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show notes
Il y a des plafonds
que l’on ne voit pas.
Ils ne sont pas en béton.
Ils tiennent
dans une phrase,
comme une main
qui retient.
« Ce n’est pas pour nous. »
Une phrase-brique,
une phrase-verrou,
une phrase qui fait baisser la tête.
Les plafonds se construisent
à hauteur de regard.
On apprend
à ne pas lever les yeux
trop longtemps,
comme on détourne le regard
devant une vitrine
trop chère.
On apprend à mesurer le possible
avec une règle empruntée,
à reconnaître
ce qui est à notre portée.
Comme si certains mondes
étaient faits
pour être regardés de loin.
Alors on apprend
à rêver
à hauteur de plafond.
À demander petit,
à désirer discret,
à plier nos ambitions,
à trouver raisonnables
des limites
qui ne nous appartiennent même pas.
Il ne s’agit pas
de manquer d’audace,
mais de ne jamais savoir
qu’une autre vie
était imaginable.
Comment désirer
un paysage
que l’on n’a jamais vu ?
Comment pousser une porte
dont personne
ne nous a parlé ?
Et puis un jour,
on rencontre quelqu’un,
ou un livre,
ou un voyage.
Quelque chose
qui déplace le plafond
de quelques centimètres.
Et l’on comprend
que certaines prisons
n’avaient pas de barreaux.
Seulement
des héritages
que l’on croyait
être des vérités.
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