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Artwork for Bookmakers : le making-of de la littérature
Bookmakers : le making-of de la littérature · Yesterday · 50 min

Paul B. Preciado : soigner ses transitions (2/3)

Penser la « frontière », en mouvement Globe-trotter polyglotte, Paul B. Preciado débarque à Paris à la fin des années 90 : sa lecture approfondie des philosophes Michel Foucault ou Gilles Deleuze lui a donné « envie de vivre dans la langue française ». Ce « contrebandier entre deux mondes » – qui, à ce moment-là, ne s’appelle pas encore Paul – publie en 2000 son Manifeste contra-sexuel, un essai illustré par ses soins sur l’histoire socioculturelle d’un objet « qui met mal à l’aise » aussi bien son psy que ses amies féministes : le gode. S’en suivra en 2008, après avoir contribué à importer en France la culture drag-king, un récit « auto-pornographique » intitulé Testo junkie (Grasset), vendu en France à vingt mille exemplaires, dans lequel il raconte le début de sa transition via des prises de testostérone ou les débuts de son histoire d’amour avec l’écrivaine Virginie Despentes, qui voit chez lui « une arrogance sexy, une arrogance joyeuse ». De son Espagne natale à son appartement de Ménilmontant en passant par New York, Berlin, Athènes ou Zagreb, Preciado semble aussi fluide dans ses mouvements que dans ses idées « monstres ». Mais comment écrit-il, dans un cabanon corse, un port des Cyclades ou son appartement de Ménilmontant en forme de U comme Uranus ? Cherche-t-il à atteindre une forme de transe, de transcendance, en transit perpétuel d’un pays à l’autre comme d’une langue à l’autre, au fil des heures à transcrire sur un clavier la vie de son corps et des concepts pour combattre les rapports de domination et la binarité de notre société ? Ce deuxième épisode sera-t-il pour vous comme une opération de transfusion de ses idées révolutionnaires ? Ne quittez pas, on vous transfert l’appel ! L’auteur du mois : Paul B. Preciado Né en 1970 à Burgos (Espagne), Paul B. Preciado est philosophe, écrivain, commissaire d’exposition et réalisateur. Depuis la sortie de son Manifeste contre-sexuel (Balland, 2000, réédité Au Diable Vauvert), ce sniper cérébral ne cesse de tirer sur les normes violentes du capitalisme hétéro-patriarcal. Titulaire d’un doctorat à l’université de Princeton (New Jersey), le précis et précieux Preciado troue les préjugés et déride notre époque, notamment au sujet de la transidentité, via une demi-douzaine de livres hybrides (dont Un appartement sur Uranus, chez Grasset en 2019, vendu à 25 000 exemplaires), un fabuleux documentaire (Orlando, ma biographie politique) ou ses articles pour Libération. Il vit et travaille à Paris, au rythme des ronflements de son chien Rilke. Enregistrements juin 2026 Entretien, découpage Richard Gaitet Prise de son Mathilde Guermonprez Montage Mathilde Guermonprez, Esteban Capron Réalisation, mixage Charlie Marcelet Lectures Elios Levy Musiques originales Samuel Hirsch Chant, clavier, pads Cha Illustration Sylvain Cabot Remerciements Andréa Cloutrier

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Penser la « frontière », en mouvement

Globe-trotter polyglotte, Paul B. Preciado débarque à Paris à la fin des années 90 : sa lecture approfondie des philosophes Michel Foucault ou Gilles Deleuze lui a donné « envie de vivre dans la langue française ». Ce « contrebandier entre deux mondes » – qui, à ce moment-là, ne s’appelle pas encore Paul – publie en 2000 son Manifeste contra-sexuel, un essai illustré par ses soins sur l’histoire socioculturelle d’un objet « qui met mal à l’aise » aussi bien son psy que ses amies féministes : le gode. S’en suivra en 2008, après avoir contribué à importer en France la culture drag-king, un récit « auto-pornographique » intitulé Testo junkie (Grasset), vendu en France à vingt mille exemplaires, dans lequel il raconte le début de sa transition via des prises de testostérone ou les débuts de son histoire d’amour avec l’écrivaine Virginie Despentes, qui voit chez lui « une arrogance sexy, une arrogance joyeuse ».
De son Espagne natale à son appartement de Ménilmontant en passant par New York, Berlin, Athènes ou Zagreb, Preciado semble aussi fluide dans ses mouvements que dans ses idées « monstres ».  Mais comment écrit-il, dans un cabanon corse, un port des Cyclades ou son appartement de Ménilmontant en forme de U comme Uranus ? Cherche-t-il à atteindre une forme de transe, de transcendance, en transit perpétuel d’un pays à l’autre comme d’une langue à l’autre, au fil des heures à transcrire sur un clavier la vie de son corps et des concepts pour combattre les rapports de domination et la binarité de notre société ? Ce deuxième épisode sera-t-il pour vous comme une opération de transfusion de ses idées révolutionnaires ? Ne quittez pas, on vous transfert l’appel !

L’auteur du mois : Paul B. Preciado
Né en 1970 à Burgos (Espagne), Paul B. Preciado est philosophe, écrivain, commissaire d’exposition et réalisateur. Depuis la sortie de son Manifeste contre-sexuel (Balland, 2000, réédité Au Diable Vauvert), ce sniper cérébral ne cesse de tirer sur les normes violentes du capitalisme hétéro-patriarcal. Titulaire d’un doctorat à l’université de Princeton (New Jersey), le précis et précieux Preciado troue les préjugés et déride notre époque, notamment au sujet de la transidentité, via une demi-douzaine de livres hybrides (dont Un appartement sur Uranus, chez Grasset en 2019, vendu à 25 000 exemplaires), un fabuleux documentaire (Orlando, ma biographie politique) ou ses articles pour Libération. Il vit et travaille à Paris, au rythme des ronflements de son chien Rilke.

Enregistrements 
juin 2026

Entretien, découpage
Richard Gaitet

Prise de son
Mathilde Guermonprez

Montage
Mathilde Guermonprez, Esteban Capron

Réalisation, mixage
Charlie Marcelet

Lectures
Elios Levy

Musiques originales
Samuel Hirsch

Chant, clavier, pads
Cha

Illustration
Sylvain Cabot

Remerciements
Andréa Cloutrier