, les entreprises essaient d’ajouter davantage de garde-fous, d’évaluations externes et de mécanismes de contrôle. Et c’est précisément là que le sujet de cet épisode prend encore plus de sens. On arrive donc à un moment assez particulier dans l’histoire de l’intelligence artificielle. Jusqu’à présent, on se demandait surtout ce qu’une IA pouvait faire pour nous : écrire un texte, générer une image, programmer une application ou analyser un document. Désormais, il faut aussi se demander ce qu’elle peut faire pour ceux qui fabriquent l’IA elle-même. Si une intelligence artificielle aide à écrire le code, analyser les expériences, concevoir de nouvelles architectures et tester les modèles suivants, le rythme de développement peut s’accélérer considérablement. Anthropic indique par exemple que ses ingénieurs produisent aujourd’hui davantage de code qu’auparavant grâce à l’utilisation de ces systèmes. Mais une accélération du développement signifie également qu’il faut accélérer les contrôles. Sinon, le risque est assez simple : que la vitesse de création des nouveaux systèmes progresse plus rapidement que notre capacité à comprendre et vérifier leur comportement. C’est probablement là que se situe l’enjeu principal. Il ne s’agit pas de dire que les intelligences artificielles fabriquent déjà seules leurs propres successeurs. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Mais une partie importante du travail nécessaire pour développer les prochaines générations commence déjà à leur être confiée. Et plus cette part augmente, plus la question du contrôle devient centrale. Qui vérifie le travail produit par les agents ? Qui décide qu’un modèle est suffisamment sûr pour participer au développement du suivant ? Et surtout, comment s’assurer que les systèmes chargés de surveiller l’intelligence artificielle ne partagent pas eux-mêmes les mêmes erreurs ? Ce sont probablement des questions que nous allons retrouver de plus en plus souvent dans les mois et les années à venir. Et vous, est-ce que le fait que l’intelligence artificielle participe déjà à la création des prochaines générations de modèles vous paraît surtout prometteur, ou pensez-vous que cela nécessite davantage de contrôles indépendants ? Le podcast Numérique Autrement est également disponible sur Apple Podcasts, Spotify et Amazon Music en recherchant « Numérique Autrement ». C’était le Mercredi de l’intelligence artificielle sur Numérique Autrement. À demain pour le Jeudi de l’accessibilité.

  • September 22 · 7 min

    Les mardis des écosystèmes du 22 septembre 2026 

    Pour ce Mardi des écosystèmes, Numérique Autrement s’intéresse à une évolution majeure chez Google avec l’arrivée du Googlebook en France, mais aussi à la place de plus en plus importante de Gemini sur Windows, à Meta One et à l’ouverture progressive de Galaxy Connect sur davantage de PC. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Aujourd’hui, pour ce Mardi des écosystèmes, on commence par Google, avec un lancement qui pourrait changer assez profondément la manière dont Android et l’ordinateur travaillent ensemble. Google avait présenté le concept Googlebook au printemps. Cette fois, le projet devient réellement commercial. Les précommandes sont ouvertes et la France fait partie des premiers pays concernés, avec une commercialisation annoncée pour le 5 octobre. Les premiers Googlebook seront proposés par plusieurs constructeurs, notamment Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo. Google veut surtout construire autour d’Android quelque chose qui ressemble davantage à ce qu’Apple propose depuis longtemps entre l’iPhone et le Mac : un téléphone et un ordinateur capables de mieux partager les applications, les tâches et les services. Les Googlebook reposent sur des technologies issues à la fois d’Android et de ChromeOS. Ils pourront utiliser nativement des applications Android, mais aussi des logiciels comme Photoshop, Lightroom ou CapCut, ainsi que des applications de streaming avec lecture hors connexion. Pour les développeurs, un environnement Linux isolé doit également permettre d’utiliser des outils comme Claude Code ou les solutions agentiques de Google. Mais la vraie particularité du Googlebook, ce n’est probablement pas son matériel. C’est Gemini. Google veut faire de son intelligence artificielle une couche directement intégrée à l’ordinateur, plutôt qu’une simple application que l’on ouvre ponctuellement. Parmi les fonctions annoncées, Magic Pointer peut intervenir en fonction de ce qui est affiché à l’écran. L’idée est que Gemini puisse comprendre le contexte actuel — texte, images ou contenu d’une application — puis proposer des actions adaptées. Autre fonction intéressante : Rambler. On peut dicter librement des idées, même de manière désordonnée, puis Gemini les restructure pour produire un texte plus clair ou proposer des actions. La dictée est annoncée comme multilingue et doit permettre de changer de langue au milieu d’une phrase. Pour quelqu’un qui préfère parler plutôt que taper, ou qui rencontre des difficultés motrices ou d’écriture, cette fonction pourrait être particulièrement intéressante. Il faudra toutefois la tester réellement avant de conclure sur son accessibilité. Google propose également Create My Widget. Le principe est assez original : on décrit à Gemini le petit outil que l’on souhaite, et l’intelligence artificielle le construit sans demander de savoir programmer. Cela peut être, par exemple, un petit tableau de suivi, un outil de conversion ou une interface adaptée à une tâche précise. Gemini Live est lui aussi intégré, ainsi que des suggestions proactives en fonction de ce qui est affiché à l’écran. Et Google va encore plus loin avec ses agents. Un

