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Contre-Transfert · Wednesday · 23 min

Quand l'anxiété devient une identité...

L’anxiété peut parfois prendre une telle place dans la vie d’un patient qu’elle finit par devenir une partie de son identité. Il ne dit plus seulement « j’ai de l’anxiété », mais « je suis anxieux », « j’ai toujours été comme ça », « c’est ma personnalité ». Et cette différence peut sembler anodine, mais elle peut complètement changer notre manière de travailler en thérapie. Parce que lorsqu’un patient souffre d’anxiété depuis des années, voire depuis son enfance, il peut progressivement ne plus savoir qui il est sans elle. L’anxiété n’est alors plus simplement vécue comme un symptôme dont il aimerait se débarrasser : elle devient un repère, une manière de se définir et parfois même une partie de son histoire. Dans cet épisode, je vous parle de ce mécanisme de fusion identitaire et de ce qui peut se passer lorsque le symptôme finit par se confondre avec l’identité du patient. Plusieurs approches thérapeutiques permettent d’ailleurs de comprendre ce phénomène sous des angles différents. On retrouve notamment la notion de symptôme égo-syntonique, mais aussi la fusion cognitive en thérapie ACT, certains schémas précoces inadaptés en thérapie des schémas ou encore le travail autour du récit identitaire en thérapie narrative. Derrière des modèles théoriques différents, on retrouve finalement une même problématique clinique : lorsqu’un symptôme est intégré à l’identité, on ne peut plus forcément le travailler comme un simple symptôme. Je vous explique également les mécanismes qui peuvent participer à la construction et au maintien de cette identité anxieuse. D’abord, la peur de l’inconnu : lorsqu’un patient vit avec son anxiété depuis très longtemps, il a appris à organiser sa vie autour d’elle. Il connaît ses déclencheurs, ses évitements, ses stratégies de contrôle et ses comportements de protection. Aussi douloureux soit-il, ce fonctionnement lui est familier. Aller mieux peut alors paradoxalement signifier entrer dans une version de lui-même qu’il ne connaît pas encore. Il faut également s’intéresser à l’histoire de l’anxiété : depuis quand le patient se définit-il comme anxieux ? Qui a utilisé cette étiquette pour la première fois ? Comment son entourage a-t-il participé, parfois involontairement, à renforcer cette manière de se percevoir ? Et surtout, je vous explique ce que cette compréhension change concrètement dans notre posture de thérapeute : écouter la manière dont le patient parle de lui-même, travailler ses formulations identitaires, retrouver les moments où il ne se percevait pas comme anxieux et l’aider progressivement à créer une distinction entre ce qu’il est et ce qu’il ressent. Enfin, on fait le lien avec les bénéfices secondaires dont je vous parlais dans l’épisode précédent. Parce que ces deux formes de résistance peuvent se renforcer mutuellement : l’anxiété peut remplir une fonction protectrice tout en faisant partie de l’identité du patient. Travailler uniquement l’un de ces niveaux peut donc parfois expliquer pourquoi certaines thérapies stagnent malgré l’investissement du patient et du thérapeute. Formation au Protocole IDR : https://www.marionthelisson.com/le-protocole-idr-yt/ Inscrivez-vous à ma newsletter du mardi pour du contenu exclusif : https://www.marionthelisson.com/newsletter-marion-thelisson/ Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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L’anxiété peut parfois prendre une telle place dans la vie d’un patient qu’elle finit par devenir une partie de son identité. Il ne dit plus seulement « j’ai de l’anxiété », mais « je suis anxieux », « j’ai toujours été comme ça », « c’est ma personnalité ». Et cette différence peut sembler anodine, mais elle peut complètement changer notre manière de travailler en thérapie.


Parce que lorsqu’un patient souffre d’anxiété depuis des années, voire depuis son enfance, il peut progressivement ne plus savoir qui il est sans elle. L’anxiété n’est alors plus simplement vécue comme un symptôme dont il aimerait se débarrasser : elle devient un repère, une manière de se définir et parfois même une partie de son histoire.


Dans cet épisode, je vous parle de ce mécanisme de fusion identitaire et de ce qui peut se passer lorsque le symptôme finit par se confondre avec l’identité du patient.


Plusieurs approches thérapeutiques permettent d’ailleurs de comprendre ce phénomène sous des angles différents. On retrouve notamment la notion de symptôme égo-syntonique, mais aussi la fusion cognitive en thérapie ACT, certains schémas précoces inadaptés en thérapie des schémas ou encore le travail autour du récit identitaire en thérapie narrative.


Derrière des modèles théoriques différents, on retrouve finalement une même problématique clinique : lorsqu’un symptôme est intégré à l’identité, on ne peut plus forcément le travailler comme un simple symptôme.


Je vous explique également les mécanismes qui peuvent participer à la construction et au maintien de cette identité anxieuse. D’abord, la peur de l’inconnu : lorsqu’un patient vit avec son anxiété depuis très longtemps, il a appris à organiser sa vie autour d’elle. Il connaît ses déclencheurs, ses évitements, ses stratégies de contrôle et ses comportements de protection. Aussi douloureux soit-il, ce fonctionnement lui est familier. Aller mieux peut alors paradoxalement signifier entrer dans une version de lui-même qu’il ne connaît pas encore.


Il faut également s’intéresser à l’histoire de l’anxiété : depuis quand le patient se définit-il comme anxieux ? Qui a utilisé cette étiquette pour la première fois ? Comment son entourage a-t-il participé, parfois involontairement, à renforcer cette manière de se percevoir ?


Et surtout, je vous explique ce que cette compréhension change concrètement dans notre posture de thérapeute : écouter la manière dont le patient parle de lui-même, travailler ses formulations identitaires, retrouver les moments où il ne se percevait pas comme anxieux et l’aider progressivement à créer une distinction entre ce qu’il est et ce qu’il ressent.


Enfin, on fait le lien avec les bénéfices secondaires dont je vous parlais dans l’épisode précédent. Parce que ces deux formes de résistance peuvent se renforcer mutuellement : l’anxiété peut remplir une fonction protectrice tout en faisant partie de l’identité du patient. Travailler uniquement l’un de ces niveaux peut donc parfois expliquer pourquoi certaines thérapies stagnent malgré l’investissement du patient et du thérapeute.


Formation au Protocole IDR : https://www.marionthelisson.com/le-protocole-idr-yt/


Inscrivez-vous à ma newsletter du mardi pour du contenu exclusif : https://www.marionthelisson.com/newsletter-marion-thelisson/


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