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What DAF'ck · September 25 · 4 min

👀 L’éléphant dans la pièce

Cette semaine, le baril de pétrole se maintient autour des 100 dollars et les marchés digèrent les hausses de taux directeurs de la semaine dernière. Les taux souverains poursuivent leur progression, ce qui renchérit le coût de la dette pour les États déjà lourdement endettés, comme les États-Unis et la France. 🇺🇸 États-Unis Aux États-Unis, en relevant ses taux directeurs la semaine dernière, la Réserve fédérale a choisi de ne plus ignorer l'éléphant dans la pièce qu'est l'inflation. Kevin Warsh n'avait donc pas vraiment le choix, alors que Donald Trump exigeait des taux plus bas pour séduire les électeurs à quelques semaines des élections de mi-mandat. Le symbole politique est d'autant plus fort que le président de la Fed avait été choisi par la Maison Blanche précisément pour faire baisser les taux directeurs. Et ce n'est probablement qu'un début, puisque le dot plot de l’institution ainsi que l’accélération du taux souverain à 2 ans laissent entrevoir la poursuite du resserrement monétaire, avec une nouvelle hausse des taux de la Fed qui pourrait intervenir d'ici la fin de l'année. Sur le plan géopolitique, Donald Trump a placé Téhéran face à une alternative entre un accord et « l'anéantissement » lors de l'Assemblée générale de l'ONU, avant d'annoncer la reprise du dialogue. Dans la foulée, le président américain a assuré que le prix du pétrole serait bientôt plus bas qu'avant, tout en attribuant la hausse du diesel au conflit entre la Russie et l'Ukraine. Une manière de se dédouaner, comme si la flambée du baril n'avait absolument rien à voir avec la guerre qu'il a lui-même déclenchée cette année. Or, depuis le début du conflit, l'inflation n'a cessé d'accélérer, entraînant dans son sillage les taux souverains américains. L'État, dont la dette dépasse déjà les 40 000 milliards de dollars, risque de payer toujours plus cher pour se refinancer, au risque de déclencher un véritable effet boule de neige. 🇪🇺 Europe En Europe, la mécanique est similaire, puisque l'inflation alimentée par la situation géopolitique a contraint la BCE à relever ses taux directeurs, poussant à leur tour les taux souverains à la hausse. La France y est particulièrement exposée, puisque la flambée du pétrole creuse son déficit commercial tandis que la hausse du coût de l'emprunt, avec une OAT 10 ans qui a brièvement touché les 4,70%, freine l'activité, faisant planer un risque de stagflation. L'exécutif a ainsi abaissé sa prévision de croissance à 0,50% pour 2026, contre 0,70% auparavant. Avec une dette publique attendue à 119% du PIB, le gouvernement prévoit 54 milliards d'euros d'économies dans le budget 2027, en partie absorbées par la hausse des intérêts. Un effort nécessaire pour rassurer les agences de notation, mais qui limite la capacité de la France à emprunter pour soutenir sa croissance. 🇨🇳🇯🇵 Asie En Chine, la banque populaire de Chine a maintenu son taux préférentiel de prêt à un an à 3,00% pour le seizième mois consécutif, conformément aux attentes du marché. Ce statu quo traduit une marge de manœuvre limitée, alors que la crise immobilière continue de peser sur le crédit et la consommation. Sur le plan diplomatique, Xi Jinping effectue sa première visite d'État à Washington depuis 2015, et la trêve commerciale sino-américaine vient d'être prolongée jusqu'au 10 janvier. Les deux pays pourraient également s'entendre sur une baisse ciblée de leurs droits de douane. En revanche, aucune avancée majeure ne devrait voir le jour sur l'intelligence artificielle, chaque camp souhaitant conserver son levier, puisque Washington limite l'accès de la Chine aux puces les plus avancées de Nvidia tandis que Pékin contrôle l'approvisionnement en terres rares, indispensable à la fabrication de ces mêmes puces. 🛢️ Matières premières Côté matières premières, le baril de Brent évolue toujours autour des 100 dollars, l'Assemblée générale de l'ONU n'ayant débouché sur aucune avancée diplomatique au Moyen-Orient. Cette pression persistante sur l'énergie continue de pousser les taux souverains à la hausse de part et d'autre de l'Atlantique, et se répercute directement à la pompe, avec un diesel à des niveaux record. Or, la sortie de conflit tant attendue pourrait encore tarder, Donald Trump n'envisageant pas d'accord avant les élections de mi-mandat de novembre, au risque de maintenir les prix de l'énergie à des niveaux élevés à l'approche de l'hiver.