  • September 17 · 5 min

    Jeudi de l’accessibilité du 17 septembre 2026, 

    Pour ce Jeudi de l’accessibilité, Numérique Autrement fait le point sur plusieurs évolutions concrètes : les nouvelles fonctions d’accessibilité d’iOS, iPadOS, macOS, tvOS et visionOS 27, ainsi qu’une initiative de Meta autour des lunettes connectées pour des personnes aveugles ou très malvoyantes. L’objectif reste le même : regarder ce que ces technologies peuvent réellement apporter en matière d’autonomie au quotidien. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Aujourd’hui, pour ce Jeudi de l’accessibilité, on commence par Apple. Avec iOS 27, iPadOS 27, macOS 27, tvOS 27 et visionOS 27, Apple déploie plusieurs nouveautés qui concernent directement l’accessibilité. Pour les personnes aveugles ou malvoyantes, VoiceOver et la Loupe gagnent de nouvelles capacités liées à Apple Intelligence. VoiceOver peut fournir des descriptions plus détaillées des images affichées à l’écran, par exemple dans des photos, des documents scannés ou certains contenus visuels. Sur iPhone, les évolutions de Reconnaissance en direct permettent aussi d’utiliser le bouton Action pour poser une question sur ce que voit la caméra, puis de poser des questions complémentaires en langage naturel. La Loupe bénéficie du même principe, avec des descriptions visuelles enrichies et la possibilité d’utiliser certaines commandes vocales comme zoomer ou activer la lampe torche. C’est particulièrement intéressant parce qu’on ne parle plus seulement d’une description automatique unique. L’idée est de pouvoir demander davantage d’informations sur ce qui se trouve à l’écran ou devant soi. Apple a également travaillé sur Accessibility Reader, son lecteur destiné notamment aux personnes ayant des difficultés de lecture. Sur Mac, il peut reformater des contenus complexes, comme des articles comportant plusieurs colonnes, des images ou des tableaux, pour proposer une présentation plus simple à lire. Autre évolution importante pour les personnes sourdes ou malentendantes : Apple introduit des sous-titres générés automatiquement pour certaines vidéos qui n’en possèdent pas. Ils peuvent apparaître sur iPhone, iPad, Mac, Apple TV et Apple Vision Pro. Sur Apple TV, Apple ajoute aussi la possibilité d’augmenter davantage la taille du texte à l’écran, ce qui peut faciliter l’utilisation de l’interface pour les personnes malvoyantes. Du côté des aides auditives, Apple améliore également l’association et le passage d’un appareil à l’autre pour les aides auditives Made for iPhone entre iPhone, iPad, Mac et Apple Vision Pro. Autre nouveauté : la reconnaissance du nom peut avertir une personne sourde ou malentendante lorsque quelqu’un prononce son nom. Pour les personnes ayant des difficultés motrices, iOS et iPadOS proposent aussi de nouvelles possibilités de personnalisation des réglages tactiles. Le contrôleur Sony Access peut désormais être utilisé avec iPhone, iPad et Mac, avec personnalisation des boutons et possibilité d’associer plusieurs contrôleurs ou contacteurs externes. Apple Vision Pro bénéficie lui aussi de plusieurs évolutions spécifiques. Certaines personnes utilisant des fauteuils roulants électriques compatibles peuvent bénéficier d’un système de commande utilisant le suivi du regard du Vision Pro. visionOS ajoute également les repères de mouvement pour réduire le mal des transports, des gestes du visage pour effectuer certaines actions et de nouvelles possibilités de sélection avec le regard. Et du côté de Meta, une initiative mérite aussi notre attention. Aux États-Unis, Meta participe avec la Blinded Veterans Association et une association spécialisée de Cincinnati à une opération destinée à des vétérans aveugles ou très malvoyants. Les personnes éligibles peuvent recevoir gratuitement des lunettes Meta AI, avec une formation pratique pour apprendre à les utiliser. Les usages présentés comprennent notamment la description de l’environnement, la lecture de texte et l’obtention d’informations sur ce qui se trouve devant la personne. Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas une nouvelle fonction technique des lunettes. C’est la manière dont un produit grand public commence à être distribué avec un véritable accompagnement, comme une technologie d’assistance. Cela pose une question importante pour les associations, les professionnels et les structures d’accompagnement : une technologie devient-elle réellement accessible uniquement parce qu’elle possède une fonction adaptée, ou faut-il aussi prévoir la formation, l’accompagnement et le choix du bon usage ? Ce que montrent toutes ces évolutions, c’est que l’accessibilité ne se limite plus à ajouter un lecteur d’écran ou une option dans les réglages. Elle touche désormais la compréhension des images, la commande vocale, la lecture simplifiée, les sous-titres, l’audition, le contrôle moteur et l’accompagnement humain autour des technologies. La vraie question reste la même : parmi toutes ces nouveautés, lesquelles vont réellement améliorer l’autonomie au quotidien ? Et vous, quelle nouveauté aimeriez-vous que je teste en priorité sur Numérique Autrement ? Le podcast Numérique Autrement est également disponible sur Apple Podcasts, Spotify et Amazon Music en recherchant « Numérique Autrement ». C’était le Jeudi de l’accessibilité sur Numérique Autrement. À demain pour le tutoriel du vendredi.

