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What DAF'ck · Friday · 5 min

💰L'endettement c'est maintenant

Cette semaine, la perspective de nouvelles frappes contre l'Iran au lendemain des midterms maintient les prix du pétrole à des niveaux élevés et éloigne les espoirs de détente sur l'inflation. Après les États-Unis, c'est au tour de la France de voir ses taux longs flirter avec les 5,00%. 🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, le taux à 10 ans s'est légèrement détendu cette semaine, à 5,05%, les investisseurs se réfugiant sur la dette américaine face aux doutes sur l'intelligence artificielle. Avec une inflation à 3,70% en septembre, la Réserve fédérale devrait certes rester immobile le 28 octobre, mais les marchés anticipent à plus de 90% une nouvelle hausse des taux directeurs en décembre. D'autant que Washington et Israël préparent des frappes sur les infrastructures énergétiques iraniennes juste après les midterms, de quoi maintenir l'inflation, et avec elle des coûts d'emprunt élevés. Une mauvaise nouvelle pour la tech, qui emprunte massivement pour financer l'IA, sans garantie de rentabilité. Le marché commence d'ailleurs à douter de sa capacité à rembourser, avec un volume de CDS, qui permettent de se protéger contre un défaut de paiement, multiplié par plus de quatre depuis juillet. Pourtant, la hausse du coût de financement pourrait aggraver ce risque de défaut et entraîner avec elle l'ensemble du marché américain. En attendant, Polymarket, plus grande plateforme mondiale de marchés de prédiction décentralisés, qui négocie actuellement sa régularisation en France, n'accorde que 11% de chances à un éclatement de la bulle de l'IA d'ici la fin de l'année. 🇪🇺 Europe Sur le vieux continent, Christine Lagarde estime que la remontée des taux longs devrait limiter l'effet du choc énergétique sur l'inflation. En effet, la hausse des taux renchérit le coût du crédit, ce qui freine la consommation et l'investissement, et par la même occasion l’inflation. La présidente de la BCE tente ainsi, tant bien que mal, de trouver du positif dans une situation illisible. Les acteurs de marché s'attendent à ce que la BCE relève à nouveau ses taux en décembre, pour respecter son mandat de stabilité des prix, quitte à pousser l'économie européenne vers la récession. La France en est l’illustration, avec une OAT 10 ans qui atteint 5,00%, un sommet inédit depuis 2002. La charge de la dette continue de s'alourdir et l'écart avec le Bund allemand grimpe à près de 160 points de base, du jamais vu depuis la crise des dettes souveraines de 2011-2012. Le pays paie la plus haute prime de risque de la zone euro, sans que l'Assemblée nationale parvienne à s'accorder sur le budget. Moody's envisage une nouvelle révision à la baisse de la note du pays, probablement de Aa3 à A1, précédant la notation de S&P qui interviendra le mois prochain. 🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, la croissance du PIB accélère à 4,50% au troisième trimestre, contre 4,30% au trimestre précédent, mais cette performance masque une économie à deux vitesses. D'un côté, les exportations bondissent de 36% en septembre, tirées par les ventes de semi-conducteurs destinés aux infrastructures d'intelligence artificielle, et la production industrielle accélère à 5,50%. De l'autre, l'investissement immobilier s'effondre de 20% sur les neuf premiers mois de l’année par rapport aux neuf premiers mois de l’année précédente. Pour rappel, la majeure partie du patrimoine des ménages chinois est constitué d'immobilier. Dans ce contexte, la crise du secteur, qui dure depuis 2021, incite les ménages à épargner davantage et à réduire leurs dépenses, au détriment de la consommation intérieure. Cette situation explique en partie pourquoi la Banque populaire de Chine maintient ses taux directeurs à 3,00%, pour le dix-septième mois consécutif. La croissance de l'économie rend une baisse des taux moins nécessaire, tandis que la faiblesse de la demande plaide au contraire pour un assouplissement. Actuellement, les subventions mises en place par Pékin pour soutenir la consommation peinent encore à relancer la demande intérieure. Le gouvernement devra donc renforcer ces mesures ou trouver de nouveaux leviers en complément. 🛢️ Matières premières Du côté des matières premières, le Brent poursuit sa hausse et s'échange autour de 114 $ le baril, porté par les nouvelles tensions au Moyen-Orient. Dans le même temps, le contrat à terme sur le Brent pour décembre 2027 a progressé de plus de 13% depuis début septembre. Ce contrat reflète la valeur que le marché accorde au baril livré dans un an. Sa hausse montre donc que les investisseurs ne croient plus à une détente rapide. En parallèle, le FMI retient désormais une réouverture du détroit d'Ormuz à partir de mars 2027, tandis que Donald Trump n'exclut pas une reprise des frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre. Surtout, même en cas d'accord de paix, la réparation des infrastructures endommagées prendra des mois et la reconstitution des stocks stratégiques du G7 créera une demande future, de quoi maintenir durablement les cours du pétrole à des niveaux élevés.