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Cette semaine, le baril de pétrole se maintient autour des 100 dollars et les marchés digèrent les hausses de taux directeurs de la semaine dernière. Les taux souverains poursuivent leur progression, ce qui renchérit le coût de la dette pour les États déjà lourdement endettés, comme les États-Unis et la France.

 

🇺🇸 États-Unis 

Aux États-Unis, en relevant ses taux directeurs la semaine dernière, la Réserve fédérale a choisi de ne plus ignorer l'éléphant dans la pièce qu'est l'inflation. Kevin Warsh n'avait donc pas vraiment le choix, alors que Donald Trump exigeait des taux plus bas pour séduire les électeurs à quelques semaines des élections de mi-mandat. Le symbole politique est d'autant plus fort que le président de la Fed avait été choisi par la Maison Blanche précisément pour faire baisser les taux directeurs. Et ce n'est probablement qu'un début, puisque le dot plot de l’institution ainsi que l’accélération du taux souverain à 2 ans laissent entrevoir la poursuite du resserrement monétaire, avec une nouvelle hausse des taux de la Fed qui pourrait intervenir d'ici la fin de l'année. 

 

Sur le plan géopolitique, Donald Trump a placé Téhéran face à une alternative entre un accord et « l'anéantissement » lors de l'Assemblée générale de l'ONU, avant d'annoncer la reprise du dialogue. Dans la foulée, le président américain a assuré que le prix du pétrole serait bientôt plus bas qu'avant, tout en attribuant la hausse du diesel au conflit entre la Russie et l'Ukraine. Une manière de se dédouaner, comme si la flambée du baril n'avait absolument rien à voir avec la guerre qu'il a lui-même déclenchée cette année. Or, depuis le début du conflit, l'inflation n'a cessé d'accélérer, entraînant dans son sillage les taux souverains américains. L'État, dont la dette dépasse déjà les 40 000 milliards de dollars, risque de payer toujours plus cher pour se refinancer, au risque de déclencher un véritable effet boule de neige.

 

🇪🇺 Europe

En Europe, la mécanique est similaire, puisque l'inflation alimentée par la situation géopolitique a contraint la BCE à relever ses taux directeurs, poussant à leur tour les taux souverains à la hausse. La France y est particulièrement exposée, puisque la flambée du pétrole creuse son déficit commercial tandis que la hausse du coût de l'emprunt, avec une OAT 10 ans qui a brièvement touché les 4,70%, freine l'activité, faisant planer un risque de stagflation. L'exécutif a ainsi abaissé sa prévision de croissance à 0,50% pour 2026, contre 0,70% auparavant. Avec une dette publique attendue à 119% du PIB, le gouvernement prévoit 54 milliards d'euros d'économies dans le budget 2027, en partie absorbées par la hausse des intérêts. Un effort nécessaire pour rassurer les agences de notation, mais qui limite la capacité de la France à emprunter pour soutenir sa croissance.

 

🇨🇳🇯🇵 Asie

En Chine, la banque populaire de Chine a maintenu son taux préférentiel de prêt à un an à 3,00% pour le seizième mois consécutif, conformément aux attentes du marché. Ce statu quo traduit une marge de manœuvre limitée, alors que la crise immobilière continue de peser sur le crédit et la consommation. Sur le plan diplomatique, Xi Jinping effectue sa première visite d'État à Washington depuis 2015, et la trêve commerciale sino-américaine vient d'être prolongée jusqu'au 10 janvier. Les deux pays pourraient également s'entendre sur une baisse ciblée de leurs droits de douane. En revanche, aucune avancée majeure ne devrait voir le jour sur l'intelligence artificielle, chaque camp souhaitant conserver son levier, puisque Washington limite l'accès de la Chine aux puces les plus avancées de Nvidia tandis que Pékin contrôle l'approvisionnement en terres rares, indispensable à la fabrication de ces mêmes puces.

 

🛢️ Matières premières 

Côté matières premières, le baril de Brent évolue toujours autour des 100 dollars, l'Assemblée générale de l'ONU n'ayant débouché sur aucune avancée diplomatique au Moyen-Orient. Cette pression persistante sur l'énergie continue de pousser les taux souverains à la hausse de part et d'autre de l'Atlantique, et se répercute directement à la pompe, avec un diesel à des niveaux record. Or, la sortie de conflit tant attendue pourrait encore tarder, Donald Trump n'envisageant pas d'accord avant les élections de mi-mandat de novembre, au risque de maintenir les prix de l'énergie à des niveaux élevés à l'approche de l'hiver.

 

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