  • September 16 · 7 min

    Les mercredis de l’intelligence artificielle du 16 septembre 2026

    Pour ce Mercredi de l’intelligence artificielle, Numérique Autrement s’intéresse à une évolution très concrète : des assistants vocaux capables de converser plus naturellement et d’accomplir des tâches de plus en plus complexes, alors même que les questions de sécurité et de contrôle deviennent incontournables. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Aujourd’hui, pour ce Mercredi de l’intelligence artificielle, on commence par une nouveauté très concrète chez Google : Gemini devient encore plus naturel à utiliser à la voix. Google vient de présenter Gemini 3.8 Live, un nouveau modèle conçu pour les conversations vocales en temps réel. L’objectif est de permettre à une application utilisant Gemini de nous répondre presque immédiatement à l’oral, avec une conversation plus fluide et moins de temps d’attente. Le modèle peut recevoir du texte, des images, de l’audio ou de la vidéo pendant une session, puis répondre à la voix. Google le destine notamment aux assistants vocaux et aux applications capables de dialoguer avec nous en continu. Mais Google propose également une variante plus avancée : Gemini 3.8 Live Extended Thinking. Cette version est conçue pour les situations où répondre immédiatement ne suffit plus. Imaginons que vous demandiez à une intelligence artificielle de rechercher plusieurs vols, de comparer les horaires et les prix, puis de vous proposer la solution la plus intéressante. Avec un assistant vocal classique, vous risquez d’attendre en silence pendant qu’il effectue ses recherches. Avec Extended Thinking, Gemini peut continuer à interagir avec vous pendant qu’il réfléchit et utilise différents outils en arrière-plan. Il peut par exemple vous indiquer qu’il vérifie plusieurs possibilités, poursuivre son travail, puis revenir avec le résultat final. Google prévoit différents niveaux de réflexion afin d’adapter cette capacité à la complexité de la tâche. Cela pourrait progressivement transformer notre manière d’utiliser les assistants vocaux. Pendant longtemps, ils ont surtout servi à effectuer des commandes relativement simples : demander une information, créer un rappel, lancer une musique ou connaître la météo. On commence maintenant à se rapprocher d’un assistant capable de poursuivre une tâche complexe pendant que la conversation continue. Il faut toutefois apporter une précision importante. Gemini 3.8 Live et Extended Thinking sont actuellement proposés par Google aux développeurs, notamment à travers la Gemini API et Google AI Studio. Cela ne signifie donc pas que vous pouvez déjà ouvrir l’application Gemini sur votre téléphone et sélectionner directement « Gemini 3.8 Live ». Ce sont d’abord les développeurs qui peuvent utiliser ces capacités pour construire de nouvelles applications et de nouveaux services. Et c’est probablement dans ces futurs usages que cette évolution deviendra la plus intéressante. On peut imaginer un assistant vocal capable de rechercher plusieurs informations, d’interroger des services extérieurs, de comparer les résultats et de nous tenir informés pendant qu’il travaille. Pour les personnes qui utilisent beaucoup la voix, ou pour lesquelles le clavier et l’écran ne constituent pas toujours le moyen d’interaction le plus pratique, cette évolution mérite particulièrement d’être suivie. Google dispose également de Gemini 3.5 Transcribe, son modèle spécialisé dans la transcription de la parole. Nous en avions déjà parlé précédemment : il ne s’agit donc pas d’une nouveauté de cette semaine. Mais il reste intéressant à suivre, notamment pour la transcription de réunions longues, l’identification de plusieurs intervenants et les usages professionnels liés à l’audio. Et c’est précisément ici que l’autre grande question du moment apparaît. Plus les intelligences artificielles deviennent capables de chercher, comparer, utiliser des outils et agir, plus il devient important de savoir ce qu’elles font réellement. L’autorité espagnole de protection des données, l’AEPD, a indiqué avoir reçu ce qu’elle présente comme le premier signalement d’une violation de données personnelles qui aurait été réalisée à l’aide d’un agent d’intelligence artificielle. Selon les informations disponibles, l’agent aurait utilisé un grand modèle de langage pour identifier des vulnérabilités, accéder à un système, modifier des données personnelles et consulter des factures. L’organisme victime a lui-même déclaré l’incident à l’autorité espagnole. Il faut être très précis sur ce point : l’affaire est encore en cours d’examen. L’AEPD souligne également que l’utilisation d’un modèle particulier dans une attaque ne signifie ni que ce modèle a été compromis, ni que l’infrastructure de son fournisseur a été piratée, ni que le modèle a été conçu dans ce but. Mais le cas est intéressant parce qu’il montre concrètement ce que peut devenir un agent capable d’enchaîner plusieurs actions. Une attaque informatique peut alors être automatisée sur plusieurs étapes : chercher une faiblesse, l’exploiter, accéder à des données, les modifier ou les consulter. Ce n’est plus seulement une question théorique sur ce que les agents pourraient faire demain. C’est précisément pour cette raison que les grands laboratoires commencent à chercher des règles communes. OpenAI travaille désormais avec Anthropic et Google DeepMind sur certaines questions de sécurité de l’intelligence artificielle. C’est une évolution importante, car ces entreprises sont directement concurrentes. Jusqu’ici, plusieurs responsables du secteur demandaient davantage de coopération. Nous avons maintenant l’indication qu’une coordination existe effectivement entre trois des principaux laboratoires. Microsoft avance de son côté avec une autre approche. L’entreprise vient de publier un projet de Humanist AI Code of Conduct. Son principe central est que l’être humain doit conserver un contrôle significatif sur l’intelligence artificielle. Parmi les règles proposées, un modèle ne devrait notamment jamais résister à une correction, une interruption ou un arrêt demandé par un humain. Le texte est encore à l’état de projet et doit être soumis à consultation avant d’être révisé. On voit donc apparaître deux évolutions en même temps. D’un côté, les intelligences artificielles deviennent plus naturelles à utiliser, plus autonomes et capables d’enchaîner davantage d’actions. De l’autre, les entreprises commencent à formaliser les limites qu’elles souhaitent leur imposer. Et c’est probablement là que se trouve le véritable enjeu. Plus une intelligence artificielle devient simple et naturelle à utiliser, plus nous risquons de lui confier spontanément davantage de choses : rechercher une information, comparer des offres, analyser un document, travailler dans une application ou, demain, effectuer directement certaines actions à notre place. La question ne sera donc plus seulement : « Est-ce que l’IA peut le faire ? » Elle deviendra également : « Est-ce que je peux comprendre ce qu’elle fait, reprendre la main et l’arrêter immédiatement si nécessaire ? » Pour moi, c’est ce double mouvement qu’il faudra surveiller : rendre l’intelligence artificielle plus naturelle et plus utile, sans perdre le contrôle sur ce qu’elle fait. Et vous, est-ce qu’un assistant vocal capable de réfléchir et d’effectuer plusieurs tâches pendant la conversation vous semblerait réellement utile au quotidien ? Le podcast Numérique Autrement est également disponible sur Apple Podcasts, Spotify et Amazon Music en recherchant « Numérique Autrement ». C’était le Mercredi de l’intelligence artificielle sur Numérique Autrement. À demain pour le Jeudi de l’accessibilité.