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Cette semaine, la perspective de nouvelles frappes contre l'Iran au lendemain des midterms maintient les prix du pétrole à des niveaux élevés et éloigne les espoirs de détente sur l'inflation. Après les États-Unis, c'est au tour de la France de voir ses taux longs flirter avec les 5,00%.

 

🇺🇸 États-Unis

Aux États-Unis, le taux à 10 ans s'est légèrement détendu cette semaine, à 5,05%, les investisseurs se réfugiant sur la dette américaine face aux doutes sur l'intelligence artificielle. Avec une inflation à 3,70% en septembre, la Réserve fédérale devrait certes rester immobile le 28 octobre, mais les marchés anticipent à plus de 90% une nouvelle hausse des taux directeurs en décembre. D'autant que Washington et Israël préparent des frappes sur les infrastructures énergétiques iraniennes juste après les midterms, de quoi maintenir l'inflation, et avec elle des coûts d'emprunt élevés. Une mauvaise nouvelle pour la tech, qui emprunte massivement pour financer l'IA, sans garantie de rentabilité. Le marché commence d'ailleurs à douter de sa capacité à rembourser, avec un volume de CDS, qui permettent de se protéger contre un défaut de paiement, multiplié par plus de quatre depuis juillet. Pourtant, la hausse du coût de financement pourrait aggraver ce risque de défaut et entraîner avec elle l'ensemble du marché américain. En attendant, Polymarket, plus grande plateforme mondiale de marchés de prédiction décentralisés, qui négocie actuellement sa régularisation en France, n'accorde que 11% de chances à un éclatement de la bulle de l'IA d'ici la fin de l'année.

 

🇪🇺 Europe

Sur le vieux continent, Christine Lagarde estime que la remontée des taux longs devrait limiter l'effet du choc énergétique sur l'inflation. En effet, la hausse des taux renchérit le coût du crédit, ce qui freine la consommation et l'investissement, et par la même occasion l’inflation. La présidente de la BCE tente ainsi, tant bien que mal, de trouver du positif dans une situation illisible. Les acteurs de marché s'attendent à ce que la BCE relève à nouveau ses taux en décembre, pour respecter son mandat de stabilité des prix, quitte à pousser l'économie européenne vers la récession.

La France en est l’illustration, avec une OAT 10 ans qui atteint 5,00%, un sommet inédit depuis 2002. La charge de la dette continue de s'alourdir et l'écart avec le Bund allemand grimpe à près de 160 points de base, du jamais vu depuis la crise des dettes souveraines de 2011-2012. Le pays paie la plus haute prime de risque de la zone euro, sans que l'Assemblée nationale parvienne à s'accorder sur le budget. Moody's envisage une nouvelle révision à la baisse de la note du pays, probablement de Aa3 à A1, précédant la notation de S&P qui interviendra le mois prochain.

 

 

🇨🇳🇯🇵 Asie 

En Chine, la croissance du PIB accélère à 4,50% au troisième trimestre, contre 4,30% au trimestre précédent, mais cette performance masque une économie à deux vitesses. D'un côté, les exportations bondissent de 36% en septembre, tirées par les ventes de semi-conducteurs destinés aux infrastructures d'intelligence artificielle, et la production industrielle accélère à 5,50%. De l'autre, l'investissement immobilier s'effondre de 20% sur les neuf premiers mois de l’année par rapport aux neuf premiers mois de l’année précédente. Pour rappel, la majeure partie du patrimoine des ménages chinois est constitué d'immobilier. Dans ce contexte, la crise du secteur, qui dure depuis 2021, incite les ménages à épargner davantage et à réduire leurs dépenses, au détriment de la consommation intérieure.

Cette situation explique en partie pourquoi la Banque populaire de Chine maintient ses taux directeurs à 3,00%, pour le dix-septième mois consécutif. La croissance de l'économie rend une baisse des taux moins nécessaire, tandis que la faiblesse de la demande plaide au contraire pour un assouplissement. Actuellement, les subventions mises en place par Pékin pour soutenir la consommation peinent encore à relancer la demande intérieure. Le gouvernement devra donc renforcer ces mesures ou trouver de nouveaux leviers en complément.

 

🛢️ Matières premières

Du côté des matières premières, le Brent poursuit sa hausse et s'échange autour de 114 $ le baril, porté par les nouvelles tensions au Moyen-Orient. Dans le même temps, le contrat à terme sur le Brent pour décembre 2027 a progressé de plus de 13% depuis début septembre. Ce contrat reflète la valeur que le marché accorde au baril livré dans un an. Sa hausse montre donc que les investisseurs ne croient plus à une détente rapide. En parallèle, le FMI retient désormais une réouverture du détroit d'Ormuz à partir de mars 2027, tandis que Donald Trump n'exclut pas une reprise des frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre. Surtout, même en cas d'accord de paix, la réparation des infrastructures endommagées prendra des mois et la reconstitution des stocks stratégiques du G7 créera une demande future, de quoi maintenir durablement les cours du pétrole à des niveaux élevés.

 

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