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Collège de France - Sélection · June 9 · 1 hr 6 min

Conférence - Petra Sijpesteijn : Des pétitions aux lettres : un système d'appel intégré

Jean-Luc Fournet Collège de France Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine Année 2025-2026 Réparer les torts : justice et redressement en Égypte médiévale Conférence - Petra Sijpesteijn : Des pétitions aux lettres : un système d'appel intégré Petra Sijpesteijn Professeure d'arabe à l'université de Leyde Résumé Les pétitions arabes ont été étudiées comme un genre distinct, combinant des éléments diplomatiques (formules, mise en page, support, écriture) et un cadre moral (« cercle de justice »). Pourtant, les lettres de demande sur papyrus montrent que des requêtes polies, même en dehors des tribunaux, partageaient formats, formules et normes morales avec les pétitions officielles. Alors que les institutions imposaient des formats stricts pour les pétitions, les lettres de demande offraient plus de souplesse aux scribes pour adapter la forme au contexte. N'ayant pas de procédure rigide, ces lettres laissaient une plus grande place à la formulation, bien que des attentes normatives guident aussi leur contenu. Comme les pétitions officielles, ces lettres relèvent d'une « pratique sociale régie par des normes ». Reste à savoir comment les identifier comme corpus, les distinguer des lettres ordinaires, et les étudier aux côtés des pétitions adressées aux autorités. Biographie Petra Sijpesteijn est professeure d'arabe à l'université de Leyde. Elle a étudié l'histoire, la langue arabe et la papyrologie à Leyde, Cambridge, au Caire, à Damas et à Princeton. Ses travaux portent sur l'explication de la manière dont un empire islamique s'est développé à partir des grandes conquêtes arabes, en s'appuyant sur les structures et institutions existantes, et à côté et en réaction à celles-ci. En s'appuyant sur le vaste mais encore peu exploité corpus documentaire constitué de monnaies, de sceaux, d'inscriptions et surtout de papyrus rédigés dans les différentes langues en usage, elle s'intéresse tout particulièrement à l'interaction entre les politiques initiées par le pouvoir et la participation locale dans ce processus de formation. Elle est actuellement responsable scientifique (PI) d'un projet de cinq ans intitulé « Land, Space, Power: Landscapes of the Early Islamic Empire ». Petra est membre correspondante de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, de l'Académie autrichienne des sciences et de la British Academy. Elle est également membre scientifique élue de la Société royale hollandaise des sciences. Elle a occupé des postes de professeure invitée à l'American University in Cairo, à University College London au Qatar, à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris, à l'université de Tunis et à la Bibliotheca Alexandrina.

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Jean-Luc Fournet

Collège de France

Culture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantine

Année 2025-2026

Réparer les torts : justice et redressement en Égypte médiévale

Conférence - Petra Sijpesteijn : Des pétitions aux lettres : un système d'appel intégré

Petra Sijpesteijn

Professeure d'arabe à l'université de Leyde

Résumé

Les pétitions arabes ont été étudiées comme un genre distinct, combinant des éléments diplomatiques (formules, mise en page, support, écriture) et un cadre moral (« cercle de justice »). Pourtant, les lettres de demande sur papyrus montrent que des requêtes polies, même en dehors des tribunaux, partageaient formats, formules et normes morales avec les pétitions officielles. Alors que les institutions imposaient des formats stricts pour les pétitions, les lettres de demande offraient plus de souplesse aux scribes pour adapter la forme au contexte. N'ayant pas de procédure rigide, ces lettres laissaient une plus grande place à la formulation, bien que des attentes normatives guident aussi leur contenu. Comme les pétitions officielles, ces lettres relèvent d'une « pratique sociale régie par des normes ». Reste à savoir comment les identifier comme corpus, les distinguer des lettres ordinaires, et les étudier aux côtés des pétitions adressées aux autorités.

Biographie

Petra Sijpesteijn est professeure d'arabe à l'université de Leyde. Elle a étudié l'histoire, la langue arabe et la papyrologie à Leyde, Cambridge, au Caire, à Damas et à Princeton. Ses travaux portent sur l'explication de la manière dont un empire islamique s'est développé à partir des grandes conquêtes arabes, en s'appuyant sur les structures et institutions existantes, et à côté et en réaction à celles-ci. En s'appuyant sur le vaste mais encore peu exploité corpus documentaire constitué de monnaies, de sceaux, d'inscriptions et surtout de papyrus rédigés dans les différentes langues en usage, elle s'intéresse tout particulièrement à l'interaction entre les politiques initiées par le pouvoir et la participation locale dans ce processus de formation. Elle est actuellement responsable scientifique (PI) d'un projet de cinq ans intitulé « Land, Space, Power: Landscapes of the Early Islamic Empire ».

Petra est membre correspondante de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, de l'Académie autrichienne des sciences et de la British Academy. Elle est également membre scientifique élue de la Société royale hollandaise des sciences. Elle a occupé des postes de professeure invitée à l'American University in Cairo, à University College London au Qatar, à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris, à l'université de Tunis et à la Bibliotheca Alexandrina.