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La base · Friday · 2 min

Edwy Plenel

Edwy Plenel est l’une des figures les plus connues du journalisme français contemporain. Mais son parcours est aussi fortement marqué par ses engagements politiques et par plusieurs controverses. Né en 1952 à Nantes, il passe une partie de son enfance en Martinique puis en Algérie. Très jeune, il s’engage à l’extrême gauche. Dans les années 1970, il milite à la Ligue communiste révolutionnaire, d’inspiration trotskiste, et écrit notamment dans son journal, Rouge, sous le pseudonyme de « Joseph Krasny ». C’est durant cette période qu’a lieu l’épisode le plus controversé de sa jeunesse. Après l’attentat des Jeux olympiques de Munich de septembre 1972, au cours duquel onze membres de la délégation israélienne sont tués par l’organisation palestinienne Septembre noir, Plenel publie à 20 ans un texte appelant notamment à « défendre inconditionnellement » les militants de cette organisation face à la répression. Ce texte refera surface plusieurs décennies plus tard. Plenel a depuis clairement pris ses distances avec cette position : en 2018, il explique qu’elle correspondait au contexte de l’extrême gauche des années 1970 et affirme la « récuser fermement » aujourd’hui. Sa carrière journalistique prend véritablement son essor au Monde, où il entre en 1980. Il travaille notamment sur les affaires de police et de justice et enquête sur plusieurs dossiers sensibles de la présidence de François Mitterrand, comme l’affaire Greenpeace ou les écoutes de l’Élysée. Il gravit progressivement les échelons jusqu’à devenir directeur de la rédaction. Son passage à la direction du Monde est cependant conflictuel. Son style de management et sa conception très offensive du journalisme sont contestés par une partie de la rédaction. La publication, en 2003, du livre très critique La Face cachée du Monde accentue la crise. Plenel quitte finalement ses fonctions de direction en 2004 puis le quotidien en 2005. En 2008, il cofonde Mediapart, journal d’information en ligne financé principalement par ses abonnements. Le média acquiert une forte notoriété grâce à des enquêtes comme l’affaire Bettencourt, l’affaire Cahuzac ou les investigations concernant le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. Plenel dirige Mediapart jusqu’en 2024. Il reste ensuite contributeur du journal. Enfin, Edwy Plenel ne s’est jamais présenté comme politiquement neutre au sens d’un journaliste sans convictions. Il défend une conception engagée du journalisme, centrée sur la surveillance des pouvoirs, les libertés publiques, l’antiracisme et les droits des minorités. Cette conception lui vaut à la fois une forte influence dans le paysage médiatique français et de nombreuses critiques, notamment de ceux qui lui reprochent de brouiller parfois la frontière entre investigation, militantisme et éditorialisme. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Edwy Plenel est l’une des figures les plus connues du journalisme français contemporain. Mais son parcours est aussi fortement marqué par ses engagements politiques et par plusieurs controverses.


Né en 1952 à Nantes, il passe une partie de son enfance en Martinique puis en Algérie. Très jeune, il s’engage à l’extrême gauche. Dans les années 1970, il milite à la Ligue communiste révolutionnaire, d’inspiration trotskiste, et écrit notamment dans son journal, Rouge, sous le pseudonyme de « Joseph Krasny ».


C’est durant cette période qu’a lieu l’épisode le plus controversé de sa jeunesse. Après l’attentat des Jeux olympiques de Munich de septembre 1972, au cours duquel onze membres de la délégation israélienne sont tués par l’organisation palestinienne Septembre noir, Plenel publie à 20 ans un texte appelant notamment à « défendre inconditionnellement » les militants de cette organisation face à la répression.


Ce texte refera surface plusieurs décennies plus tard. Plenel a depuis clairement pris ses distances avec cette position : en 2018, il explique qu’elle correspondait au contexte de l’extrême gauche des années 1970 et affirme la « récuser fermement » aujourd’hui.


Sa carrière journalistique prend véritablement son essor au Monde, où il entre en 1980. Il travaille notamment sur les affaires de police et de justice et enquête sur plusieurs dossiers sensibles de la présidence de François Mitterrand, comme l’affaire Greenpeace ou les écoutes de l’Élysée. Il gravit progressivement les échelons jusqu’à devenir directeur de la rédaction.


Son passage à la direction du Monde est cependant conflictuel. Son style de management et sa conception très offensive du journalisme sont contestés par une partie de la rédaction. La publication, en 2003, du livre très critique La Face cachée du Monde accentue la crise. Plenel quitte finalement ses fonctions de direction en 2004 puis le quotidien en 2005.


En 2008, il cofonde Mediapart, journal d’information en ligne financé principalement par ses abonnements. Le média acquiert une forte notoriété grâce à des enquêtes comme l’affaire Bettencourt, l’affaire Cahuzac ou les investigations concernant le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy.


Plenel dirige Mediapart jusqu’en 2024. Il reste ensuite contributeur du journal.


Enfin, Edwy Plenel ne s’est jamais présenté comme politiquement neutre au sens d’un journaliste sans convictions. Il défend une conception engagée du journalisme, centrée sur la surveillance des pouvoirs, les libertés publiques, l’antiracisme et les droits des minorités. Cette conception lui vaut à la fois une forte influence dans le paysage médiatique français et de nombreuses critiques, notamment de ceux qui lui reprochent de brouiller parfois la frontière entre investigation, militantisme et éditorialisme.


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