  • September 15 · 4 min

    Le mardi des écosystèmes du 15 septembre 2026 

    Pour ce Mardi des écosystèmes du 15 septembre, Numérique Autrement s’intéresse à trois évolutions qui montrent comment les grandes plateformes cherchent à mieux relier nos appareils : le premier iPhone pliable d’Apple, l’arrivée officielle de Gemini sur Windows et l’ouverture de Galaxy Connect à davantage de PC non-Samsung. Un épisode pour voir si les écosystèmes deviennent enfin un peu plus ouverts… ou simplement plus présents dans notre quotidien. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Aujourd’hui, pour ce Mardi des écosystèmes, trois évolutions montrent une tendance assez claire : les grandes plateformes cherchent de plus en plus à faire circuler nos usages d’un appareil à l’autre, sans nous obliger à rester enfermés dans un seul matériel. On commence par Apple, après la keynote du 9 septembre. L’annonce la plus marquante est le premier iPhone pliable de la marque, l’iPhone Duo. Il adopte un format livre avec un écran extérieur et un grand écran intérieur, tout en introduisant deux particularités inhabituelles chez Apple : la compatibilité avec l’Apple Pencil et le retour de Touch ID dans le bouton d’alimentation. Au-delà du produit lui-même, ce qui va être intéressant sera de voir comment Apple adapte réellement son écosystème à ce nouveau format. Passer d’un petit écran extérieur à un grand écran intérieur implique de modifier l’affichage, le multitâche et la manière dont les applications s’organisent. C’est donc moins la charnière qui m’intéresse que la continuité de l’expérience entre les deux formats. Les iPhone 18 Pro et Pro Max évoluent eux aussi avec la nouvelle puce A20 Pro, davantage de fonctions liées à l’intelligence artificielle, à la photo et à l’autonomie. L’Apple Watch Series 12 et l’Ultra 4 poursuivent de leur côté l’intégration de fonctions de santé, d’intelligence audio et de Siri. Apple annonce également plusieurs progrès intéressants en matière d’accessibilité sur ses nouveaux appareils. Je ne vais pas les détailler aujourd’hui : nous y reviendrons jeudi, notamment sur les fonctions liées à l’audition, aux conversations et à VoiceOver. Autre évolution importante, cette fois du côté de Google : Gemini dispose désormais de sa propre application officielle pour Windows 10 et Windows 11. Jusqu’ici, Gemini sur PC restait surtout associé au navigateur. Désormais, l’assistant peut être lancé directement au-dessus de l’application en cours grâce au raccourci Alt + Espace. Cela change davantage de choses qu’il n’y paraît. Un assistant IA qui peut être appelé sans quitter son logiciel commence à devenir une véritable couche de l’environnement Windows plutôt qu’un simple site Web. L’application donne accès aux fonctions habituelles de Gemini, aux services Google connectés et, selon les comptes, à certaines fonctions plus avancées de création d’images ou de vidéos. Google annonce également que d’autres intégrations natives à Windows arriveront progressivement. C’est un sujet que je testerai prochainement sur Numérique Autrement : installation de Gemini sur PC, utilisation au clavier avec JAWS ou NVDA, puis modification ou attribution d’un raccourci clavier si Alt + Espace ne convient pas. Et Samsung évolue lui aussi dans une direction intéressante. Galaxy Connect fonctionne désormais sur davantage de PC Windows qui ne sont pas des Galaxy Book. Avec un appareil Galaxy compatible, certaines fonctions comme Multi Control, Storage Share, Camera Share, Continue on Other Device ou Second Screen peuvent fonctionner sur davantage de PC équipés de composants Bluetooth Realtek ou MediaTek. Autrement dit, posséder un smartphone Galaxy ne vous oblige plus autant qu’avant à acheter aussi un ordinateur Samsung pour profiter des interactions entre les appareils. C’est une évolution importante pour les écosystèmes. Pendant longtemps, les fabricants ont cherché à nous enfermer dans leur propre gamme : téléphone, montre, ordinateur, écouteurs et services de la même marque. Aujourd’hui, les frontières commencent à devenir un peu plus souples. Apple étend son environnement à de nouveaux formats. Google installe Gemini directement dans Windows. Samsung permet à davantage de PC classiques d’accéder à certaines fonctions jusque-là associées aux Galaxy Book. Les écosystèmes ne disparaissent pas, bien sûr. Mais ils commencent à s’ouvrir légèrement au matériel des autres. Et c’est probablement une bonne nouvelle pour les utilisateurs : pouvoir choisir un téléphone Samsung sans devoir acheter un ordinateur Samsung, utiliser Gemini directement dans Windows ou changer de format d’iPhone sans perdre ses applications et ses habitudes. La vraie question sera de savoir jusqu’où les fabricants accepteront réellement cette ouverture. Est-ce le début d’écosystèmes plus compatibles entre eux, ou simplement une nouvelle manière de nous garder dans leurs services même lorsque nous utilisons le matériel d’une autre marque ? Dites-moi quelle évolution vous semble la plus intéressante et laquelle vous aimeriez voir testée sur Numérique Autrement. Le podcast Numérique Autrement est également disponible sur Apple Podcasts, Spotify et Amazon Music en recherchant « Numérique Autrement ». C’était le Mardi des écosystèmes sur Numérique Autrement. À demain pour le Mercredi de l’intelligence artificielle.

