SéQCure - Quantique - Les opportunités d'un risque, les risques d'une opportunité - Parce que... c'est l'épisode 0x343!
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show notes
Parce que… c’est l’épisode 0x343!
Shameless plug
- 19 septembre 2026 - Montréal Canada - Bsides Montréal 2026
- 22 septembre 2026 - Belgique - BE-Cyber
- 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - BruCON
- 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - AligatorCon
- 13 et 14 novembre 2026 - Worldwide - DEATHCon
- 16 au 19 novembre - Rennes, France - European Cyber Week 2026
- 1 au 3 décembre 2026 - Ottawa, Canada - Forum inCYBER Canada
- 25 et 26 février 2027 - Québec, Canada - SéQCure 2027
- 9 au 11 mars 2027 - Lilles, France - Forum INCYBER - Europe 2027
- I.A. Café - Enquête au cœur de la recherche sur l’intelligence artificielle
Description
Cette description a été faite à l’aide de GLM 5.3 Flash, à partir de la transcription qui a été effectuée par ElevenLabs Scribev2. Aucune vérification humaine n’a été faite. Si vous découvrez des erreurs ou des inexactitudes, vous pouvez m’en faire part afin que je procède aux modifications appropriées.
Une plateforme d’innovation dédiée au quantique
Didier Cotton, directeur sécurité et gouvernance chez PINQ2, ouvre l’épisode en présentant son organisation. PINQ2, acronyme de Plateforme d’innovation numérique et quantique, est un organisme à but non lucratif financé notamment par le MEIE et l’Université de Sherbrooke, tout en demeurant indépendant de ces organismes. Sa mission consiste à aider les entreprises québécoises et canadiennes à innover, particulièrement en calcul quantique. L’organisation exploite trois plateformes, soit du calcul classique hébergé à Sherbrooke, gage de souveraineté numérique, un ordinateur quantique IBM construit à Bromont et réservé à ses usagers, ainsi qu’une plateforme logicielle en développement pour tester des algorithmes classiques, quantiques ou hybrides.
Un domaine porté par la recherche académique
Didier compare l’état actuel du quantique aux années 60 et 70 de l’informatique classique. Le matériel demeure coûteux, les développeurs manquent et la partie logicielle reste portée par la recherche universitaire. Les entreprises émergentes du secteur, comme Nord Quantique issue de l’Université de Sherbrooke ou Pasqal en France, découlent de travaux de chercheurs. Il existe cinq topologies d’ordinateurs quantiques, chacune avec ses forces, et la communauté cherche encore à déterminer laquelle excelle pour quels problèmes, certaines machines devant être maintenues près du zéro absolu.
La menace cryptographique se rapproche
La cryptographie post-quantique occupait l’essentiel de la conférence présentée au Secure. L’algorithme de Shor, développé dans les années 90, permettrait avec environ un million de qubits de compromettre le chiffrement actuel. Un nouvel algorithme, désigné JVG dans l’épisode, change toutefois la donne. En déléguant l’essentiel des calculs à un supercalculateur classique et en réservant le quantique aux opérations les plus exigeantes, il ne nécessiterait plus que 5 000 qubits. Comme les machines IBM récentes affichent 156 qubits et visent le millier dans leur feuille de route, la menace paraît soudainement moins lointaine.
Des opportunités d’affaires à ne pas ignorer
Le quantique n’est pas qu’un risque, il ouvre des perspectives économiques majeures. En finance, une optimisation de portefeuille rapportant quelques points de pourcentage par an vaudrait des centaines de millions. En logistique, le problème du voyageur de commerce devient résoluble plus rapidement et à meilleur coût. La modélisation moléculaire promet des avancées en chimie des batteries, en conception de médicaments et en médecine personnalisée, où un traitement pourrait être adapté au profil précis du patient. Didier tempère toutefois l’enthousiasme. L’ordinateur quantique ne fera pas tout et nul interrupteur quantique n’arrivera dans nos poches, le matériel classique étant déjà ultra optimisé. Le QPU ne fonctionne jamais seul, puisqu’un ordinateur classique prépare les calculs puis récupère les résultats.
Savoir découper les problèmes intelligemment
Pour saisir une opportunité crédible, PINQ2 aide les entreprises à identifier les portions de leurs traitements qui pourraient être bien exécutées en quantique, car tout ne s’y prête pas. Faire tourner un jeu comme Doom serait utopique, faute d’entrées et sorties interactives, mais des sous-problèmes comme la détection de collisions pourraient convenir. La détection de fraude et l’analyse de patrons dans un SIEM figurent parmi les cas émergents, de même que le quantum machine learning. La démarche consiste à vérifier si un algorithme existe déjà, sinon à entrer en recherche et développement. Les ressources ne manquent pas, avec les cours IBM et surtout Qiskit, dont les librairies Python s’appellent depuis du code classique.
Désapprendre la logique classique
Le plus grand défi des développeurs consiste à désapprendre leur façon de penser. Un qubit peut être 0 et 1 en même temps, avec une orientation, et les qubits peuvent être superposés et intriqués. Les portes quantiques ne se comportent pas comme les opérations logiques binaires, et Didier avoue avoir revu plusieurs fois les vidéos d’introduction avant d’y voir clair. Cette abstraction s’apprend pourtant bien, comme le prouvent ses collègues devenus développeurs quantiques, l’un sans expérience préalable, l’autre après une maîtrise en TI. IBM propose un cursus complet et une certification Qiskit développeur comparable aux certifications Microsoft. Rares sont ceux qui revendiquent cinq ou dix ans d’expérience, tout le monde est débutant.
Utilité quantique et défi du bruit
Aucun cas d’usage ne présente aujourd’hui d’avantage quantique marqué en production pure. On parle plutôt d’utilité quantique, le moment où les algorithmes deviennent assez matures pour servir en production sans écraser le classique. Les entreprises doivent évaluer ce qui est faisable aujourd’hui, quitte à repasser plus tard, un besoin de 5 000 qubits reportant le projet de plusieurs années, tandis qu’un besoin de 200 qubits exige surtout de former des développeurs. Il faut aussi composer avec le bruit des qubits physiques, qui rend les erreurs fréquentes et oblige à répéter les calculs après chaque lecture. Sur un ordinateur classique, la probabilité d’erreur d’une opération avoisine une chance sur dix puissance 28. La communauté travaille désormais à produire des qubits logiques résistants aux erreurs et en plus grand nombre, un cheminement rappelant les débuts du CPU classique et ses erreurs dues aux radiations solaires.
Un appel à la vigilance pour la sécurité
Didier termine avec un message pour les professionnels de la sécurité de l’information. Il faut monter dès maintenant le cas d’usage de la cryptographie post-quantique, en anticipant la difficulté de justifier cette dépense face à des collègues promettant des gains colossaux grâce au quantique. Sinon, la sécurité risque d’être perçue comme un simple centre de coûts. Il faut aussi examiner les technologies existantes, leurs modes d’accès, leur niveau de sécurité et les données sensibles qui y seront déposées, pour ne pas répéter les erreurs du SaaS puis de l’IA générative, où des documents top confidentiels ont été versés sans savoir où ils aboutissaient. Convaincre le légal et les hautes directions évitera de payer une troisième fois le prix des mêmes oublis.
Notes
Contributeurs
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Nicolas-Loïc Fortin
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Didier Cotton
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Crédits
- Montage par Intrasecure inc
- Locaux réels par Bagel Maguire