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N'Autre Histoire

Lissell

N’Autre Histoire, le podcast qui parle de l’histoire autrement!

Une fois par mois, il aborde un sujet historique du point de vue des Subalternes, c'est-à-dire de celles et ceux invisibilisé·es par l'histoire dominante.


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  • 20 episodes
  • monthly
  • Avg 1 hr
  • French
  • #64
    February 20 · 1 hr

    #64 Maternité et colonialité au Groenland : déshumanisation et génocide des Inuits

    Dans cet épisode, je vais vous parler de maternité dans le cadre de l’histoire coloniale du Danemark. Au premier abord, il peut paraître étrange d’associer le Danemark à la colonialité. Ce pays cultive l’image d’un pays accueillant, bienveillant et solidaire. Second dans le classement des pays les plus heureux du monde, le Danemark se présente comme l’incarnation du « hygge », le bien-être en danois, qui se traduit par la générosité, la bonne gouvernance, l'honnêteté, la santé, la qualité de vie, l'égalité sociale et l'esprit de communauté. C’est le côté face, car côté pile, l’histoire du Danemark montre que la colonialité est bien ancrée dans ce pays aux allures progressistes. Dans la théorie décoloniale d’Abya Yala/ Amérique latine, la colonialité désigne des formes de domination coloniale qui débordent le cadre juridique de la colonisation. En d’autres termes, la colonialité englobe la colonisation et la dépasse. Il peut donc y avoir de la colonialité même après les décolonisations voire, comme dans le cas du Danemark, de la colonialité dans un pays qui se prévaut d’avoir accordé l’autonomie au Groenland en 1953. En théorie l’île est devenue un territoire autonome mais dans les faits, le gouvernement danois applique depuis le début du 20e siècle des politiques coloniales vis-à-vis des peuples autochtones groenlandais. Dans cet épisode, je vous propose de nous intéresser à cette domination au prisme de la maternité. En effet, la politique eugéniste du Danemark a ciblé tout particulièrement les femmes Inuits en âge de procréer. Depuis les années 1960, celles-ci ont subi des stérilisations non consenties ainsi que la séparation forcée de leurs enfants. C’est la raison pour laquelle nous pouvons parler d’une politique coloniale, c’est-à-dire génocidaire, épistémicide et écocide vis-à-vis du peuple Inuit. Réf.: Les ombres du Groenland : enquête sur les stérilisations forcées des femmes inuites • FRANCE 24, doc de Sarah Andersen (2025) The Greenlandic families in Denmark fighting to get their children back - BBC World Service (2025). Mangin Marie-Reine. La politique néo-malthusienne au Danemark. In: Population, 17ᵉ année, n°1, 1962. pp. 75-96. Patrick Zylberman, « Eugénique à la scandinave: le débat des historiens », MEDECINE/SCIENCES 2004 ; 20 : 916-25. The New York Times, “Denmark Forced Contraception on Greenlandic Girls, a Scathing Report Confirms” Groenland : un pays arctique en route vers l’indépendance ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  • #55
    Aug 17, 2025 · 1 hr 10 min

    #55 Le propre et le sale: une histoire décoloniale de l'hygiène et de la santé en France (18e-20e siècles)

    Cet épisode est consacré à l'histoire de l'hygiène dans l'Empire colonial français. L'histoire positiviste, fille des Lumières, présente le Moyen Âge et les temps modernes comme des périodes obscures et sales. S’il est vrai que le bain quotidien est une pratique récente, cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y avait pas d’hygiène avant le milieu du 18e siècle ni que les habitant·es de la France des temps anciens étaient sales. Or, les notions de propreté et de saleté, très occidentales, ont une histoire et elles sont relatives au temps et au lieu où elles sont pensées. Pour l’Europe, l’histoire des sensibilités a montré qu’il un changement sur ces notions s’opère à la fin du 18e siècle. Les travaux d’historiens comme Alain Corbin et Georges Vigarello ont bien montré cette évolution. Bien que pertinents et biens documentés, ils n’évoquent jamais la question du pouvoir dans ces changements qui nous concernent jusqu’à aujourd’hui comme on le voit à travers la profusion de produits pour désinfecter, désodoriser et à parfumer. D’autre part, ces études ne s’intéressent qu’aux évolutions hexagonales et laissent de côté la question coloniale. D’où l’intérêt d’une approche décoloniale de l’hygiène et de la santé qui mette la question du pouvoir au centre de la thématique. C’est pourquoi cet épisode part de la théorisation du pouvoir de Michel Foucault et de la pensée décoloniale d’Abya Yala, pour ensuite aborder pleinement l’histoire l’hygiène et l’hygiénisme comme des techniques de pouvoir, à travers les exemples de la prostitution, de la vaccination et de la maternité. Réf.: Claire Barillé et Sandie Servais, "Les prostituées à l’hôpital : prisonnières ou malades ?" in Impossibles victimes, impossibles coupables, Les femmes devant la justice (xixe-xxe siècles), Sous la direction de Frédéric Chauvaud et Gilles Malandain, 2019, p. 77-91. Alain Corbin, Le miasme et la jonquille. L'odorat et l'imaginaire social, XVIIe-XIXe siècles, Flammarion, 2016. Michel Foucault, La volonté de savoir, Gallimard, 1976. Georges Vigarello, Le propre et le sale. L'hygiène du corps depuis le Moyen Age, Seuil, 1985. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  • #54
    Jul 25, 2025 · 1 hr 8 min