  • September 14 · 4 min

    Le lundi de la domotique du 14 septembre 2026 

    La maison connectée évolue : elle ne se contente plus d’exécuter des scénarios, elle devient plus locale, plus contextuelle et de plus en plus capable d’agir de manière autonome. Pour ce Lundi de la domotique du 14 septembre, Numérique Autrement fait le point sur plusieurs tendances qui se dessinent autour de Homey, Home Assistant, Matter, Thread, de l’IA locale, des nouveaux hubs domestiques et de la robotique, avec une question centrale : est-ce que cette maison plus intelligente devient vraiment plus simple à utiliser et à contrôler ? Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Aujourd’hui, pour ce Lundi de la domotique, on s’intéresse à une évolution qui devient de plus en plus visible : la maison connectée ne se contente plus d’obéir à des scénarios. Elle commence à centraliser davantage de fonctions, à traiter certaines données localement et à devenir plus simple à piloter. Premier exemple avec Homey Portal. Ce nouvel écran de contrôle rond combine un écran tactile et une molette physique pour piloter la maison connectée. Il peut réunir Matter, Thread, Zigbee et Z-Wave, afficher certains équipements comme une sonnette vidéo et servir de point de contrôle sans avoir à sortir son téléphone. Pour Numérique Autrement, la vraie question sera surtout celle de l’accessibilité de cette interface physique. Dans le même mouvement, Home Assistant 2026.9 continue de simplifier l’usage de la maison connectée, notamment avec une meilleure visibilité sur les réseaux Matter, de nouvelles informations sur les connexions, des améliorations de certaines intégrations et toujours plus de possibilités autour de la voix. Shelly pousse aussi l’interopérabilité avec ThreadLink. L’idée est de permettre à des appareils Shelly Gen4 compatibles Matter de fonctionner via Thread tout en conservant les possibilités habituelles de l’écosystème Shelly, notamment l’accès local et certaines API. C’est intéressant parce que Matter et Thread deviennent utiles seulement s’ils simplifient vraiment les installations au lieu d’ajouter une nouvelle couche de complexité. Autre tendance forte : le retour du traitement local. UGREEN HomeAgent veut réunir dans un même appareil stockage, maison connectée et intelligence artificielle locale, avec Matter, Thread, Zigbee, Wi-Fi et Bluetooth. Eufy explore lui aussi cette idée avec MindBase. Derrière ces produits, on voit apparaître une nouvelle catégorie de serveurs domestiques capables de conserver davantage de données à la maison et de piloter plusieurs services sans dépendre systématiquement du cloud. Cette évolution pose une question importante : voulons-nous une maison qui envoie toujours plus d’informations vers des serveurs distants, ou une maison capable de comprendre davantage de choses chez nous, localement ? LG travaille de son côté sur ThinQ Claw, un agent conversationnel destiné à piloter les appareils et services de la maison avec des demandes plus naturelles. Aqara poursuit également cette logique avec de nouveaux éclairages, ses outils Builder et une approche plus contextuelle de l’automatisation. Samsung fait évoluer certains appareils électroménagers avec Tizen OS 10. L’objectif est d’apporter une interface plus récente, davantage de fonctions d’intelligence artificielle et, sur certains modèles, un mode simplifié qui réduit la quantité d’informations affichées. Là encore, une fonction pensée pour simplifier l’interface peut devenir intéressante bien au-delà du simple confort. La robotique domestique continue elle aussi d’évoluer. Roborock complète sa gamme avec les Saros 20 Flow Complete et Saros 20 Neo, tandis que les fabricants cherchent toujours à mieux gérer les obstacles, les zones difficiles d’accès et l’entretien automatique. Philips Hue poursuit de son côté l’élargissement de son éclairage connecté, et Dreame expérimente même de nouveaux objets connectés comme un aquarium intelligent. Enfin, ZTE a présenté un AI Smart Display qui combine écran 4K, commande de la maison et assistant vocal capable d’agir de manière proactive. Il intègre aussi des fonctions de surveillance et d’alerte, comme la détection de chute. Ce type d’appareil montre que l’écran domestique pourrait devenir autre chose qu’un simple tableau de bord : un point central capable de comprendre une situation et de déclencher certaines actions. Tous ces produits sont différents, mais ils racontent finalement la même histoire. La prochaine étape de la domotique ne sera probablement pas d’ajouter encore plus d’objets connectés. Elle sera plutôt de mieux relier ceux qui existent déjà, de rendre leur pilotage plus naturel, de traiter davantage de choses localement et de réduire le nombre d’applications nécessaires. C’est aussi là que l’accessibilité devient essentielle. Une maison réellement intelligente ne devrait pas seulement être capable d’automatiser davantage de tâches. Elle devrait aussi être plus facile à comprendre, à contrôler et à reprendre en main lorsqu’une automatisation ne fait pas ce qui était prévu. Et c’est peut-être la vraie question à suivre : est-ce que la maison connectée devient enfin plus simple, ou est-ce qu’elle devient simplement plus autonome sans toujours nous donner davantage de contrôle ? Dites-moi quelles évolutions vous semblent les plus utiles dans votre quotidien et celles que vous aimeriez voir testées sur Numérique Autrement. Le podcast Numérique Autrement est également disponible sur Apple Podcasts, Spotify et Amazon Music en recherchant « Numérique Autrement ». C’était le Lundi de la domotique sur Numérique Autrement. À demain pour le Mardi des écosystèmes.

