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Cette semaine, à l’approche des midterms, le détroit d'Ormuz s'embrase à nouveau et entretient la flambée des prix de l'énergie. Le FMI alerte sur ce risque majeur pour l'économie mondiale, tandis que l'inflation pourrait contraindre la Fed comme la BCE à prolonger leur politique restrictive à court terme.
🇺🇸 États-Unis
Aux États-Unis, le FMI estime dans sa dernière analyse que l'économie américaine résiste bien, avec une prévision de croissance maintenue à 2,30%, inchangée par rapport à juillet mais nettement inférieure aux 3,30% anticipés en janvier. Si l'intelligence artificielle continue de soutenir les marchés, l'institution se montre toutefois prudente face à l'endettement croissant du secteur. Si les gains de productivité attendus ne se concrétisent pas, les actions américaines pourraient chuter et la croissance mondiale se retrouver 1,10% en dessous des prévisions d'ici 2028. Le FMI identifie le maintien de prix élevés de l'énergie, dans un contexte de guerre entre l'Iran et les États-Unis, comme un risque majeur, alors que l'inflation américaine accélère à 3,70% sur un an en septembre, après 3,40% en août. Dans ce contexte, la Réserve fédérale pourrait être contrainte de prolonger sa politique monétaire restrictive à court terme. Par ailleurs, le Fonds monétaire table sur une réouverture du détroit d'Ormuz en mars prochain, qui permettrait un retour progressif du trafic, une baisse de l'inflation et donc un peu de répit pour les banques centrales.
🇪🇺 Europe
En France, l'agence Moody's doit réviser la note souveraine le 23 octobre, faisant planer le risque d'une nouvelle dégradation. Le déficit public est désormais attendu à 5,40% du PIB en 2026, en hausse après 5,10% en 2025. Dans ce contexte, le gouvernement espère ramener le déficit à 5,00% en 2027 grâce à 54 milliards d'euros d'efforts. Toutefois, les marchés affichent déjà leur défiance envers la France, et le CAC 40 accuse d'ailleurs une nette sous-performance par rapport au reste de la zone euro. Une nouvelle dégradation de la note risquerait donc d'élargir le spread de rendement à 10 ans entre la France et l'Allemagne, en faisant grimper le rendement de l'OAT. Le coût de financement de l'État augmenterait à nouveau, alors que la charge des intérêts de la dette a déjà bondi de 139% entre 2020 et 2026.
Parallèlement, l'inflation accélère en septembre, puisque l'indice des prix à la consommation progresse en rythme annuel de 3,10% en France, après 2,40% en août, et de 3,30% en Allemagne, après 2,90%. Dans cette situation, la BCE pourrait être confortée dans l'idée de relever ses taux directeurs pour respecter son mandat de stabilité des prix. Néanmoins, un tel resserrement monétaire mettrait davantage de pression sur les taux longs, au risque de fragiliser encore plus l'économie française et européenne.
🇨🇳🇯🇵 Asie
En Chine, les prix à la production accélèrent fortement en septembre, à 5,00% sur un an, contre 3,80% précédemment, leur plus forte hausse depuis juin 2022. Cette accélération s'explique principalement par la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières, liée aux perturbations de l'approvisionnement provoquées par le conflit au Moyen-Orient. Dans un contexte de demande intérieure encore fragile, les entreprises se retrouvent face à un dilemme. Elles peuvent absorber une partie de ces coûts au détriment de leurs marges, ou bien les répercuter sur leurs clients au risque d'alimenter l'inflation.
🛢️ Matières premières
À trois semaines des midterms, la tension s'intensifie dans le détroit d'Ormuz, où vingt attaques de navires ont été recensées depuis le 1er octobre et deux navires se sont fait couler cette semaine. Selon des responsables iraniens, Téhéran chercherait à maintenir des prix du pétrole élevés afin de peser sur les élections de mi-mandat. Reste à voir si cela rivalisera avec les 5 000 dollars promis par le président à chaque citoyen américain en cas de victoire. Dans ce contexte, l'AIE anticipe un marché pétrolier déficitaire jusqu'à la fin de l'année et juge la reprise fragile face aux nouvelles attaques dans le Golfe. Washington se retrouve donc pris en étau, puisqu'une escalade risquerait de relancer la flambée des prix, tandis que l'inaction laisse le détroit paralysé.
Du côté des carburants, la Maison-Blanche a conclu le 9 octobre un accord avec le Kremlin autorisant l'importation de diesel russe jusqu'en avril 2027, une entorse inédite aux sanctions qui a provoqué la colère de Kiev. Moscou doit d'abord mettre 300 000 tonnes sur les marchés américain et mondial, puis 500 000 tonnes en novembre. De quoi faire baisser les prix du gazole, qui ont atteint un record fin septembre aux États-Unis, et soulager les tensions énergétiques à l'approche de l'hiver. Reste que les raffineries russes, ciblées par les frappes ukrainiennes, ne tournent qu'à 60% de leurs capacités, l'effet risque donc d'être limité.