    #54 La colonisation du Cameroun (16e - 20e siècles)

    Dans cet épisode je vous parle de colonisation, de celle du Cameroun dans la continuité de l’épisode précédent consacré à l’histoire du peuple béti de ce pays. Je vous présente tout particulièrement mon concept de "colonial washing" ou "blanchiment colonial". En partant de la notion de "greenwashing" ou "écoblanchiment" qui désigne un procédé mis en place par certaines entreprises pour se donner une bonne image de respect de l'environnement, je postule que les anciennes puissances coloniales font de même aujourd'hui. Elles ne censurent pas de parler de colonisation mais choisissent certains aspects (les décolonisations notamment) en en omettant d'autres comme les génocides, les épistémicides (génocide culturel) et les écocides. Je vous présente ici une histoire décoloniale de la conquête et la colonisation du Cameroun, entre la fin du 15e siècle et le début du 20e. Références: Philippe Laburthe-Tolra, Vers la Lumière? ou le Désir d'Ariel. A propos des Beti du Cameroun. Sociologie de la conversion, Paris, Karthala, 1999. La colonisation allemande au Cameroun Yann Djanga: Charles Atangana Mongo Beti, Le Pauvre Christ de Bomba, Robert Lafont, 1956. Marc Michel, "Les plantations allemandes du mont Cameroun (1885-1914)", Outre-Mers. Revue d'histoire Année 1970 207 pp. 183-213. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  • #50
    Mar 25, 2024 · 1 hr 2 min

    #50 Música de cholos. De la cumbia a la chicha (1980-2000)

    Música de cholos. Cumbia et colonialité au Pérou (1/2) Deuxième partie: De la cumbia a la chicha (1980-2000) Aujourd’hui je vous propose la seconde partie de l’épisode consacré à la cumbia péruvienne. Dans la première partie, nous avons retracé les origines de ce genre musical et son adaptation au contexte péruvien des années 1960-1970. Nous avons vu que la cumbia péruvienne est originaire de la Colombie et qu’elle se déploie dans un contexte de fort racisme vis-à-vis des populations autochtones, andines et amazoniennes. Dans la seconde partie que je vous présente aujourd’hui, nous allons voir comment les migrant·es de la Cordillère des Andes et de l’Amazonie qui arrivent à Lima dans les décennies 1970-1980, transforment non seulement le paysage urbain de la capitale mais aussi sa culture comme dans le cas de la cumbia, appelée désormais chicha, du nom d’une boisson consommée dans tout le Pérou sous différentes formes. Les cholos comme les nomment péjorativement les Liméniens, s’emparent de la cumbia, la mélangent à leurs rythmes musicaux et répondent à leurs préoccupations et leurs aspirations. Mais le mouvement culturel qu’incarne la chicha inquiète et fascine à la fois les dominants qui tentent de se l’approprier et de l’utiliser en leur faveur. Comme dans le cas de samba carioca que nous avons retracé dans le premier volet de cette série consacrée aux rapports entre la musique et la colonialité, l’appropriation culturelle implique le vol de savoirs dépolitisés et utilisés pour le bénéfice économique du groupe dominant. La cumbia subit elle aussi ce même phénomène comme nous le verrons ici. Références: Los Shapis Los Mirlos Juaneco y su Combo Extraits de "La teta asustada" (Claudia Llosa) Chacalón y su nueva crema Agua Bella Grupo 5 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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