  • September 11 · 4 min

    Vendredi tutoriel du 11 septembre 2026

    Et si l’intelligence artificielle devenait aussi simple à utiliser qu’une conversation WhatsApp ? Pour ce Vendredi Tuto, Numérique Autrement s’intéresse à Meta AI, directement intégré dans WhatsApp. Dans cet épisode, je vous montre où le trouver sur iPhone, Android et ordinateur, comment démarrer une conversation et quelles fonctions peuvent réellement être utiles au quotidien. Contenu audio  Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Aujourd’hui, c’est Vendredi Tuto. Ce nouvel épisode est consacré à l’utilisation de Meta AI directement dans WhatsApp, sur iPhone, Android et ordinateur. Meta AI est l’assistant d’intelligence artificielle de Meta. Dans WhatsApp, son fonctionnement est volontairement simple : il s’utilise comme une conversation classique. Sur iPhone, dans l’onglet Discussions, plusieurs accès sont possibles. En haut de la liste, une barre propose « Demander à Meta AI… ». Un autre accès se trouve tout en bas de l’écran, juste après le message indiquant que les messages personnels sont chiffrés de bout en bout et juste avant la barre des onglets. Pour les personnes qui utilisent VoiceOver, un moyen simple consiste à partir de la barre des onglets puis à remonter dans l’écran jusqu’au bouton Meta AI. Une fois ouvert, Meta AI se présente comme une discussion WhatsApp. Après une première utilisation, il apparaît également dans la liste des conversations et on peut y revenir comme avec n’importe quel autre contact. L’utilisation est ensuite très directe : il suffit de se placer dans le champ de saisie, d’écrire sa demande puis d’envoyer le message. Par exemple : « Rédige un message poli pour dire que j’aurai dix minutes de retard. » Ou : « Donne-moi trois idées de repas simples pour ce soir. » Meta AI répond directement dans la conversation. Il est ensuite possible de poursuivre l’échange et de préciser la demande. Par exemple : « Fais-le plus court. » Ou : « Donne-moi une version plus chaleureuse. » Meta AI peut également reformuler un texte, traduire, proposer des idées, expliquer un sujet ou générer certains contenus. Il peut aussi être utilisé dans certaines discussions ou certains groupes en écrivant @Meta AI puis la demande. Par exemple : « @Meta AI propose trois idées de sortie pour samedi. » La réponse apparaît alors directement dans la conversation. Sur Android, le principe reste le même : Meta AI est intégré à WhatsApp et peut être ouvert depuis l’espace Discussions. L’emplacement exact peut varier légèrement selon la version de l’application et le compte. Sur ordinateur, Meta AI peut également être utilisé dans WhatsApp Web ainsi que dans les applications WhatsApp pour Windows et Mac. Meta AI peut aller plus loin qu’une simple réponse à une question. Vous pouvez par exemple lui demander de résumer un texte, comparer plusieurs options, préparer une liste, reformuler un message selon un ton précis, traduire un contenu ou organiser une idée. Selon les fonctions disponibles sur votre compte, Meta AI peut également générer des images, analyser certains contenus partagés dans la conversation ou utiliser des informations récentes pour répondre à certaines demandes. Dans un groupe, il peut aussi servir d’assistant commun pour proposer des idées, résumer une discussion ou aider à préparer quelque chose à plusieurs, à condition de l’appeler avec @Meta AI. L’intérêt est donc de pouvoir utiliser l’intelligence artificielle sans quitter WhatsApp et sans avoir à apprendre le fonctionnement d’une nouvelle application. Il faut toutefois conserver une précaution importante : même si Meta AI ressemble à un contact WhatsApp, il ne faut pas lui transmettre inutilement des informations sensibles, confidentielles ou personnelles. Si Meta AI n’apparaît pas encore dans votre WhatsApp, commencez par vérifier que l’application est bien à jour. La disponibilité et certains éléments d’interface peuvent encore varier selon les comptes et les appareils. Ce qu’il faut retenir, c’est que Meta AI s’intègre directement à un outil déjà familier et reprend un fonctionnement très simple : ouvrir une discussion, écrire une demande, lire la réponse et poursuivre la conversation. Si vous l’utilisez déjà, dites-moi comment vous l’utilisez. Le podcast Numérique Autrement est également disponible sur Apple Podcasts, Spotify et Amazon Music en recherchant « Numérique Autrement ». C’était le Vendredi Tuto sur Numérique Autrement.

