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Cette semaine, la BCE a de nouveau relevé ses taux pour contenir une inflation presque entièrement alimentée par la guerre en Iran. Un pari risqué pour une économie européenne fragile, alors que les taux longs atteignent des niveaux historiques.
🇺🇸 États-Unis
Aux États-Unis, l'économie américaine a créé 162 000 emplois en août, un chiffre bien supérieur aux 55 000 anticipés, avec un taux de chômage stable à 4,10%. Pour la Fed, qui poursuit un double mandat de plein emploi et de lutte contre l'inflation, ces données pourraient lui permettre de concentrer sa politique monétaire sur l'inflation, alors qu'elle s'apprête à décider de ses taux la semaine prochaine. Ces éléments ont entraîné l'ensemble du marché obligataire, avec un rendement à 30 ans qui frôle désormais les 5,36%. La dette publique américaine, qui dépasse les 40 000 milliards de dollars, pourrait quant à elle atteindre 50 000 milliards avant la fin de la décennie à mesure que les taux progressent.
🇪🇺 Europe
En Europe, la Banque centrale a relevé ses taux directeurs pour la deuxième fois cette année, portant son taux de dépôt à 2,50%. Cette décision intervient alors que l'inflation en zone euro a atteint 3,30% en août, son plus haut niveau depuis trois ans. Toutefois, en observant le détail, on constate que l'énergie représente 1,35 point de ce total, si bien qu'en excluant cette composante, l'inflation ressort à 2,10%, un niveau proche de la cible de la BCE. Autrement dit, tout le surplus provient de la guerre en Iran. Pour rappel, le calcul de l'inflation compare les prix à ceux de la même période l'an dernier, ce qui signifie que si le baril se stabilise autour de 100 dollars, la contribution énergétique s'effacera d'elle-même dans douze mois. Par ailleurs, la politique monétaire met en moyenne douze mois à se transmettre, si bien que la BCE resserre aujourd'hui contre un choc qui aura disparu lorsque son action commencera à produire ses effets. L'institution s’est donc retrouvée dos au mur, contrainte de suivre son mandat de lutte contre l’inflation au risque de freiner une économie européenne déjà fragile. Dans ce contexte, cette décision a fait grimper les taux à nouveau, avec un OAT 10 ans qui frôle les 4,42%, un niveau jamais vu depuis 2008.
🇨🇳🇯🇵 Asie
En Asie, les prix à la production chinois ont progressé de 3,80% sur un an en août. La guerre en Iran et les perturbations dans le détroit d'Ormuz ont fortement fait grimper le coût des matières premières, qu'il s'agisse des métaux, des combustibles ou encore de l'énergie. Ce choc énergétique masque la déflation que connaissait le pays, alimentée par la crise immobilière et la faiblesse de la demande intérieure. Une faiblesse que confirment les prix à la consommation, en hausse de seulement 0,80% sur un an en août. Cette sortie de déflation est donc davantage subie que choisie, et il faudra voir si elle se poursuit une fois les tensions géopolitiques retombées.
🛢️ Matières premières
Côté matières premières, le Brent est repassé au-dessus des 100 dollars le baril, porté par l'escalade des tensions au Moyen-Orient et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Face à cette situation, l'OPEP+ a décidé de maintenir ses niveaux de production, après plusieurs hausses successives depuis le début de l'année. Cette décision intervient alors que les flux de pétrole dans la région sont fortement perturbés, faisant toujours peser un risque sur l'approvisionnement mondial.
Parallèlement, le prix du gaz naturel a atteint près de 80 euros par mégawattheure, son plus haut niveau depuis début 2023, comme en témoigne le TTF néerlandais, référence pour le marché européen. Depuis juillet, le cours a quasiment doublé, porté également par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Ukraine, ainsi que par le faible niveau des stocks européens. À l'approche de l'hiver, la reprise de la demande liée au chauffage pourrait maintenir les prix du gaz à des niveaux élevés à moyen terme.