  • September 10 · 4 min

    Les jeudis de l’accessibilité du 10 septembre 2026 

    Pour ce Jeudi de l’accessibilité, Numérique Autrement revient sur plusieurs nouveautés concrètes : lunettes connectées, lecture Kindle avec ElevenReader, nouvelles synthèses vocales sur iPhone, NVDA 2026.2, outils braille sur Mac, applications accessibles et progrès autour des aides auditives, de l’électroménager et des démarches administratives. Un épisode pour voir ce qui améliore réellement l’autonomie au quotidien. Contenu audio  Transcription du contenu audio Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Cette semaine, l’accessibilité évolue sur plusieurs fronts, avec beaucoup de nouveautés utiles aux personnes aveugles et malvoyantes. On commence par les lunettes Meta. Avec Be My Eyes, la description visuelle, la lecture de texte et l’assistance mains libres, elles deviennent de vrais outils d’autonomie. Mais cette caméra portée en permanence pose aussi une question de vie privée. Meta renforce justement les protections lorsque le voyant d’enregistrement est masqué : une évolution importante pour concilier assistance et respect des personnes autour. Even Realities ouvre aussi ses lunettes G2 aux applications tierces grâce à Even Hub. Les développeurs peuvent désormais créer et proposer leurs propres applications. Il faudra surtout surveiller si cette ouverture fait émerger de nouveaux usages d’accessibilité. La lecture et les synthèses vocales bougent elles aussi. ElevenReader permet déjà de faire lire avec des voix d’IA naturelles des livres Kindle auxquels on a accès. La fonction est proposée en priorité sur iOS. Pour une écoute longue, l’intérêt est évident : disposer d’une voix plus agréable qu’une synthèse pensée avant tout pour naviguer rapidement. Runa TTS, de son côté, est actuellement disponible en bêta publique sur iPhone. Cette application d’AccessMind ajoute à VoiceOver des voix neuronales ReadSpeaker, notamment en français. Elles peuvent être utilisées comme voix de synthèse dans VoiceOver. La solution est encore en test et certains problèmes de prononciation restent à corriger, mais elle offre déjà une nouvelle alternative aux voix Apple. Sur Windows, NVDA 2026.2 est désormais disponible en version stable, avec plusieurs améliorations concernant notamment la navigation tactile, le braille et certaines commandes. Sur Mac, BrailliantConnect apporte une autre nouveauté intéressante. Cet outil gratuit et open source permet de faire apparaître dans le Finder la mémoire d’une plage braille Brailliant, ainsi qu’une clé USB branchée dessus, pour transférer des fichiers plus simplement, sans macFUSE ni extension noyau. Deux applications iOS retiennent également l’attention. Zerogram est un client Telegram pensé pour VoiceOver, avec des boutons correctement étiquetés, des messages structurés et des actions adaptées au rotor. feeeed propose de son côté un lecteur RSS accessible et gratuit, permettant de construire son propre fil d’actualité sans dépendre uniquement des algorithmes des réseaux sociaux. Deuxième évolution importante : l’accessibilité progresse aussi dans des produits et services grand public. Aux États-Unis, Samsung permet désormais à certains Galaxy Buds de fonctionner comme aides auditives pour les adultes présentant une perte auditive légère à modérée. La fonction n’est pas disponible en France pour le moment, mais elle montre à quel point la frontière entre écouteurs grand public et aide technique devient plus fine. Samsung développe également Easy Mode sur certains écrans d’électroménager, avec une présentation simplifiée, des informations essentielles et des éléments plus lisibles. Haier explore de son côté les exosquelettes pour accompagner certaines difficultés physiques et de mobilité. Là encore, l’intérêt est de voir si ces technologies peuvent réellement améliorer l’autonomie dans des situations concrètes. En France, la DGFiP poursuit aussi ses travaux sur l’accessibilité de la déclaration de revenus en ligne et recueille les retours des utilisateurs. C’est une évolution importante à suivre pour l’accès autonome aux démarches administratives. Enfin, certains progrès réalisés ailleurs montrent ce qui pourrait un jour inspirer l’Europe. Air Canada permet désormais aux personnes handicapées de transporter gratuitement jusqu’à trois aides à la mobilité et d’en suivre le chargement et le déchargement. Toutes ces nouveautés racontent finalement la même chose : l’accessibilité ne concerne plus seulement quelques logiciels spécialisés. Elle se retrouve dans des lunettes, des livres numériques, des synthèses vocales, des applications, des plages braille, des écouteurs, l’électroménager, les transports et les services publics. Et c’est probablement là que se joue le vrai changement : quand l’accessibilité est pensée dès le départ dans les outils que tout le monde utilise, elle devient plus simple, plus naturelle et souvent plus efficace. Mais cela ne suffit pas de multiplier les fonctions. Encore faut-il qu’elles soient réellement utilisables, disponibles en France et pensées avec les personnes concernées. Alors parmi toutes ces nouveautés, laquelle vous semble la plus utile ? Et surtout, laquelle aimeriez-vous voir testée concrètement sur Numérique Autrement ? Retrouvez cet épisode dans son intégralité, partagez votre expérience et vos besoins, et continuons à regarder ensemble ce qui améliore réellement l’autonomie au quotidien. Le podcast est également disponible sur Apple Podcasts, Spotify et Amazon Music en recherchant « Numérique Autrement ». C’était le Jeudi de l’accessibilité sur Numérique Autrement. À demain pour le tutoriel du vendredi.

  • September 9 · 7 min

    Les mercredis de l’intelligence artificielle 

    L’intelligence artificielle ne se contente plus de répondre à nos questions : elle découvre des failles, agit de manière plus autonome, participe à la recherche et nécessite des infrastructures toujours plus importantes. Pour ce Mercredi de l’intelligence artificielle de Numérique Autrement, focus sur plusieurs évolutions majeures : cybersécurité sous Windows, agents autonomes, recherche automatisée, montée en puissance des infrastructures, capacités cyber critiques avec Astra et renforcement de Mistral en Europe. Le podcast est disponible à l’écoute ci-dessous, suivi de sa transcription complète en version texte. Contenu audio  L’intelligence artificielle ne se contente plus de répondre à nos questions : elle découvre des failles, agit de manière plus autonome, participe à la recherche et nécessite des infrastructures toujours plus importantes. Pour ce Mercredi de l’intelligence artificielle de Numérique Autrement, focus sur plusieurs évolutions majeures : cybersécurité sous Windows, agents autonomes, recherche automatisée, montée en puissance des infrastructures, capacités cyber critiques avec Astra et renforcement de Mistral en Europe. Le podcast est disponible à l’écoute ci-dessous, suivi de sa transcription complète en version texte. Transcription du contenu audio  Bienvenue sur Numérique Autrement, le podcast qui voit le numérique différemment. Cette semaine, plusieurs actualités montrent à quel point l’intelligence artificielle change de dimension. Elle ne se contente plus de répondre à nos questions : elle découvre des failles, agit de manière plus autonome, participe à la recherche et nécessite des infrastructures toujours plus importantes. Un bon exemple vient de Windows. Microsoft publie ce mois-ci plus de 650 correctifs de sécurité, un record. Ce chiffre ne signifie pas forcément que Windows est soudainement devenu beaucoup moins sûr. Il montre aussi que l’intelligence artificielle permet désormais de découvrir beaucoup plus rapidement des vulnérabilités qui auraient auparavant demandé davantage de temps et de travail humain. L’IA accélère donc la recherche de failles, mais elle accélère aussi la course pour les corriger. Une intelligence artificielle capable d’examiner rapidement de grandes quantités de code peut aider les chercheurs à repérer des problèmes avant qu’ils soient exploités. Mais les mêmes capacités peuvent également être utilisées par des personnes malveillantes. Pour les utilisateurs de Windows, la conséquence est très concrète : les mises à jour de sécurité deviennent encore plus importantes. Avec JAWS ou NVDA, il reste cependant prudent de vérifier les premiers retours avant d’installer immédiatement une mise à jour particulièrement importante, surtout lorsqu’elle comporte plusieurs centaines de correctifs. Mais la cybersécurité n’est qu’un exemple de cette montée en puissance. Plus les intelligences artificielles deviennent capables, plus on leur confie aussi la possibilité d’agir. Un incident impliquant des agents liés à OpenAI a récemment attiré l’attention après l’utilisation d’un wiki allemand comme espace de communication et plus de 15 000 modifications effectuées sans autorisation. Au-delà du chiffre, la vraie question est simple : lorsqu’un agent peut agir sans demander une validation humaine à chaque étape, comment s’assurer qu’il reste dans le cadre prévu ? Cette affaire rejoint un autre incident récent au cours duquel un agent avait accédé à des systèmes extérieurs à son environnement initial. OpenAI travaille désormais sur des protections renforcées, avec davantage de surveillance, de confinement et des mécanismes permettant d’interrompre un agent lorsqu’il adopte un comportement inattendu. Et c’est là que la situation devient intéressante : au moment même où l’on cherche à mieux contrôler ces agents, on cherche aussi à leur donner davantage d’autonomie. OpenAI affirme avoir atteint ce qu’elle appelle un « stagiaire de recherche automatisé ». L’idée n’est plus seulement d’aider un chercheur à rédiger du code ou à analyser quelques données. Selon l’entreprise, cet agent peut accomplir sous supervision humaine des tâches de recherche bien définies qui prendraient plusieurs jours à un chercheur qualifié. L’objectif annoncé est désormais d’aller vers un véritable chercheur IA automatisé. L’intelligence artificielle commence donc à participer elle-même au processus qui permettra de développer les futures générations d’IA. Cela pourrait accélérer considérablement la recherche, mais cela crée aussi une boucle assez particulière : des systèmes de plus en plus performants contribuent à construire ceux qui leur succéderont. Et pour faire fonctionner des systèmes toujours plus puissants, il faut évidemment toujours plus de puissance de calcul. OpenAI vient ainsi de conclure un accord pluriannuel avec l’entreprise australienne Firmus pour utiliser deux centres de données en Malaisie. Firmus annonce désormais plus de 900 mégawatts de capacité sous contrat, avec notamment les futures puces Nvidia Vera Rubin. Derrière une simple conversation avec ChatGPT se trouve donc une infrastructure mondiale faite de centres de données, de processeurs spécialisés, de systèmes de refroidissement et d’une consommation énergétique considérable. Cette dimension reste presque invisible pour l’utilisateur. Pourtant, plus les modèles progressent, plus leurs besoins matériels et énergétiques deviennent une question centrale. Cette augmentation de puissance nous ramène d’ailleurs directement à la cybersécurité. GPT-6 Astra est le premier modèle qu’OpenAI classe au niveau « Critical » pour ses capacités cyber dans son propre cadre de préparation. Autrement dit, ses capacités atteignent un niveau suffisamment élevé pour nécessiter des protections particulières. Cela peut être extrêmement utile pour la défense informatique : trouver des vulnérabilités, analyser des systèmes complexes ou aider à corriger des failles plus rapidement. Mais les mêmes capacités peuvent évidemment être détournées. On retrouve donc les deux faces de la même évolution : l’IA devient meilleure pour découvrir et corriger les failles, mais elle devient aussi potentiellement plus efficace pour les exploiter. OpenAI dit renforcer l’isolation de certains environnements, la surveillance des agents et les évaluations avant déploiement. Et pendant que cette course à la puissance s’accélère surtout aux États-Unis, une autre question se pose : quelle place peut encore prendre l’Europe ? Mistral AI vient d’annoncer une levée de fonds de 3 milliards d’euros, pour une valorisation autour de 21 milliards d’euros. Parmi les investisseurs figurent Samsung Electronics et le fonds Scaleup Europe soutenu par l’Union européenne. L’enjeu dépasse largement la réussite d’une entreprise française. La vraie question est de savoir si l’Europe peut construire une capacité suffisamment solide pour ne pas dépendre entièrement d’OpenAI, Google, Anthropic ou d’autres acteurs américains. Mistral reste beaucoup plus petit que ces groupes, mais cette levée lui donne davantage de moyens pour développer ses futurs modèles, renforcer ses capacités de calcul et poursuivre ses travaux de recherche. La participation de Samsung sera également intéressante à suivre, même si aucune nouvelle intégration dans les produits Galaxy n’est annoncée aujourd’hui. Au fond, toutes ces actualités racontent la même transformation. L’intelligence artificielle découvre plus rapidement les failles de sécurité, agit de manière plus autonome, participe à la recherche et exige des infrastructures toujours plus importantes. Ses capacités atteignent parfois des niveaux que leurs propres concepteurs qualifient de critiques, tandis que les États et les grandes régions du monde cherchent à ne pas dépendre entièrement des mêmes acteurs. La question n’est donc plus seulement de savoir quel modèle sera le plus performant demain. Elle devient : qui contrôle ces systèmes, qui possède les infrastructures nécessaires pour les faire fonctionner, quelles règles doivent s’appliquer lorsqu’ils dépassent le cadre prévu, et comment s’assurer que les progrès en matière de puissance s’accompagnent réellement de progrès en matière de sécurité ? Pour les utilisateurs, tout cela peut sembler assez éloigné du quotidien. Pourtant, le Patch Tuesday de Windows montre déjà que ces évolutions ont des conséquences très concrètes. Et plus les agents commenceront à rechercher, réserver, écrire du code, manipuler des logiciels ou accomplir des tâches complexes en plusieurs étapes, plus ces questions deviendront importantes. Que peuvent-ils faire sans nous demander ? Comment savoir ce qu’ils ont réellement fait ? Comment les arrêter ? Et qui est responsable lorsqu’ils se trompent ou dépassent leurs limites ? L’IA devient progressivement moins visible dans son fonctionnement, mais beaucoup plus active dans ses conséquences. Et c’est probablement l’un des changements les plus importants à suivre aujourd’hui. C’était le Mercredi de l’intelligence artificielle sur Numérique Autrement. AÀ demain pour le Jeudi de l’accessibilité.

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